La CSN recommande au ministre de l’Environnement d’être cohérent
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) a présenté aujourd’hui au ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair, ses commentaires sur l’avant projet de loi et sur le Plan de développement durable.
2005-03-16 06:27 - Communiqué de presse
MONTREAL, le 15 mars 2005 - / LBR.ca / - En accord avec l’ensemble des principes de l’avant projet de loi déposé par le gouvernement du Québec, la CSN insiste sur le fait que le développement durable ne doit pas être perçu et compris comme une tâche de plus à assumer. Une politique de développement durable devrait structurer toutes les activités de l’Etat, y compris celles des sociétés d’Etat telle Hydro-Québec. Elle devrait également s’appliquer aux activités des institutions et des entreprises.
La crédibilité de la démarche gouvernementale
Pour la CSN, le développement durable n’est donc pas une politique qui s’ajoute aux autres. L’action du gouvernement ne doit pas seulement se limiter à la « recherche d’un développement durable », comme mentionné dans l’avant projet de loi, mais agir sur l’ensemble des politiques du gouvernement. Une telle démarche imposera au gouvernement un effort réel de cohérence dans ses interventions. C’est à travers la conduite du gouvernement dans des dossiers comme celui de l’énergie ou du transport qu’il sera possible de mesurer son engagement réel en faveur du développement durable.
Les coûts réels des activités économiques
La CSN souligne par ailleurs l’importance de développer des pratiques d’évaluation environnementale et sociale qui permettent de connaître les coûts réels des activités économiques. Selon la CSN, la reddition de comptes des entreprises ne doit plus être que financière. La triple reddition de comptes - sociale, environnementale et financière - doit devenir la norme des entreprises, des institutions et des sociétés d’Etat.
Solidarité sociale interrégionale
La CSN propose d’ajouter aux principes proposés par le gouvernement une dimension de solidarité sociale et interrégionale. Dans son mémoire, la CSN souligne entre autres les carences de la notion du « coût économiquement acceptable » mis en avant par le gouvernement pour qualifier les actions de prévention requises en matière de protection de l’environnement. A la place de cette notion, la CSN propose un principe de commensurabilité entre les coûts des actions préventives requises et les dégâts environnementaux que ces actions sont sensées prévenir.
Les limites de l’approche volontaire
« Maintenant que l’environnement fait partie du développement durable, faut-il s’inquiéter de la place qui sera consacrée à cette dimension dans les futurs débats ? », s’inquiète Roger Valois, vice-président de la CSN. Chose certaine, il faudra que le gouvernement se donne des instruments solides pour s’assurer de la mise en application de cette politique. « Nous devons aujourd’hui prendre un virage qui sera équitable pour tous », déclare Roger Valois, se référant aux vives résistances quand il s’agit de projets touchant l’environnement. « Il ne faut pas tomber dans le pas dans ma court et trouver des mécanismes pour arbitrer les intérêts généraux et locaux pour le bien de l’ensemble des citoyennes et des citoyens », ajoute-t-il.
Dans cette optique, la CSN appuie la proposition de créer un poste de commissaire à l’environnement et au développement durable chargé d’évaluer le progrès enregistré par le Québec, et notamment le gouvernement, eu égard aux engagements pris dans ce domaine. La CSN recommande également que le mandat du commissaire s’étende aussi aux sociétés d’Etat telle que Hydro-Québec.
A défaut d’un effort réel de cohérence, le gouvernement contribuera davantage au cynisme ambiant et à la démobilisation. Le ministère de l’Environnement assumerait alors la responsabilité d’avoir fait reculer plutôt qu’avancer le Québec. Devant l’insuffisance des mécanismes de marché d’assurer à eux seuls la protection de l’environnement, la CSN souligne l’importance d’un encadrement réglementaire efficace, transparent et bien appliqué.
Le vice-président de la CSN rappelle que les travailleurs sont au coeur du défi car ils sont à la fois des citoyens et des producteurs de biens et de services. La CSN s’est d’ailleurs engagée à favoriser des méthodes de production plus saines pour la santé des travailleuses et des travailleurs et pour l’environnement, et ce, depuis plusieurs années. Plus récemment, la centrale a mis en oeuvre un plan d’action pour une consommation plus responsable.
La CSN défend un développement économique qui a comme finalité le développement social. Une stratégie cohérente de développement durable doit donc inclure les principes de justice sociale, de respect des droits des travailleuses et des travailleurs, d’accès universel à des services publics de qualité et le droit à un logement de qualité.
La Confédération des syndicats nationaux regroupe 2800 syndicats qui représentent 280 000 membres oeuvrant dans la plupart des secteurs d’activités.