Selon les données du recensement 2006 de Statistiques Canada qui furent livrées récemment, le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT) de l’UQAC constate que le nombre d’emplois au total s’est accru au Saguenay—Lac-Saint-Jean depuis 2001
- / LBR.ca / - Selon les données du recensement 2006 de Statistiques Canada qui furent livrées récemment, le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT) de l’UQAC constate que le nombre d’emplois au total s’est accru au Saguenay—Lac-Saint-Jean depuis 2001, en passant de 127,600 à 130,850.
Ce sont les emplois dans le secteur tertiaire qui explique cette performance régionale de l’emploi puisque ceux-ci ont fait un bond de 6,2% pendant la période considérée. Ce bond aurait été encore plus important si le secteur secondaire régional se comportait mieux. Or on sait que les fermetures de l’usine Nutrinor de Métabetchouan, des cuves Söderberg du complexe Jonquière et de la papetière de Port-Alfred ont largement affecté l’industrie régionale. Selon les données recueillies, celle-ci a perdu 2,440 emplois soit une décroissance de 8,3%. Quant au secteur primaire régional, il s’avère en légère perte d’emplois de 2001 à 2006.
Si on analyse ces résultats en utilisant les scénarios 2025 illustrés dans le livre « Vision 2025 : le Saguenay—Lac-Saint-Jean face à son avenir » publié aux Presses de l’Université du Québec en 2007, on constate que les emplois régionaux totaux se présentent un peu mieux qu’il fut anticipé initialement. Ce qui s’explique par la très bonne performance dans le commerce et surtout dans les services spécialisés à la faveur d’une conjoncture économique favorable. Par contre, les emplois industriels se comportent moins bien que le scénario pessimiste proposé, se rapprochant dangereusement du scénario catastrophique aucunement souhaitable évidemment.
En réalité dans la région, après la très forte croissance de l’emploi industriel pendant les décennies 1960 et 1970, le déclin à cette rubrique pendant les deux décennies suivantes s’est accéléré entre 2001 et 2006. En considérant les pertes d’emplois en 2007 et 2008 au sein des scieries qui ont fermé leurs portes ou ralenti leur production, la mauvaise performance de l’emploi industriel se poursuit encore. Elle se poursuivra dans le futur, puisque même si la production s’accroît éventuellement, la technologie remplace désormais de plus en plus les postes de travail. Tôt ou tard en conséquence, le secteur tertiaire régional subira les répercussions de ces pertes d’emplois industriels bien rémunérés qui provoquent la baisse du niveau de consommation des ménages. Signalons à cet effet que déjà le secteur tertiaire régional se comporte beaucoup moins bien que la moyenne québécoise en matière d’emplois.
La conclusion demeure la même qu’auparavant, le Saguenay—Lac-Saint-Jean nécessite de vigoureuses actions de rupture régionale avec les tendances actuelles qui nous conduisent vers un seuil démographique très bas en 2025. Évidemment, les défenseurs du scénario de la continuité n’y seront plus à ce moment-là.
Marc-Urbain Proulx - Professeur en Économie Régionale, UQAC