Dans les débats actuels sur le mariage des homosexuels, l'euthanasie ou la polygamie, plusieurs ont encore recours à la Bible ou au Coran pour nous faire croire que la morale est d'origine divine.
2005-02-08 08:03 - Commentaire d'opinion
- / LBR / - Or s'il fallait vraiment suivre la morale de ces livres sacrés, il faudrait encore aujourd'hui mener des guerres saintes, pratiquer l'esclavage, brûler les sorcières, lapider les adultères et les filles qui ont perdu leur virginité; il faudrait tuer les incestueux et ceux qui n'adorent pas les mêmes dieux que nous. On pourrait s'adonner à la polygamie comme Salomon avec ses milles femmes. Il faudrait reprendre la loi du talion. Veux-t-on revenir à cette morale ancestrale, biblique et coranique? Alors pourquoi encore et toujours faire appel à la Bible et au Coran pour justifier nos préjugés.
Yahvé, le dieu des Hébreux, (et non pas le dieu de l'humanité) a donné les dix commandements à Moïse, non pas devant le peuple, mais seul sur le mont Sinaï. Mahomet aussi a reçu la prétendue révélation, bien caché dans le fond d'une grotte, seul avec l'ange d' Allah. Comment expliquer que la Bible et le Coran n'interdisent pas la guerre sainte, l'esclavage ou l'infériorisation de la femme?
Moïse n'a même pas observé les commandements qu'il a reçus. Il va tuer des milliers de personnes. Avec les dix plaies d'Égypte, il a tué des milliers d'Égyptiens; il a tué les 3000 adorateurs du veau d'or (Ex 32, 19-29); il a tué les éclaireurs de Canaan (Nb 14,36); il a tué Coré et les 250 porteurs d'encens (Nb 16, 1-35). Il fait même empaler les chefs qui se sont commis avec Baal de Péor (Nb 25,2-4). C'est un grand récidiviste et un grand criminel de l'humanité et Yahvé ne l'a jamais puni pour ces crimes. Doit-on suivre ce bel exemple?
Dans le Nouveau Testament, Jésus n'affirme pas l'égalité de la femme et de l'homme; il ne condamne pas l'esclavage que les Romains pratiquaient allégrement. Dans ses épîtres, Paul justifie l'esclavage et l'infériorité de la femme. Le Nouveau Testament est tout aussi immoral que l'Ancien.
Dans le Coran, Mahomet affirme la supériorité de l'homme sur la femme au point qu'il recommande de battre les femmes désobéissantes. Il justifie l'esclavage et la guerre sainte. Il ordonne de tuer tous les infidèles. Le Coran est tout aussi immoral que la Bible.
Tout en affirmant que leur révélation vient du même Dieu, les religions se contredisent sur le plan moral. La charria recommande encore de lapider les femmes soi-disant adultères ou d'approuver les meurtres d'honneur ou l'excision des filles alors que ce sont des crimes pour le judaïsme et le christianisme. Pour le christianisme, le divorce est immoral, pas pour les autres religions. Les musulmans pratiquent toujours l'esclavage, malgré les traités internationaux alors que le christiananisme l'interdit.
Les religions changent de morale d'un siècle à l'autre. Au Moyen Age, pendant deux cents ans, le christianisme a trouvé très moral de faire la guerre sainte aux musulmans, aux juifs et aux Albigeois. Pendant trois cents ans, le christianisme a trouvé très moral de pratiquer l'esclavage des Amérindiens et des Noirs. Pendant six cents ans, son Inquisition a trouvé très moral de torturer, de brûler, de pendre les hérétiques et les sorcières.
Les musulmans, pendant plus de mille ans, ont trouvé très moral de pratiquer l'esclavage en Afrique et de se procurer ainsi des eunuques pour leur harem. Pendant près de douze siècles, ils ont trouvé très moral de faire la guerre sainte aux juifs, aux chrétiens et aux hindous.
En ce 21e siècle, il est temps de se débarrasser de la vieille immoralité des livres prétendument sacrés. Ces livres ne font que refléter les préjugés sexistes et le fanatisme des hommes de ces époques, rien de plus. Bien sûr, ils ont prétendu que cette morale venait de Dieu pour mieux l'imposer aux hommes.
Ce ne sont pas les religions qui ont aboli l'esclavage, mais les révolutionnaires athées français. Ce ne sont pas les religions qui ont libéré la femme, mais le mouvement féministe laïc. Ce ne sont pas les religions qui ont rendu aux hommes leurs droits fondamentaux, mais encore une fois les révolutionnaires français et par la suite la Charte des Nations Unies.
La nouvelle morale ne doit pas se baser sur les livres sacrés de n'importe quelle religion, mais sur le bon sens humain. Donnons-nous une morale en utilisant la raison et le coeur que Dieu nous a donnés pour s'en servir et non pas pour être à la remorque de vieilles traditions immorales. Je parle de morale seulement, sans me prononcer sur les débats actuels. Pour le reste, on peut bien croire au dieu que l'on voudra et fréquenter les temples que l'on voudra, mais de grâce cessons de croire que la morale humaine nous vient d'une révélation quelconque. Ce sont les hommes qui doivent se donner leur propre moral. Une morale nationale pour chaque pays et une morale internationale sous l'égide des Nations Unis.
Espérons que si un jour, Dieu, le vrai Dieu, daigne vouloir nous révéler sa morale, il ne le fera pas en haut d'une montagne ou au fond d'une grotte, seul avec un homme, mais au grand jour, devant des millions d'hommes et de femmes.