- /LBR.ca / - Dans son discours «d’installation» du 27 septembre, madame la gouverneure générale a déclaré que nous devions «instaurer un pacte de solidarité entre tous les citoyens qui composent le Canada d’aujourd’hui».[1] Que voilà de belles paroles! Suivant cela, Mme Jean réussira-t-elle à convaincre les Albertains de partager leurs mirobolants revenus et surplus (dus au gaz et au pétrole) avec les Canadiens des provinces les plus pauvres, par solidarité? Car voilà ce que devrait être une fédération digne de ce nom: des provinces favorisées partageant avec d’autres l’étant moins.
Mais les Albertains n’accepteront jamais de partager et, si le fédéral les y obligeait, ce ne serait pas long qu’un référendum se tiendrait, avec à la clé une question claire comme de l’eau de roche: «Voulez-vous vous séparer du Canada et faire de l'Alberta un pays (lire: pays riche)?» Si le verdict est affirmatif à 50 % des voix plus 1, l'Alberta pourrait sortir de la fédération pour protéger ses revenus exorbitants (dans 50 ans, une fois les réserves épuisées et l’argent bien dépensé, je ne serais pas surpris que l'Alberta réintègre le Canada à la suite d’un autre référendum, gagné toujours, à 50 % des voix plus 1). Et bien que l'Alberta ne soit pas, contrairement au Québec, l’une des entités fondatrices du Canada, le Parlement canadien et Mme Jean n’auront pas le choix que de la laisser partir avec son sous-sol, si telle est sa volonté.
Le cas échéant, j’espère qu’on laissera de même un jour partir sans problème le Québec, qui se séparerait, lui, pour protéger sa culture et sa langue, pour s’affirmer pleinement comme nation, qui sont des motifs beaucoup plus nobles.
Sylvio Le Blanc
Montréal (Québec)
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[1] Le Devoir, «Une certaine vision du pays», les samedi 1er et dimanche 2 octobre 2005, p. B 3. Auteure : Hélène Buzzetti.