- / LBR.ca / - Je réponds, pour une seconde fois, à une réaction de Claude Béland sur un de mes textes. Vous trouverez, en consultant La Presse du 24 janvier 2006, un article reprenant les paroles du ministre M. Benoît Pelletier comme quoi « la réforme du scrutin sera adoptée pendant le présent mandat du gouvernement Charest et elle entrera en vigueur pour les élections générales suivantes, quelque part vers 2011. »
Pendant le présent mandat, c'est-à-dire d’ici moins d’un an et demie et c’est, à mon avis, bien peu de temps pour faire un revirement majeur de l’avant-projet de loi. Des modifications importantes doivent être apportées si l’on espère vraiment combler les lacunes du système majoritaire uninominal et je ne crois pas que c’est possible d’en arriver à bout à l’intérieur d’un délai si court.
Beaucoup de gens parlent de régler les anormalités du présent mode de scrutin. En adoptant le projet de loi tel que présenté actuellement, je pense que ces distorsions deviendront encore plus grandes. Ainsi, j’utilise l’exemple suivant.
Le tiers de la population vote Libéral et le quart ADQ. Comme aucun des deux partis ne possède assez de députés élus pour former un gouvernement majoritaire, il faut soit un gouvernement minoritaire, soit un gouvernement de coalition. Dans le cas ou le PLQ et l’ADQ décident de former le gouvernement, ils doivent l’un et l’autre abandonner certaines de leurs idées au profit de l’autre parti. Une personne qui voulait se faire représenter par un gouvernement libéral, dans cet exemple, ne sera pas représentée par les libéraux car les libéraux auront abandonné leurs idées pour ne pas perdre le pouvoir.
Ceux qui espèrent voir des campagnes d’idées, des partis qui tiennent leurs promesses seront rapidement désillusionnés. Les partis ne pourront tout simplement pas les tenir et le cynisme envers les politiciens sera, contrairement aux attentes, accentué.
Jean-Frédérick Gagnon, FINS
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Jonquière, Québec
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