Ce n’est pas parce que beaucoup de monde écoute une émission que cela en fait une bonne émission pour autant.
2005-09-28 07:46 - Éditorial
- / LBR.ca / - Non, je n’ai pas vraiment le goût d’élaborer longuement sur l’émission « Tout le monde en parle », et vous dire pourquoi elle me déplait. Non, j’ai seulement envie de vous faire partager mon humeur. D’ailleurs, je dois dire que j’ai hésité à le faire. C’était comme si je ne voulais pas donner trop d’importance à ce fait, ou encore, comme si je ne voulais pas heurter « des millions de personnes » qui semblent carburer à ce genre d’émission ! Non, ce qui m’a fait réagir, c’est autre chose.
On accuse souvent, à tort, les autres pour tout ce qui ne va pas. Que ce soit au sujet de nos gouvernements, de nos politiciens ou tout simplement des produits de consommation qui nous sont imposés. Nous avons une facilité déconcertante à esquiver notre responsabilité dans tout ce qui nous affecte. Comme si nous n’avions aucun pouvoir là-dessus! Et bien, je m’excuse, on a ce qu’on mérite! Quand on se laisse faire, ce sont les autres qui nous organisent ! Voilà sans doute la raison qui me pousse à réagir aujourd’hui. Je ne voudrais pas me dire plus tard, j’aurais donc dû!
Notre pouvoir, parce que nous en avons réellement un, réside dans notre capacité à faire valoir notre point de vue, dans l’exercice de notre sens critique et dans l’expression de nos attentes. Il faut arrêter de tout gober et de laisser aller la médiocrité. À titre d’exemple, moi, personnellement, je remets en cause les fameuses cotes d’écoute avec lesquelles on tente de nous faire croire, que tout près de 5 millions de personnes étaient rivées à leur écran pour assister aux deux shows du dimanche soir. Deux spectacles présentés par deux réseaux qui, soit dit en passant, se ressemblent de plus en plus dans leur manière de faire. Cela étant dit, peu importe le nombre de personnes comptabilisées par les machines à pub, l’émission, quant à moi, fait dans le petit, le potin, le « mémérage », le voyeurisme intellectuel, l’insanité et la loufoquerie.
Que des personnalités aillent se faire enguirlander et se prêter à ce jeu sordide ne m’impressionne guère, et n’altère en rien mon jugement en ce qui concerne la qualité de l’émission. Et qui plus est, je pense, qu’à certains égards, la présence de ces personnes, souvent à la recherche de la moindre tribune pour se faire voir, me laisse perplexe sur leur propre jugement. J’ai l’impression que pour eux, passer la rampe à cette émission, devient un fait d’arme classé comme leur sport extrême et leur dépassement personnel. Faut le voir pour le croire!
C’est volontairement que je fais abstraction des aspects positifs et des bonnes choses dans l’émission, parce qu’il y en a, lors ces interminables heures de baragouinage. Ça risquerait de mettre en contrepoids des valeurs qui ne peuvent se fusionner pour en sortir une moyenne, c’est-à-dire une note acceptable. Non, ce qui n’est pas bon reste pas bon! Par chance, qu’au montage et à l’assemblage, on coupe de nombreuses minutes qui montreraient davantage la pauvreté du style et l’absence de contenu.
Voilà, j’ai dit ce que j’avais à dire là-dessus. L’important, ce n’est pas tant d’avoir entièrement raison que le fait de tenter de rectifier le tir quand ça dérape. Tout le monde en parle, une mauvaise émission qui nous fait faire, encore une fois, un pas vers la superficialité et l’apathie.