Réaction à l’article de monsieur Mario Lamontagne - L’affrontement Wal-Mart au Québec, pas un hasard…
Je n'irais jamais jusqu'à dire que les québécois ne forment pas un peuple distinct, car je le crois fondamentalement et depuis toujours. Par contre, je n'irais pas non plus jusqu'à dire que nous sommes un peuple qui se tient…
2005-02-18 08:06 - Commentaire d'opinion
- /LBR / - C'est que j'ai lu l'article de monsieur Mario Lamontagne et je dois dire que je l'ai trouvé très « optimiste ». Si sa description du peuple québécois reflétait la réalité, je serais extrêmement fière et je serais la première à le célébrer. Par contre, ce que je vois chaque jour me force à penser que la réalité est toute autre…
Je crois que le meilleur exemple de ce que j'affirme serait probablement le conflit à la SAQ. La question qu'on doit se poser d'après moi est la suivante: « Est-ce que ce conflit aurait duré aussi longtemps s'il y avait vraiment eu un boycottage de la part des consommateurs québécois? Le fait est, que lorsque les personnes ne sont pas touchées directement, que ce soit au Québec ou ailleurs, c'est parfois très difficile de leur faire comprendre que les petits gestes qu'elles posent chaque jour et qui paraissent inoffensifs sont amplifiés par la fréquence et le nombre de personnes qui posent les mêmes gestes…
Personnellement, je n'ai pas attendu que le Wal-Mart de Jonquière ferme avant de boycotter ce gros géant de la consommation. En fait, ça fait des années que j'essaie de sensibiliser les gens qui m'entourent face à ce monopole grandissant. La réponse que j'ai le plus souvent obtenue et pas seulement de personnes qui ont peu de moyens, c'est : « …mais ça coûte moins cher!!… ». C'est certain que ça coûte moins cher que chez un petit commerçant régional qui achète à petite échelle, mais au bout du compte, c’est Wal-Mart qui aura le dernier mot. Quand le monopole sera absolu, c’est lui qui décidera des prix et il aura alors tout le loisir de les augmenter puisqu’il n’y aura plus aucune concurrence…
Pour revenir au conflit de la SAQ, je dois avouer que je me suis rendue à un des magasins qui étaient ouverts la première semaine de grève. Je ne comprenais alors pas très bien le pourquoi du conflit. Un des grévistes qui étaient à la porte s’est empressé de me dire : « Je te dis qu’on est solidaire au Québec! ». Cette petite phrase m’a beaucoup fait réfléchir et aujourd’hui, j’aimerais bien pouvoir demander à ce gréviste de la SAQ : « Seriez-vous prêt à cesser, dès maintenant d’aller chez Wal-Mart pour appuyer les travailleurs du Saguenay qui ont perdu leur emploi? ». Je ne suis pas certaine que la réponse ne serait pas encore une fois : « …mais ça coûte moins cher!!… ». Oui, d’accord, ça coûte moins cher, mais sommes-nous si nombreux au Québec à ne pas pouvoir payer un peu plus pour encourager des gens de chez nous? Je suis moi-même étudiante et je suis tout de même en mesure d’acheter des produits équitables (café, sucre…) et surtout d’acheter ailleurs que chez Wal-Mart. Est-ce insensé de croire que la grande majorité des québécois devraient pouvoir faire de même?
Je crois que l’expression « Grand parleur, petit faiseur » s’applique parfaitement au peuple québécois actuellement et le gouvernement que nous avons choisi en est le meilleur exemple. Le Protocole de Kyoto est entré en vigueur le 16 février dernier. Ça fait plus de 8 ans que nous savons que le Canada s’y est engagé. Ça fait plus d’un an que nous entendons le gouvernement parler de développement durable. Mais où sont les plans d’action? C’est bien beau de discuter, mais un jour il faut agir!
Quand trouverons-nous le courage pour boycotter les grandes compagnies qui exploitent leurs travailleurs à tous les niveaux pour offrir des bas prix aux consommateurs?
Quand cesserons-nous de consommer des produits fabriqués dans des conditions exécrables dans les pays sous-développés?
Quand trouverons-nous le courage de passer à l’acte plutôt que de dire ou d’écrire de belles théories qui pourraient sauver le monde?
Et, en tant que québécois, ne devrions-nous pas cesser de nous « flatter dans le sens du poil » et nous motiver à montrer l’exemple d’un peuple qui agit plutôt que de nous asseoir sur nos belles théories...?
Un bleuet en exil
Étudiante à la maîtrise en environnement
Université de Sherbrooke