La profession de foi fédéraliste de Michaëlle Jean
Le Journal Le Québécois prend bonne note de la sortie publique de la nouvelle gouverneure générale, Michaëlle Jean, pour établir clairement qu'elle, et son mari, sont et ont toujours été fédéralistes.
2005-08-17 14:49 - Commentaire d'opinion
Québec, le 17 août 2005 - / LBR.ca / - N'ayant jamais eu autre objectif dans cette affaire que de cibler Paul Martin pour sa nomination malhabile et le mettre ainsi dans l'embarras, le Journal Le Québécois considère aujourd'hui que malgré la profession de foi fédéraliste du couple, il a atteint ses objectifs. Il est maintenant clair, et ce, d'un océan à l'autre, que l'entourage de Paul Martin de même que les services de renseignement ont fait preuve dans ce dossier d'un amateurisme et d'une incompétence sans nom. Car, peu importe les allégeances politiques de Michaëlle Jean et du nouveau prince consort, Jean-Daniel Lafond, il est clair qu'une simple enquête de routine aurait permis de faire toute la lumière sur le passé du couple qui est, tous l'admettront, fort particulier lorsqu'on aspire à occuper Rideau Hall.
Si la petite équipe de recherchistes du Journal Le Québécois a pu découvrir tout ce qu'elle a découvert dans ce dossier, il est clair que le Service canadien de renseignement de sécurité, que la Gendarmerie royale du Canada et tous les journalistes du Québec et du Canada le pouvaient également. Étant donné que l'information a été rendue publique par le Journal Le Québécois, et par lui seul, la direction de ce même journal engagé fermement en faveur de l'indépendance politique du Québec considère que bien des gens au Québec et au Canada n'ont pas fait leur devoir. «Dans toute cette affaire, peu importe les reproches qu'on peut adresser au Journal Le Québécois, il est clair que notre petite équipe a fort bien servi le droit du public à l'information. Qui, le plus sérieusement du monde, peut venir nous dire que tout ce que nous avons révélé à propos de la nomination de Paul Martin n'était pas d'intérêt public ?», de dire Pierre-Luc Bégin, directeur des Éditions du Québécois et Patrick Bourgeois, directeur du Journal Le Québécois.
Sans ambages, certaines personnes ont reproché au Journal Le Québécois d'avoir diffusé les informations qu'il avait en sa possession. Certains ministres libéraux ont parlé d'une chasse aux sorcières orchestrée par Le Québécois. Or, il faut savoir que de telles attitudes relèvent d'un autoritarisme tout à fait malsain. Le Québécois considère que le peuple du Québec et le peuple canadien sont assez intelligents pour prendre connaissance de tous les tenants et aboutissants d'un dossier pour se faire par la suite leur propre opinion. De tels reproches deviennent carrément scandaleux lorsqu'ils proviennent de journalistes ou de chroniqueurs. Cela démontre trop bien que pour certains d'entre eux, le droit du public à l'information n'est rien en regard de la nécessité de protéger l'unité canadienne. «Nous sommes convaincus que bien des Québécois se posent aujourd'hui des questions sur la façon dont fonctionnent les médias au Québec. Plusieurs ont très certainement dû être fort surpris de découvrir que de telles informations avaient été révélées par un simple journal alternatif aux modestes moyens. Assurément, ils ne regarderont jamais plus les médias de la même façon après cet épisode délicat», ont déclaré messieurs Bégin et Bourgeois.
«Nous n'avons jamais adhéré à l'idéologie souverainiste»
Dans cette affaire, le Journal Le Québécois n'a jamais réclamé de savoir ce que Mme Jean ou son mari ont voté en 1995. Nous avons toujours considéré que le vote était du domaine privé et que ce droit leur appartenait autant qu'il appartient aux autres citoyens. Nous avons toujours dit que nous respecterions Mme Jean et son mari si ceux-ci devaient admettre qu'ils avaient changé d'allégeance en cours de route. Cela est tout à fait leur droit. Ce qui est par contre particulier dans la déclaration publique de Mme Jean, c'est lorsqu'elle dit qu'elle n'a jamais été souverainiste, comme son mari ne l'a jamais été. Le Journal Le Québécois se dit bien prêt à croire que Mme Jean n'a jamais été souverainiste, mais soutient du même souffle qu'il est beaucoup plus difficile de prétendre la même chose de son mari. Après tout, qu'a voulu dire le prince consort lorsqu'il a écrit :
«Un Québec souverain ? Un Québec indépendant ? Oui, et j'applaudis des deux mains et je promets d'être de tous les défilés de toutes les Saint-Jean»
«Le prince consort devait très certainement parler de la Martinique lorsqu'il parlait d'un Québec indépendant dans cette citation. Ça tombe sous le sens. Comme il devait parler de la Martinique lorsqu'il parlait de la Saint-Jean. Après tout, il est de notoriété publique que la Fête nationale des Martiniquais a lieu elle aussi à la Saint-Jean-Baptiste?», de répondre messieurs Bégin et Bourgeois.
Pour notre part, il nous semble qu'il aurait été plus honnête que le couple admette leur passé souverainiste et qu'il dise qu'il a depuis changé d'idée. Tout individu a droit à ses opinions politiques. Et tout individu a droit de changer d'idée. Cela, le Journal Le Québécois l'a toujours reconnu. «En préférant nier l'évidence, cela n'est certes pas à leur honneur. Mais est-ce que le Canada anglais aurait accepté la moindre ouverture envers le mouvement indépendantiste dans la déclaration publique de Mme Jean ? Nous ne le croyons pas et à l'évidence, le couple vice-royal pas davantage. Et cela démontre que le couple est maintenant tout à fait sous le contrôle de Paul Martin qui lui met des mots dans la bouche qui ne convaincront personne. Enfin, c'est leur choix», de déplorer Bégin et Bourgeois.
Un fédéralisme de quelle nature ?
Toute cette affaire a clairement démontré que les médias du Canada anglais n'étaient nullement prêts à poser les questions que se posent leurs citoyens. Il est vrai que la situation précaire dans laquelle se trouve présentement le Canada (gouvernement fédéral minoritaire et appui à la souveraineté du Québec à environ 55 %) les pousse à la plus grande prudence, eux qui ne veulent très certainement pas donner des munitions aux indépendantistes québécois. Cela se comprend. De leur côté, les médias du Québec ont beaucoup de difficulté à adresser les critiques qui doivent être adressées à Paul Martin dans ce dossier. Par conséquent, et pour poursuivre sa mission d'information, les journalistes du Québécois aimeraient que Mme Michaëlle Jean qui acceptera à l'évidence de jouer le rôle de gouverneure générale précise sa vision politique du Canada et du Québec. Pour ce faire, nous aimerions qu'elle réponde, au cours de son mandat, aux quelques questions suivantes :
1- Est-ce qu'elle reconnaît l'existence du peuple québécois, ce que nie l'État qu'elle représente?
2- Est-ce que le peuple québécois jouit du droit à l'autodétermination et à l'indépendance comme les autres peuples ?
3- Sinon, est-ce que le Québec constitue à tout le moins une société distincte?
Finalement, le Journal Le Québécois tient à préciser qu'il prend l'entière responsabilité pour toute cette affaire. C'est l'équipe de ce journal, et elle seule, qui a poussé l'actualité politique à emprunter cette avenue. Elle en accepte donc toutes les conséquences. Que Jean Lapierre cesse de faire dévier le débat vers Gilles Duceppe et le Parti Québécois.
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