À l'évidence, André Pratte ne s'est jamais formalisé de faire dans la désinformation pour défendre le Grand Canada.
2005-08-14 08:26 - Commentaire d'opinion
Québec, le 13 août 2005 - / LBR.ca / - Au coeur de la crise qui secoue présentement le gouvernement Martin en regard de la nomination malhabile que le premier ministre a fait en confiant le poste de gouverneur général à Michaëlle Jean et de prince consort à son mari, André Pratte a recours aux mêmes manoeuvres pour sortir ses amis du pétrin. Encore une fois !
Plus démagogique que jamais, André Pratte soutient que Le Québécois s'est attaqué au mari de la gouverneure générale parce qu'il n'avait aucune prise sur elle.« Voilà une attitude assez étonnante, venant d'une gauche qui s'est toujours targuée de défendre les droits des femmes. Ainsi, la carrière d'une femme devrait être inexorablement liée à celle de son conjoint? », ajoute l'éditorialiste de La Presse. Pourtant, lui comme nous, savons pertinemment que le poste de gouverneur général concerne également le conjoint du principal intéressé. En devenant prince consort, Jean-Daniel Lafond jouira de facto d'une influence certaine et pourra partager ses idées avec tous les Canadiens. Et grâce à John Ralston Saul qui a donné une importance nouvelle à la fonction de prince consort, M. Lafond sera un personnage important de la hiérarchie canadienne. De fait, il est désormais partie intégrante du couple vice-royale et de la monarchie britannico-canadienne! Il était donc tout à fait pertinent de le viser comme nous l'avons fait. Il n'y a qu'André Pratte et ceux qui sont au coeur de la tourmente pour le nier.
Afin de mousser sa vision de l' "affaire", André Pratte a également passé sous silence les propos qu'a tenus dernièrement Jean-Daniel Lafond afin d'expliquer les liens qui l'unissaient aux felquistes. Pratte a préféré s'en tenir au fait qu'un felquiste qui a payé sa dette à la société devient de ce fait un citoyen tout aussi honorable que les autres. Ce avec quoi nous sommes parfaitement d'accord. En présentant les faits de cette façon, Pratte omet tout de même d'informer ses lecteurs que le Jean-Daniel Lafond qui a travaillé avec les felquistes 20 ans après les évènements d'Octobre n'a pas manqué de dire qu'il comprenait avec « complicité » ce qui a poussé un militant à tuer un ministre. Ce n'est pas rien ! Même les purs et durs, même les « petits guérilleros de la souveraineté » que nous sommes dit Pratte (et nous en sommes fiers soit-dit en passant) et que le groupe Gesca se plaît tant à dénoncer ne vont pas aussi loin.
De façon à désinformer encore davantage ses lecteurs, André Pratte ajoute dans cette même chronique d'aujourd'hui (13 août 2005) que Jean-Daniel Lafond « déplore la montée des intégrismes nationalistes ». D'une part, le passage du texte rédigé par Jean-Daniel Lafond ne condamne en rien l'intégrisme nationaliste, intégrisme qui n'est de toute façon qu'une doctrine qui tend à maintenir intactes les idées qui constituent sa base même. D'autre part, dans ce même passage, Jean-Daniel Lafond soutient que le felquisme faisait pleinement partie du mouvement progressiste québécois.Cela, André Pratte omet bien de le dire.Évidemment.
Mais il ne faut pas trop s'étonner d'une telle démagogie formulée par l'éditorialiste de La Presse. Après tout, son journal s'abreuve à la même source. À preuve, le fait que les professionnels de l'information qui y sévissent ont aujourd'hui retenu pour leur article la phrase la moins compromettante pour Jean-Daniel Lafond que Le Québécois a, hier, diffusée. Mais faut-il vraiment s'en étonner ? Après tout, la liberté d'information chez Gesca est celle que veut bien lui accorder Paul Desmarais et sa clique. Ce qui est pour le moins inquiétant pour la démocratie québécoise.
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Pierre-Luc Bégin, Éditions du Québécois
René Boulanger, Écrivain et chroniqueur au Québécois
Patrick Bourgeois, Journal Le Québécois