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Priorités 2006 pour le Centrale des syndicats du Québec (CSQ) :

Pour une défense des services publics et une action syndicale renouvelée
2006-01-04 10:44 - Communiqué de presse

MONTREAL, le 4 janvier 2006. - / LBR.ca / - En ce début d’année 2006, le président de la Centrale des syndicats du Québec, M. Réjean Parent, a présenté, aujourd’hui, les priorités d’action de la CSQ pour la nouvelle année. Ces priorités seront centrées sur la défense des services publics québécois et sur une action syndicale renouvelée.

L’année 2005 s’est terminée par un bâillon de la part du gouvernement Charest. Le président de la CSQ a dénoncé et dénoncera, jour après jour, cette loi spéciale, passée en pleine nuit juste avant Noel, contre les employées et les employés de l’Etat. La Centrale réunira d’ailleurs, vers la mi-janvier, son Conseil général des négociations afin d’adopter un plan de mobilisation et de résistance à la loi spéciale.

« Ce coup de force du gouvernement de Jean Charest est inqualifiable ! La
loi spéciale est un pur déni de démocratie non seulement pour les droits des
membres de l’Assemblée nationale du Québec, mais pour les droits de l’ensemble
des travailleuses et des travailleurs du secteur public. La vraie nature de ce
gouvernement néolibéral ne peut être plus exposée au grand jour que par ce
geste répressif et délibéré contre les syndiquées et les syndiqués. Pour la
CSQ, le 15 décembre 2005 marquera profondément le Je me souviens syndical », a
affirmé M. Parent.

Défense des services publics

La CSQ a ciblé la défense des services publics comme l’une de ses grandes priorités d’action. C’est d’ailleurs pour cette raison que la Centrale a resserré ses liens avec le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) au sein du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP). Il est clair que cette alliance dépasse les enjeux de la dernière ronde de négociation dans le secteur public. Le SISP est aux aguets et vise une même chose : préserver et promouvoir des services publics de qualité.

« Le gouvernement Charest et surtout la présidente du Conseil du trésor nous martèlent la même cassette depuis trois ans : « Moins d’Etat, c’est mieux d’Etat. » Nous lui répondons que les citoyennes et les citoyens du Québec ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement que réduire les moyens de l’Etat pour les services à la population, c’est diminuer la qualité et l’accessibilité », a déclaré le président de la CSQ.

Congrès 2006 de la CSQ : vers une action syndicale renouvelée

En juin prochain, à Montréal, la CSQ tiendra son 38e Congrès triennal. Ce moment fort pour l’ensemble des membres de la Centrale permettra de renouveler la réflexion sur les enjeux et les défis qui se présentent et qui touchent directement ses membres et leurs prises de position syndicales et militantes.

La défense des services publics et des conditions de travail et de vie de ceux qui y oeuvrent exige que les moyens privilégiés pour mobiliser les travailleuses et les travailleurs soient revus. Et ceci, d’une part, afin d’exercer une plus grande influence auprès de celles et de ceux qui prennent des décisions qui affectent les conditions de travail et de vie des membres de la CSQ et, d’autre part, de renforcer l’organisation et les diverses alliances de la Centrale. Ces objectifs amènent à retenir quatre grands thèmes dans le cadre de ce congrès, soit : un syndicalisme inclusif afin de favoriser l’inclusion de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs dans le collectif syndical; un syndicalisme d’impact capable d’influencer les différents lieux de pouvoir; un resserrement des forces sociales et syndicales pour renforcer le pouvoir de la Centrale et actualiser son ouverture au changement; une équation entre les moyens et les mandats dans le partage des responsabilités entre les paliers de l’organisation et l’établissement des priorités d’action.

« Ce congrès sera donc l’occasion de traiter des moyens d’affronter certains grands enjeux et conséquemment d’initier le renouvellement de l’action syndicale de la CSQ », a rappelé M. Parent.

Dans la planification et l’administration des affaires publiques, la société québécoise est affligée d’un gouvernement autoritaire et dogmatique qui agit en gestionnaire à la petite semaine. C’est à coup de bâillons, de valse-hésitation et de sondages que ce gouvernement procède. La Centrale aura donc à se montrer des plus vigilantes au cours de l’année 2006.
Education

En matière d’éducation, plusieurs dossiers retiendront l’attention de la Centrale au cours des prochains mois. La suite ininterrompue de réformes et de transformations qui a marqué cet univers depuis une dizaine d’années semble se poursuivre. Tous ces chambardements ont des effets majeurs dans les milieux de travail et sur la tâche du personnel de l’éducation. On leur demande sans arrêt de s’adapter, de s’ajuster aux demandes sans que le gouvernement fournisse les ressources et les moyens nécessaires à ces changements.

La CSQ s’est dotée, comme organisation, de différents outils pour suivre et analyser l’impact de ces modifications pour la société québécoise et pour ses membres. Dix ans après les Etats généraux sur l’éducation, un colloque se tiendra les 19 et 20 janvier prochain, à Québec, sur la réussite éducative.

Axé sur L’accès, la réussite et l’égalité : constats et perspectives d’avenir, ce colloque organisé à l’intention des membres de la CSQ se place dans une perspective critique et politique de la suite attendue des Etats généraux sur l’éducation. Ce colloque vise à garder au coeur des enjeux éducatifs et politiques la situation des élèves en difficulté et à favoriser le développement de pistes d’intervention sur les questions de l’accès, de la réussite et de l’égalité des chances. Il sera l’occasion pour les membres de la Centrale d’influencer le cours de la réflexion sur ces questions et d’élaborer un plan d’action en conséquence.
L’éducation postsecondaire souffre de sous financement au Québec. Alors qu’un sommet canadien sur ce sujet se dessine en ce début d’année, la CSQ continuera d’accorder une grande importance à ce dossier. La Centrale a fait plusieurs démarches au fil des ans pour réclamer le réajustement des transferts fédéraux dans ce secteur.

