La direction du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) a pris la décision de mettre fin aux grèves sectorielles de fonctionnaires à la SAAQ, à Revenu Québec et à Transports Québec.
2005-08-03 07:44 - Commentaire d'opinion
Montréal, le 2 août 2005 - / LBR.ca / - Michel Sawyer, le président général, l’a ainsi justifiée : « Il est devenu clair à nos yeux que le gouvernement Charest a résolument fermé les livres de la négociation jusqu’à l’automne. Ainsi, sans gaieté de cœur, nous en sommes venus à la conclusion que le recours à des grèves sectorielles et rotatives au cours de l’été ne pourrait permettre l’atteinte de l’objectif visé, soit celui de forcer la négociation. Cette décision ne signifie d’aucune façon que le SFPQ et ses membres baissent les bras face à l’employeur, il s’agit plutôt d’un repli stratégique (tactique, peut-être?) qui ne fait qu’annoncer un retour de nos moyens de pression à l’automne. »[1]
Une journée avant cet étonnant revirement, le même Michel Sawyer s’exprimait ainsi : « Ce n’est pas parce que la présidente du Conseil du trésor ne veut plus négocier que nous allons battre en retraite. Bien au contraire! Il nous faut maintenir la pression sur le gouvernement pour que ce dernier revienne le plus rapidement possible à la table de négociation afin de conclure une entente avec ses employés et ainsi mettre fin à ce conflit de travail, et ce, dans les meilleurs délais. »[2]
Comme l’ont constaté des spécialistes[3], ces grèves sectorielles étaient pourtant un franc succès, qu’a expliqué en partie Michel Sawyer : « On vise à paralyser l'appareil gouvernemental en touchant au minimum la clientèle. »[4] Elles faisaient si mal au gouvernement que par deux fois il a tenté de les interdire par des injonctions, sans succès. Et voilà que la direction du SFPQ y met fin de son propre chef. Comprenne qui pourra!
Au bout du compte, les quelque 40 000 membres du SFPQ auront dépensé en pure perte des centaines de milliers de dollars pour compenser les salaires de leur 900 collègues en grève. Je dis en pure perte car les négociations n’ont rien donné et qu’il y a fort à parier qu’au moment de reprendre la grève, cet automne, tous les retards accumulés durant le dernier conflit seront résorbés, personnel et temps supplémentaires aidant.
Pauvre SFPQ! Après des années à s’être fait traiter de syndicat de boutique par les autres syndicats, il s’était mérité quelque respect avec ces grèves courageuses et bien ciblées. Chassez le naturel, il revient au galop. Vivement le maraudage!
Sylvio Le Blanc, délégué syndical du SFPQ
Montréal (Québec)
[3] Le Devoir, «Des maux de tête pour le gouvernement - Grève ciblée et portefeuille», les samedi 2 et dimanche 3 juillet 2005. Auteure : Clairandrée Cauchy.