Oui, il y a des jours où je trouve ça vraiment pathétique!
Force nous est de constater que des programmes d’aide inappropriés sont maintenus envers et contre tous, sans correctifs d’aucune sorte! Ils n’ont le mérite que de créer les emplois de ceux qui y travaillent et non pas de ceux pour qui ces programmes ont été élaborés et mis en place!
2005-01-25 14:26 - Éditorial
- / LBR / - Il n’y a pas une semaine qui passe, sans que je ne rencontre une personne qui est enrôlée dans cette galère baptisée « création d’entreprise » ou encore « formation ». Il n’y a pas d’emploi pour toi!? Alors qu’à cela ne tienne, crée ton propre emploi et démarre ton entreprise ou encore améliore ta formation. Oh, que cela a l’air louable et encourageant!
Dans les faits, cette démarche s’avère souvent un calvaire pour nombre de candidats. Pour les uns, le casse-tête du démarrage d’une entreprise, c’est une entreprise de dernier recours pour se trouver du boulot et s’assurer un revenu minimum. C’est un moyen légitime pour se donner un certain contrôle sur un avenir, somme toute, incertain. Cette action vise à contrer des conditions de travail difficiles et à neutraliser les effets de la précarité de l’emploi. Certes, il y en a qui sont faits pour ça, et c’est tant mieux. C’est même grâce à eux qu’on tient la tête hors de l’eau par les temps qui courent dans notre région dévastée par l’incurie de la grande entreprise au plan de la création d’emploi. Pour les autres, qui se lancent dans la formation, c’est l’inquiétude qui les tenaille sans cesse. Qu’arrivera-t-il après cette période passée aux soins intensifs que constitue l’assurance emploi et tous les programmes du même genre? Lorsque l’on voit des gens avec des bacs et des maîtrises faire la queue pour se dénicher un emploi, il n’y a rien là de bien rassurant pour ces lendemains en voie de rétablissement.
La semaine dernière, lors de la venue du Premier ministre Charest, dans le cadre de la fermeture de l’Usine Port-Alfred, d’aucuns se sont mis d’accord que la crise qui sévit au Saguenay-Lac-Saint-Jean va au-delà des fermetures d’usine de ces dernières années. La région est en période de transition et la situation commande une nouvelle manière d’intervenir de la part de nos gouvernements.
Je trouve regrettable le mutisme dont on fait preuve ces innombrables organismes d’aide et de support à la création d’emploi ou d’entreprise et à la formation. Par leur silence, ils contribuent au maintien de vieux programmes inadaptés, d’une part, à notre réalité régionale et, d’autre part, surtout aux conditions des gens en période de non-emploi.
Pour ma part, je crois qu’on peut faire beaucoup mieux. Il faut arrêter de se contenter de répéter quotidiennement les mêmes choses, surtout lorsque le résultat obtenu est fort questionnable. Quand je vois la nature des efforts qui sont faits pour contrer l’exode des jeunes et de la population en générale, je me dis que cela n’a pas de bon sens.
Arrêter de trimbaler les gens dans cette tour de Babel de programmes inadaptés. Exiger du changement, formuler des solutions et surtout monter au front pour les défendre et les évaluer. Dites-vous qu’il y a bien du monde qui prendraient demain matin vos emplois et vous enverraient créer votre entreprise à leur place ou encore retourner sur les bancs d’école pour améliorer votre compétence…. Vous seriez peut-être surpris de vivre les angoisses existentielles des laissés pour compte.
Combien y a-t-il d’organismes de soutien et de support à l’emploi? Vous êtes combien, au juste, à vivre et à vous nourrir de la difficulté des autres? En l’occurrence, il me semble que vous pourriez au minimum dénoncer les aberrations du système et participer réellement à la résolution du problème! Jusqu’à date vous n’avez fait que gérer la crise qui résulte de l’intervention humaine. Celle-ci n’est pas une création de l’esprit; il s’agit bel et bien d’une construction menée d’une main de maître par un groupe restreint d’individus, une ploutocratie capitaliste, qui décident des conditions de vie et de travail d’une majorité de plus en plus paupérisée.