Un grand nombre de souverainistes craignent la proportionnelle comme la peste, estimant que les francophones y perdraient face aux anglophones et allophones concentrés dans certains comtés (de la région de Montréal, surtout), qui verraient enfin leur vote servir à 100 %. Voilà pourtant un mode de scrutin fait sur mesure pour eux, en plus d’être vraiment équitable. Comment cela?
2005-07-04 08:16 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Nous savons que lorsque le PQ est au pouvoir le OUI perd du terrain ; à l’opposé, lorsqu’il est dans l’opposition, il en gagne. Le pouvoir, qui épuise et mécontente, nuit ainsi à la cause. Voilà pourquoi le PQ ne devrait le prendre que lorsque les conditions sont bonnes pour gagner un référendum, considérant que son premier objectif est de réaliser la souveraineté. Ce que permettrait la proportionnelle, en quelque sorte, qui rendrait plus ardue une victoire du PQ, qui aurait besoin de plus de votes des francophones et des allophones qu’actuellement pour espérer l’emporter. Si le PQ annonce clairement ses couleurs à la veille d’élections proportionnelles, à savoir la tenue d’un référendum en cas de gain, et qu’il gagne effectivement malgré les écueils, je suis persuadé qu’il aurait alors d’excellentes chances de gagner un référendum s’il l’enclenche rapidement.
Que le PQ réussisse ou non à former un gouvernement majoritaire, il pourrait compter sur d’autres partis pour lancer un référendum. Car, qui dit proportionnelle, dit élection éventuelle de députés provenant de partis dits marginaux, ce qui rendrait le projet encore plus légitime aux yeux des Québécois et Canadiens.
À défaut de gouverner, le PQ resterait dans l’opposition, y ferait son travail consciencieusement, parlerait de souveraineté sur toutes les tribunes et attendrait patiemment son tour. Jusqu’à ce que les conditions soient gagnantes, autant rester dans l’opposition que de saper le OUI. Fini le temps où ce parti devait absolument gouverner pour faire du Québec ce qu’il est devenu aujourd’hui (avec la loi 101, celle sur le financement des partis, celle anti-scab, etc.). En considérant les pouvoirs restreints dévolus aux provinces, l’essentiel est maintenant fait. Un gouvernement fédéral centralisateur, rognant sans cesse sur nos compétences tout en constituant de faramineux surplus d’argent sur notre dos (sauf en période préélectorale !), requiert maintenant du peuple québécois un grand bond en avant, que seule la souveraineté assurera.
De quelque côtés qu’on la prenne, la proportionnelle n’amène que de bonnes choses à la grande cause. Les seuls souverainistes qui doivent craindre la proportionnelle sont ceux qui pensent d’abord aux élections plutôt qu’au référendum, dont les apparatchiks. Mais sont-ils de vrais souverainistes ?