Les transferts fédéraux pour l’enseignement postsecondaire ont diminué par rapport à leur niveau de 1994-1995. Alors que ce montant représentait 10,6 milliards $ en 1994-1995, il représente aujourd’hui 8,4 milliards $. C’est un manque a gagné de 2,2 milliards $ et de plus de 4,4 milliards $ en tenant compte de l’augmentation de l’indice des prix à la consommation. En ce sens, la CSQ réclame, dans une première étape, que les transferts fédéraux soient ramenés, sans condition, à leur niveau de 1994-1995. Aussi, la CSQ demeure inquiète de la vision réductrice et simpliste, présentée par les dirigeants politiques, de la mission de l’éducation postsecondaire. Pour eux, le financement de cette activité est uniquement lié à la concurrence internationale, ce qui doit être dénoncé haut et fort.

« Cette vision ramène les discussions à des conditions strictement économiques et dévie l’éducation postsecondaire de sa mission première qui est de former des citoyennes et des citoyens éclairés et responsables. A la suite de l’élection, le prochain gouvernement fédéral devra réfléchir et être clair sur ses intentions en s’engageant dans ce dossier. Il devra faire plus qu’énoncer une simple promesse électorale. Il devra passer à l’action et rattraper le manque à gagner en matière des transferts fédéraux », a soutenu M. Parent.

Santé et services sociaux

Dans le domaine de la santé et des services sociaux, tous les éléments de la conjoncture amèneront la Centrale, encore cette année, à redoubler de vigilance et d’efforts pour contrer les élans de la privatisation. Que ce soit en raison des conséquences envisagées de l’arrêt de la Cour suprême dans l’affaire Chaouli ou des suites à donner au rapport Ménard, la CSQ continuera à faire valoir ses positions et à défendre un système de santé public, universel, accessible et gratuit.

Dans l’affaire Chaouli c. Québec, l’arrêt de juin dernier de la Cour suprême invalide deux dispositions législatives québécoises qui interdisent la possibilité de recourir à des assurances privées pour obtenir des soins de santé couverts par le régime public. Il s’agit d’un revers important pour les valeurs de solidarité et de justice sociale portées par le Québécoises et les Québécois. Cette décision défend les droits des mieux nantis au détriment des personnes qui n’ont pas la capacité de se payer des assurances privées.

Le gouvernement du Québec a obtenu un délai jusqu’en juin 2006 pour faire savoir comment il entend appliquer la décision de la Cour suprême. Le ministre de la Santé et de Services sociaux a déjà annoncé la tenue d’une commission parlementaire sur cette question pour le début de l’année.

« Le gouvernement Charest doit refuser tout compromis susceptible de favoriser le développement d’un système de santé à deux vitesses. Il doit tout mettre en oeuvre pour préserver un réseau accessible à l’ensemble de la population. Il est hors de question que le gouvernement crée deux classes de citoyennes et de citoyens , a mentionné M. Réjean Parent.

Centres de la petite enfance

L’année 2005 devait être, selon le gouvernement Charest, « l’Année de la famille ». Or, force nous est de constater qu’il n’en fût rien. Le gouvernement libéral a plutôt choisi de porter un coup dur au réseau des centres de la petite enfance avec sa loi 124. La CSQ dénonce à nouveau l’empressement arbitraire et l’entêtement idéologique qui ont motivé le gouvernement dans ce chambardement. Le réseau des centres de la petite enfance, qui fait l’envie de toutes les autres provinces canadiennes, avait fait ses preuves au cours des dernières années et absolument rien ne justifiait cette loi imposée sous le bâillon.

Même qu’une étude récente (octobre 2005) publiée par l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) démontre, une fois de plus, que la qualité des services de garde est meilleure dans les CPE, tant en installation qu’en milieu familial, qu’elle ne l’est dans les garderies privées et le milieu familial non régi.

« Contrairement aux objectifs de la mise sur pied du réseau québécois des CPE, la nouvelle loi du premier ministre et de la ministre de la Famille est empreinte d’une vision administrative et économique plutôt que démocratique et éducative. La Centrale des syndicats du Québec suivra de près la mise en place de cette loi et verra à s’assurer qu’aucun pas ne sera franchi vers la commercialisation des services de garde au Québec », a prévenu le président de la CSQ.

La Centrale des syndicats du Québec entend également suivre de manière assidue les développements entourant le dossier de l’eau et de sa privatisation. A ce sujet, le gouvernement et son ministre de l’Environnement restent toujours nébuleux lorsqu’ils sont questionnés sur le sujet et sur leurs intentions.

« Pour l’eau, qu’il s’agisse de sa propriété ou de sa gestion, comme dans bien d’autres secteurs d’activité, ce gouvernement est pour la vertu, mais il semble que ce soit celle du privé plutôt celle du bien commun », a souligné Réjean Parent.

Enfin, d’autres dossiers, tels que le projet de PPP pour l’autoroute 25, celui touchant le domaine de l’hébergement et des services offerts aux personnes âgées ou encore le projet de loi sur la protection de la jeunesse recevront l’attention de la CSQ.

Profil de la CSQ

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente 172 000 membres, dont près de 125 000 dans le secteur public. La grande majorité de ses membres travaillent dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

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/Renseignements: Annick Bélanger, Attachée de presse, CSQ,
(514) 235-5082/

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