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Réaction à l'article: Lentrepreneurship régional - Marc-Urbain Proulx CRDT-UQAC

Des Cadillac aux minounes rouillées... Un texte décousu, mais qui fait du bien!
2006-02-23 14:47 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - Je suis d'accord avec Monsieur Proulx sur ce triste constat. L'entrepreneurship est en chute libre ici. Et, ce n'est pas parce que les jeunes d'aujourd'hui n'ont plus d'idées et de projets. Mais bien parce que nous ne leur fournissons pas le terreau essentiel, où pourraient prendre racine ces projets porteurs d'avenir pour la région. Du pays des cadillac rutilantes des glorieuses années trente, nous sommes maintenant tombés dans l'ère de la minoune rouillée. C'est une image, mais c'est aussi une réalité. La boite à outils que l'on offre aux petits promoteurs est bien piteusement garnie. Pas d'outils égale souvent pas de projet pour un entrepreneur. C'est, à mon sens, l'avenir de la région qu'on laisse en plan, en laissant partir ces idées vers les grands centres, ou pire, en décourageant ceux qui les portent, de les réaliser.


Comme au cinoche... La scène se passe dans la salle de réunion de mon Centre Local de Développement (CLD). Le contexte est une réunion où sont présentés les fonds et ressources offerts par cet organisme. Le héros, vous permettrez que ce soit moi, cette fois, a un projet d'entreprise. Le représentant présente les trois programmes de financement offerts par le CLD. Le STAU, intéressant car il offre un soutien au revenu pour le lancement de l'entreprise. Il y a un Hic... Il ne s'adresse qu'aux chômeurs et aux assistés sociaux. L'humble travailleur précaire qu'est notre héros n'y a pas droit. Nenni. Plus s’il ose quitter son labeur pour se consacrer à son projet... Le Fond jeunesse, ça va, mais il y a beaucoup de contraintes pour 5000$! Le reste de l'aide financière offerte, des prêts, et encore faut-il un projet en béton. Heureusement, le CLD offre un soutien technique au montage du projet, du plan d'affaire. Mais comment s'y mettre sérieusement sans avoir de soutien plus direct? le héros se demande si son projet, pourtant très bon et même nécessaire, est réalisable. Imaginez la chute de ce mauvais scénario dramatique...

Attention... PASSAGE ÉDITORIAL... Est-ce à cause de notre infection à la mentalité Alcan ou WalMart qui nous fait encore croire que notre salut régional sera multinational, ou encore une paresse et un manque de confiance en nous-même? L'entrepreneurship en région est-il un loisir réservé uniquement à ceux et celles qui sont assez riches pour se payer des vacances, le temps de mettre sur pied leur entreprise? Où sont les programmes qui encourageaient les jeunes à s'accomplir, à se réaliser, à rêver concret, à faire leur avenir, en leur faisant confiance? Est-ce la banque qui doit déterminer si un projet porté par des jeunes est bon et porteur d'avenir, même s'il ne génère pas de faramineux profits? Ouf... Je reprends mon souffle!

Et pourtant, comme dans Astérix, de petites bourgades résistent encore. Je me délecte d'avoir la chance de prendre un café équitable chez Cambio ou à la boite à Bleuets, plutôt que chez Second Cup© ou Starbuck©, qui pullulent dans les grandes villes. Ces deux micro-entreprises régionales démontrent bien qu'avec un peu d'imagination, beaucoup de courage et un soupçon de soutien, des idées peuvent fleurir et devenir des projets, des entreprises qui font travailler des gens d'ici. Ces deux exemples d'entreprises alliant coopératisme, développement et économie sociale et solidaire et ouverture au monde ont reçu l'aide de la collectivité dans leurs premiers pas. Particulièrement via le Fond Régional d'Investissements Jeunesses (FRIJ), qui était administré par le RAJ-02 (www.raj-02.qc.ca), et qui leur a permis d'offrir des salaires décents aux promoteurs pour les premières années de l'entreprise, le temps de passer le plus dur (les 2 premières années d'existence) et de se constituer un fond de roulement. Je souhaite longue vie à Cambio, à la B@B et aux autres initiatives ayant profité du FRIJ. Mais ce fond est maintenant épuisé, et rien n'indique qu'il sera renouvelé, malgré les succès obtenus.

Pour ne pas conclure sur une note trop triste, et prenant le texte de Monsieur Proulx comme un nécessaire coup de pied à notre c...l collectif un peu trop bordé de ouate, voici quelques slogans que nous devrions tous entonner en sortant dans la rue. Juste pour croire que demain est possible en cette terre en friche:

OUI AU FRIJ! 100 Millions de dollars pour les jeunes et leurs projets!

OUI AUX PROJET D'ENTREPRENARIAT COLLECTIF et À L'ÉCONOMIE SOLIDAIRE! Allons prendre un bon café au CAMBIO ou à la Boite@Bleuets ou au Café du Presbytère, pour les encourager et pour s'encourager!

OUI À L'ACHAT LOCAL! Parce qu'on est jamais aussi bien servis que par soi!!!

OUI AUX INTELLECTUELS QUI PRENNENT POSITION SUR LA PLACE PUBLIQUE ET QUI VULGARISENT LE SAVOIR! Merci Monsieur Proulx!

OUI, un autre Saguenay-Lac-Saint-Jean est possible!

Éric Dubois
Chicoutimi
À lire bientôt sur
www.avenirenregion02.blogspot.com

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