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Conflit au Manoir Richelieu :

La communauté des affaires et du développement économique de Charlevoix affiche une vision réductrice de son milieu réplique la présidente du Conseil central Québec Chaudière-Appalaches de la CSN.
2005-09-29 17:16 - Commentaire d'opinion

MONTREAL, le 29 septembre 2005 - / LBR.ca / - Nous accueillons positivement le fait que le milieu des affaires et du développement économique s’intéresse et s’inquiète du conflit de travail au Manoir Richelieu qui perdure depuis le 24 août dernier.

Nous le souhaitions depuis le début car nous connaissons bien la réalité économique régionale puisque nous représentons plusieurs centaines de membres CSN qui oeuvrent dans toutes les sphères de l’économie charlevoisienne. D’ailleurs, le Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CCQCA) (CSN) s’implique activement dans le développement économique et social de la région en siégeant aux CLD ou en étant actif au sein d’organisations comme Action-chômage de Charlevoix, du Comité des Sans chemise et a, de plus, été impliqué dans les projets de relance économique et même d’investissements de la part de Fondaction CSN.

Nous croyons fermement au développement des régions du Québec et nous ne pouvons souscrire aux propos de la communauté des affaires exprimés dans un communiqué qui a fait l’objet d’un article paru dans le journal Le Soleil, dans son édition du 29 septembre 2005.

Tout d’abord, elle s’attarde aux arguments mis de l’avant par Fairmont à l’effet qu’on ne peut comparer Charlevoix à Québec, ni à Montréal qui bénéficie d’un taux d’occupation de 24 % supérieur à la région. Pour la CSN, il ne s’agit pas de la région mais du Manoir Richelieu, géré par Fairmont. Cela, elle ne le dit pas. Le Manoir Richelieu n’est-il pas voisin d’un casino qui attire une certaine clientèle, augmentant son taux d’achalandage?

Deuxièmement, la communauté des affaires souligne que le coût de la vie est moindre dans la région de Charlevoix, ce qui laisse sous-entendre que les salaires n’ont pas besoin d’être à la hauteur de ceux payés par Fairmont au Château Frontenac à Québec ou au Reine Elizabeth à Montréal. Donc, en région, on doit se comporter en zone franche. Pourtant, Fairmont opère des hôtels dans d’autres régions et ses prix sont les mêmes partout au Québec.

Il est aussi hasardeux d’invoquer un coût de la vie plus bas, pour justifier des salaires plus bas, alors que les coûts reliés à des dépenses récurrentes et essentielles ne cessent d’augmenter. Pensons au coût de l’essence qui a un impact majeur sur les résidants des régions qui n’ont pas le choix d’utiliser leurs véhicules car il n’existe pas de réseau de transport en commun, en plus d’effectuer de plus grandes distances pour leurs déplacements. Ces mêmes résidants ont également à assumer les mêmes hausses des factures d’électricité et de l’inflation qui affectera assurément beaucoup de produits après l’augmentation des prix du pétrole.

De plus, le CCQCA veut qu’on lui explique pourquoi une salariée ou un salarié du Manoir Richelieu gagnerait 5 $ de l’heure de moins qu’à Québec ou Montréal pour un travail de préposée aux chambres. En ce cas, pourquoi alors les personnes salariées de la santé, de l’éducation, de la Sûreté du Québec ou même du secteur privé, comme celui des pâtes et papier, gagneraient moins dans Charlevoix. Pourquoi Loto-Québec, propriétaire à 50 % du Manoir Richelieu, paie le même salaire au Lac Leamy (casino et hôtel) en Outaouais, à Montréal et dans Charlevoix?

Est-ce que les députés provincial et fédéral gagnent moins cher que leurs collègues? Non. C’est le traitement équitable qui régit l’équité dans son sens le plus élémentaire et nous croyons que les travailleuses et les travailleurs de Charlevoix y aspirent au même titre que tous les autres du Québec.

Au-delà de la proverbiale hospitalité charlevoisienne, il y a la dignité qui se manifeste par le respect et la reconnaissance des individus.

Ce qui inquiète au plus haut point le Conseil central de Québec Chaudière- Appalaches (CSN), c’est la vision réductrice d’une communauté d’affaires et, surtout, d’organismes voués au développement d’une région qui considèrent la population de sa région comme de la main-d’oeuvre bon marché.

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/Renseignements: Yvan Sinotte, CSN, (514) 979-6338; Entrevues:
Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches de
la CSN, (418) 573-0080/

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