Manchettes RSS (?)



En réponse à la consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différentes cultures

La Ligue des droits et libertés de la personne du Saguenay-Lac-Saint-Jean revendique l’inclusion des droits culturels dans la Charte québécoise des droits et libertés
2007-09-18 15:37 - Communiqué de presse

Jonquière, le 18 septembre 2007 - / LBR.ca / - Lors de la dernière Assemblée générale de la Ligue des droits et libertés de la personne du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a eu lieu le 8 septembre dernier, les membres ont adopté la définition suivante de ce qu’est un accommodement raisonnable : Obligation juridique qui découle du droit à l’égalité inscrit dans les chartes québécoise et canadienne des droits et libertés, un accommodement raisonnable n’est ni un privilège consenti à une minorité ni un simple arrangement volontaire. L’accommodement doit viser l’intégration de la personne et corriger une discrimination indirecte. Si ces deux aspects ne sont pas présents, on n’a pas à rechercher d’accommodement.

Les droits de la personne relatifs à la diversité et à l'intégrité des cultures englobent un large éventail de concepts comme le droit à la participation culturelle; le droit à jouir des arts; la protection du patrimoine culturel mais également la protection des personnes appartenant à des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques. Le choix de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différentes cultures a porté sur le concept d’harmonisation interculturelle qui désigne l’ensemble des pratiques d’accommodement raisonnable et d’ajustement concerté. Cette perspective touche des dimensions comme l’immigration, la laïcité et l’interculturalisme.

Une situation paradoxale que nous avons au niveau des pratiques d’accommodement reliées aux différentes cultures est l’absence de reconnaissance des droits culturels dans les chartes canadienne et québécoise des droits de la personne. Dans les deux cas, nos gouvernements ont décidé pour des raisons que nous ignorons de passer sous silence les droits culturels même s’ils ont adhéré au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. La Ligue des droits et libertés de la personne du Saguenay-Lac-Saint-Jean est l’un des rares organismes à revendiquer leurs inclusions dans la Charte québécoise des droits et libertés parce que nous pensons que l’absence de balise en se sens peut occasionner des mouvements de racisme. De plus, cette reconnaissance des droits culturels est nécessaire si nous volons collectivement relever le défi de la diversité ethnoculturelle et résoudre un certain problème identitaire.

L’expérience démontre qu’une intervention gouvernementale mal planifiée sur le plan culturel peut en elle-même occasionner des mouvements de racisme dans la population. Par exemple, le projet de financer à 100 % des écoles privées juives de la région de Montréal sous le prétexte de favoriser les échanges culturels. Nous avons observé lors de ce débat, un dangereux vent antisémite dans notre région qui a perduré jusqu’à l’annulation du projet par le gouvernement.

Les comportements racistes ou discriminatoires sont présents dans toutes les communautés, c’est pourquoi, la lutte contre les discriminations relève autant de la vigilance citoyenne que de l’action politique. Les immigrants ne représentant que 0,4 % de la population régionale, le degré d'ignorance envers eux est beaucoup plus grand ici, car il n'y en a pas beaucoup. Le faible nombre de personnes faisant partie d’une minorité visible au Saguenay-Lac-Saint-Jean fait qu’il faut être particulièrement attentif aux risques de profilage racial et de discrimination à l’embauche.

L’absence de données objectives fiables sur ce phénomène en région, ne permet pas de déterminer véritablement la part de fantasmes et de la réalité qui se cache derrière l’étiquette « discrimination ». Il y a un an, nous avons exprimé à la ministre de l’Immigration et des communautés culturels le point de vue qu’une véritable politique contre le racisme et la discrimination doit inclure toute la population du Québec sans aucune exception, ce qui comprend les autochtones, les Québécois de souche française ou britannique, les autres populations blanches et toutes les minorités visibles

Recommandation

La Ligue des droits et libertés de la personne du Saguenay-Lac-Saint-Jean demande que la Charte québécoise soit modifiée afin de reconnaître les droits culturels afin d’améliorer la gestion de ce vivre-ensemble. Nous pensons que cette reconnaissance des droits culturels permettra un meilleur équilibre entre l’appartenance des communautés culturelles à leur culture d’origine avec celle commune au peuple du Québec.

-30 -

Source :

Normand Bernier, Directeur général
Ligue des droits et libertés de la personne du Saguenay-Lac-Saint-Jean
542-2777

Réagir à cet article Version imprimable Envoyer à un ami

Pour d'autres informations dans « Information générale »...

LBR.ca - Saguenay-Lac-St-Jean - AB

Tous droits réservés © 1996 - 2008 La Firme Inc.