Oh! Combien d’hypothèses et de fines analyses nous seront servies dans les prochains jours pour expliquer le résultat des élections fédérales du 23 janvier 2006.
*Énergie latente*, voilà les mots qui me viennent à l’esprit.
2006-01-24 19:05 - Éditorial
- / LBR.ca / - Ça y est! Nous sommes dans « l’après-match ». Nous tombons pour les prochains jours, voire les prochains mois, dans une période intense de tergiversations pour expliquer l’inexplicable. Des votes de mécontentement, de sanction, de changement, de la dernière chance, du beau risque, des votes stratégiques, de positionnement, de racolage de pouvoir et encore, mettez-en, il y en a! Autant de personnes et autant de raisons pour justifier sa manière de voir les choses.
Les meilleures réactions? Elles viennent de la rue! Il faut bien les écouter pour comprendre la situation et en saisir les nuances. Les électeurs, car ce sont eux qui étaient aux commandes en cette journée de démocratie, ont joué leur partie et eux seuls étaient maîtres du jeu. Dans leurs commentaires d’après partie, beaucoup de Québécois ont utilisé l’expression « On va voir! ». Il y avait, selon moi, dans cette expression, quelque chose de deuxième niveau à percevoir, à comprendre. Quelque chose qui semblait vouloir dire ce n’est pas tout. Comme si, tout ce monde était resté sur son appétit! Et si c’était le cas?
Je crois que la politique, c’est un peu comme les changements climatiques. On ne peut pas se fier sur les données d’une journée, d’un mois et même d’une décennie pour expliquer les grandes tendances qui s’étalent et se dessinent parfois sur plus d’un siècle. En politique, c’est un peu la même chose. Au cours du temps, l’opinion des gens se forge, leurs valeurs et leurs aspirations s’enracinent. Ça devient un tout, puissant dont la cohérence est difficilement altérable. Si, à l’occasion, certaines dispositions semblent se résorber, s’atténuer ou même se marginaliser, il serait sage d’y voir plutôt, un saut d’humeur attribuable à un contexte particulier qu’à une réalité incontestable.
Le ciment qui unit un peuple, le fil conducteur de sa destinée et les méandres de sa réalisation sont quelque chose d’indéfinissable et d’insaisissable. Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas sentir cette énergie latente au sein de la population québécoise qui peut ressurgir au moment le plus inattendu et propulser l’un des deux peuples fondateurs du plus beau pays du monde à prendre le grand virage à la prochaine croisée des chemins.