MONTREAL, le 4 décembre 2005 - / LBR.ca / - / - Les pourparlers entre le gouvernement
et les porte-parole des travailleuses des syndicats CSN des centres de la
petite enfance tournent en rond. Deux questions restent à résoudre, mais la
partie gouvernementale ne démontre aucune volonté de faire progresser les
échanges. Concernant l’harmonisation des avantages sociaux, les négociations
sont au point mort malgré le dépôt chiffré des propositions syndicales. En ce
qui a trait à l’équité salariale, les représentants gouvernementaux ont limité
à zéro le temps consacré aux échanges malgré le fait que nous ayons déposé nos
évaluations sur l’ensemble des titres d’emploi concernés
« Le comportement du ministère de la Famille et du Conseil du trésor au cours des derniers mois, dans le dossier des CPE, est d’une constance alarmante. Les mandats qu’on dit publiquement donner aux négociateurs gouvernementaux n’ont, dans les faits, aucun écho à la table de négociation sur l’harmonisation des avantages sociaux ni dans les échanges sur l’équité salariale. D’un côté, lorsque la ministre Théberge parle devant les journalistes, c’est l’ouverture, l’appel à négocier. De l’autre, un seul mandat à ses représentants : s’assurer de faire du surplace. C’est un jeu qu’on ne peut qualifier que de « petit jeu », s’insurge Claudette Carbonneau, présidente de la CSN.
Voici le rappel des événements :
Le 14 juin dernier, à la suite d’une rencontre avec des représentantes et des représentants de la CSN, dont la présidente Carbonneau, la ministre indique qu’elle a besoin d’environ dix jours pour débloquer les mandats nécessaires à l’atteinte d’un règlement dont les grandes lignes avaient été tirées en discussions exploratoires entre les parties.
Une semaine plus tard, Mme Théberge indique que sa démarche auprès du Conseil du trésor a échouée mais qu’elle chargeait ses mandataires de poursuivre avec célérité les travaux afin de débloquer la situation.
Au début du mois de juillet, empressement oblige, la porte-parole patronale propose une prochaine rencontre pour aussi tôt que le 28 août. Aucune autre discussion formelle n’aura donc lieu durant l’été.
Le 31 août, devant l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations, nous rendons publique une proposition. Celle-ci indique que, dans le cas d’un règlement sur l’harmonisation des avantages sociaux et d’une entente sur l’équité salariale, nous nous engageons à soumettre aux travailleuses des CPE une entente de principe globale dont les paramètres généraux du règlement salarial seraient ceux obtenus par le secteur public. En contrepartie, nous demandons qu’on accélère les discussions sur les deux enjeux restants.
Bien que les parties conviennent de tenir six rencontres, entre la fin du mois de septembre et le 5 octobre, il devient rapidement évident qu’aucun déblocage n’est en vue sur l’équité et les avantages sociaux, et cela, bien que nous ayons indiqué que nous cherchions une entente concernant l’harmonisation des avantages sociaux qui soit à coûts zéro pour le ministère. A ce sujet le ministère fait valoir qu’il est incapable de quantifier le coût d’un éventuel règlement. Nous ferons le travail de recherche à sa place...et la preuve que nos demandes ne dépassent pas la hauteur des montants actuellement dévolus aux avantages sociaux pour l’ensemble des travailleuses que nous représentons.
Sous prétexte de faciliter les discussions sur les deux enjeux restants et, soi-disant, pour démontrer au Conseil du trésor que, de toute façon le coût total d’un règlement avec le secteur des CPE allait dépasser le cadre global qu’il se disait prêt à consentir au secteur public, la partie patronale nous demande de signer une entente de principe sur les taux d’augmentation générale des salaires. Nous acceptons en indiquant que cette entente ne serait soumise à nos membres que dans le cadre d’une entente globale. En clair, nous nous en tenons à la proposition que nous avions rendue publique en août.
Le 5 octobre, la ministre de la Famille annonce, de façon jubilatoire, la signature de cette entente et son intention, encore une fois, de tout faire pour accélérer l’atteinte d’un règlement global.
Depuis, une seule rencontre à la table de négociation. Elle s’est tenue à notre demande pour nous permettre de déposer le résultat de notre enquête interne sur les avantages sociaux. Réaction de nos vis-à-vis patronaux : un avis de réception.
Selon Jeff Begley, le ministère de la Famille et le Conseil du trésor n’ont qu’un objectif et c’est celui de retarder tout règlement global. « Depuis le début, ils n’ont fait que prendre ce qui leur convenait et aussitôt soutirer toute marge de manoeuvre à leurs mandataires. Cinq mois se sont écoulés au cours desquels nous aurions dû négocier intensivement. Et pourtant, nous n’avons pas avancé d’un centimètre sur les questions importantes. Le mépris doit cesser. Si on y met de l’application, nous pouvons régler la question des avantages sociaux en deux séances de négociations intensives. Cela nous permettrait d’aborder l’enjeu de l’équité salariale avec tout le sérieux qu’elle mérite. Mais, c’est vrai, la bonne foi doit être au rendez-vous », de souligner le vice-président de la FSSS-CSN.
Les travailleuses des CPE ont amorcé une campagne de sensibilisation auprès des parents et du public. Leurs représentantes se réuniront ce mois-ci pour déterminer comment elles déploieront leurs actions pour appuyer la négociation et obtenir enfin l’équité salariale.
La FSSS-CSN représente 8000 éducatrices, responsables en alimentation, conseillères pédagogiques, coordonnatrices, préposées à l’entretien et employées de bureau dans les centres de la petite enfance, soit plus de 90 % des travailleuses syndiquées des CPE et plus du tiers de l’ensemble des travailleuses du réseau.
· 30-
/Renseignements: Roger Deslauriers, Service des communications de la CSN,
(514) 598-2378; cel. : (514) 916-8041; Source : La Confédération des syndicats
nationaux - 4 décembre 2005/
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