Malgré ses pertes relativement massives d’emplois industriels qui se répercutent sur un taux de chômage toujours très élevé, la région métropolitaine de Saguenay demeure encore paradoxalement en bonne position par rapport à sa région grâce à la performance du secteur tertiaire qui se concentre largement dans la capitale régionale.
- / LBR.ca / - Sous l’angle de l’emploi, la rupture économique vécue dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean s’avère bien illustrée, dans ce cas aussi, par les données sur le chômage dont le taux réel grimpa à presque 20% en 1986.
Malgré un taux d’activité (graphique 1) relativement stable et pas très élevé à 60%, ainsi qu’un exode important de la population, notamment des jeunes en âge de travailler, force est de constater que le taux de chômage régional demeure élevé pendant la période observée.
Puisque d’une part ce sont les emplois industriels qui causent largement ces difficultés économiques régionales sous l’angle du chômage et que, d’autre part les entreprises qui génèrent ce type d’emplois sont largement localisées au Saguenay, on comprend que la principale agglomération de la région soit particulièrement affectée par les coupures de poste de travail dans l’industrie.
Ce déclin industriel sous l’angle de l’emploi au Saguenay étant établi, on constate au graphique 2 que le taux de chômage 1987-2005 dans la RMR (région métropolitaine de recensement) de Saguenay est demeuré très élevé en comparaison (ligne pointillée) avec les 24 autres RMR canadiennes utilisées pour ce type de comptabilité quadri-annuelle. Pendant cette période observée, la moyenne du taux de chômage fut de 12,3 % pour l’ensemble des RMR canadiennes, selon une pente légèrement descendante.
Paradoxalement, le taux de chômage de la RMR Saguenay s’avère relativement plus faible que ce même ratio à l’échelle de la région Saguenay–Lac-Saint-Jean. À l’évidence en effet, le Lac-Saint-Jean possède un taux de chômage supérieur à celui de la RMR de Saguenay entre 1987 et 2005.
Comment expliquer que les principales pertes d’emplois industriels eurent lieu au Saguenay mais que le taux de chômage soit plus élevé au Lac-Saint-Jean ? Cette situation paradoxale s’explique en grande partie par la création à Saguenay d’un grand nombre d’emplois « tertiaire » pendant la période observée, beaucoup plus important en % qu’au Lac-Saint-Jean. Car les activités économiques du secteur tertiaire (commerces et services) de plus en plus intégrées par les grosses unités de distribution, ont tendance à se localiser dans les principales agglomérations afin de bien se positionner par rapport à leur vaste marché à desservir.