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Discussions avec Alcan

Le SNEAA prêt à être partenaire avec Alcan dans un nouveau pacte de l'aluminium
2005-06-09 11:28 - Communiqué de presse

Saguenay, le 9 juin 2005 – / LBR.ca / - Suite aux assemblées générales du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA), M. Claude Patry, président du SNEAA, réaffirme que « nos membres sont prêts plus que jamais à être partenaire d’Alcan dans un nouveau pacte de l’aluminium. On est ouvert à s’engager mais, il est essentiel qu’Alcan s’engage sérieusement elle aussi. On veut du gagnant-gagnant, du long terme et des engagements fermes ».

BREF RETOUR SUR LE CONTEXTE RÉCENT CRÉÉ PAR ALCAN

En fermant unilatéralement les Sodërbergs d’Arvida (qui étaient rentables) dix ans avant la date convenue et sans discussions avec ses travailleurs, la région ou le gouvernement, Alcan a brisé elle-même le climat de confiance que tous les intervenants régionaux avaient mis des années à construire. Pire encore, Alcan nie maintenant avoir pris des engagements d’investissements à Jonquière en contrepartie de tous les engagements qu’Alcan s’est assurée d’obtenir de ses travailleurs, de la région, d’Hydro-Québec et du gouvernement.

L’automne dernier, devant une région insultée par sa nouvelle attitude, la compagnie en a même ajoutée par des présentations publiques où elle dénigrait le Saguenay—Lac-Saint-Jean comme site d’investissement valable pour l’industrie de l’aluminium. Loin de s’atténuer, la nouvelle approche d’Alcan s’est amplifiée par une série de déclarations incendiaires et insécurisantes : « tout est à vendre », « Alcan ne grandira plus au Québec », « les coûts de production d’aluminium en Chine sont le tiers de ceux du Québec » (une affirmation complètement fausse), « on verra quand on sera rendu là », etc.

DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES RESPONSABLES, MAIS PROFONDÉMENTS DÉÇUS

En s’inscrivant dans le processus de discussions structuré d’Alcan sur l’avenir du complexe Jonquière, le SNEAA a adopté une stratégie en deux volets : s’asseoir avec la compagnie et lancer « ON Y VA », une campagne de recherche et de divulgation d’une série d’études économiques de haut niveau sur les avantages pour Alcan à continuer à investir au Saguenay—Lac-Saint-Jean dans la production et la transformation de l’aluminium.

« Ces études sont très clairs : contrairement à ce que dit Alcan sur la place publique, les faits prouvent que le Saguenay—Lac-Saint-Jean est extrêmement compétitif dans l’industrie de l’aluminium d’aujourd’hui et de demain » rappel le président Patry

Quant aux 9 mois de discussions que vient de vivre le SNEAA, celui-ci les a abordés avec une très grande ouverture suivant le mot d’ordre qu’Alcan elle-même avait lancé dès le début : « les engagements d’Alcan seront à la mesure des engagements des travailleurs ».

Dans le but d’obtenir des engagements fermes d’Alcan, les représentants syndicaux présents à la table de discussions se sont montrés ouverts à 92 des 97 demandes de la compagnie. Alcan est revenue en surenchère avec une demande de prolongation de la convention collective de 5 ans. Alcan a même tenté de faire chanter les travailleurs en laissant croire que la réalisation de l’usine de cogénération de Trans Canada Energy (TCE) à Jonquière pouvait être liée à la convention de travail d’Alcan, une compagnie parfaitement distincte de TCE ! « Ces maladroites tentatives d’Alcan de culpabiliser ses travailleurs n’ont pas réussies et ont enlevé énormément de crédibilité à la démarche de discussions structurée qu’Alcan elle-même avait proposé » de rappeler M. Patry.

Finalement, les engagements d’Alcan ont été déposés : travailler à réaliser l’usine de brasque (déjà annoncé trois fois) et l’usine de cogénération de TCE (une usine qui ne dépend absolument pas d’Alcan). Engagement sur la durée de vie de Vaudreuil : aucun. Engagement de construction de l’usine de remplacement à Jonquière : aucun. Pourtant, les travailleurs et les travailleuses se sont montrés ouverts à 95% des demandes d’Alcan. Mais où sont les contreparties de la part d’Alcan ? Quelle déception, Alcan veut tout, mais ne s’engage à peu près sur rien.

Pour le président Patry « Afin de rétablir un minimum de crédibilité, Alcan doit au moins respecter ses engagements antérieurs, soit la construction de l’usine de brasque et d’une usine de remplacement à Jonquière quand les installations actuelles d’Arvida atteindront la fin de leur vie utile. De plus, les éventuelles concessions qu’accepteront les travailleurs et les travailleuses devront évidemment être liées à un engagement de prolongation significatif des opérations de l’usine Vaudreuil par des investissements structurants. »

UN PARTENARIAT D’AFFAIRE ÉQUITABLE ALCAN-RÉGION, LA VÉRITABLE VOIE DE L’AVENIR.

Alcan répond qu’elle ne peut absolument pas respecter ses propres engagements envers la région. Pourtant la compagnie ne cesse depuis des années de demander à tous de s’impliquer à long terme toujours à son avantage :

· Engagement de 75 ans du gouvernement du Québec dans le bail de la Péribonka (énergie).
· Engagement de 18 ans des travailleurs et travailleuses d’Alcan dans la stabilité opérationnelle (paix syndicale).
· Engagement de 22 ans d’Hydro-Québec pour fournir un bloc d’électricité supplémentaire à Alcan.
· Engagement du gouvernement du Québec sur divers crédits d’impôts favorisant largement Alcan (vallée de l’aluminium, amortissements accélérés), etc.

« Alcan demande aux autres de s’engager sans conditions, mais quand c’est son tour elle refuse de se mouiller. On donne mais où est le retour ? En 2005, ce n’est plus comme ça que ça marche » de déclarer M. Patry.

Devant le flagrant constat d’échec de son actuelle stratégie unilatérale, Alcan doit arrêter d’exiger constamment tout des autres et commencer à s’engager elle-même à la hauteur de ses moyens et des immenses avantages que lui a concédé la région.

« Nos membres ont été plus qu’impressionnés par l’ouverture d’esprit et l’ampleur des concessions que les représentants des travailleurs ont accepté de discuter dans l’espoir sincère de susciter un réel engagement d’Alcan et un futur pour nos usines. D’ici l’échéance du contrat de travail en décembre 2006, si Alcan veut s’engager sérieusement envers ses travailleurs et la région, la porte reste ouverte auprès de la direction des TCA. Cette échéance de la convention de décembre 2006 demeure une période très propice pour tenir des discussions gagnantes-gagnantes pour les deux parties », de conclure M. Patry.

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Source : Claude Patry, Président du SNEAA
Téléphone : (418) 812-5228

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