Baie-Comeau, le 3 décembre 2008.- / LBR.ca / - Le président de la Conférence régionale des élus de la Côte-Nord, M. Georges-Henri Gagné, a présenté hier le mémoire de la CRÉ concernant la réalisation du complexe hydroélectrique sur la rivière Romaine, près de Havre-Saint-Pierre.
S’adressant aux commissaires du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), M. Gagné a affirmé que la connaissance des réalités du territoire de même que les recherches effectuées, ponctuées de la tradition régionale en matière de développement hydroélectrique, lui permettaient de conclure que les conditions étaient réunies pour la réalisation du projet au bénéfice des collectivités et communautés autochtones de la Minganie, de la Côte-Nord et de l’ensemble du Québec.
Pour la Conférence, le projet s’inscrit directement dans l’esprit de la Stratégie énergétique du Québec, présentée en mai 2006, qui prévoyait poursuivre le développement du potentiel hydroélectrique du Québec en ajoutant 4 500 MW, utiliser cette énergie comme levier de développement et accorder une plus grande place aux communautés locales et aux nations autochtones. Il rejoint aussi la volonté de la région en ce sens qu’il est souhaité par le milieu et acceptable au chapitre des impacts sur l’environnement.
Dans l’esprit du développement durable
Dans le mémoire déposé au BAPE, la CRÉ analyse le projet à travers les principes du
développement durable en soulignant l’équilibre nécessaire entre les plans social,
environnemental et économique. Elle pose également la question à savoir si l’hydroélectricité est une énergie renouvelable et propre, démontre que oui et qu’elle possède plusieurs avantages incomparables par rapport aux autres sources d’énergie.
Concernant la justification économique du projet, la Conférence indique que si, jusqu’à présent, la production énergétique québécoise a surtout visé à combler les besoins énergétiques du Québec, et que cette approche doit être maintenue, il est nécessaire que le Québec prenne un virage important pour tirer le maximum de la mise en valeur de cet « or bleu » que constituent les ressources hydrauliques. « Il faut développer davantage l’hydroélectricité au Québec, non seulement dans une optique de générer des revenus supplémentaires pour le Québec via l’exportation de la ressource, mais surtout pour assurer la sécurité, l’avenir et le développement durable du Québec. Il importe également qu’elle serve de puissant levier pour le développement des régions où se réalisent les projets hydroélectriques », a dit, sur ce point, M. Gagné aux commissaires.
Le mémoire de la Conférence présente aussi les retombées du projet au chapitre social dans une MRC dont les municipalités sont mono-industrielles et souvent dévitalisées, où le taux de chômage atteint 27 % et où les prévisions démographiques, comme pour l’ensemble de la Côte-Nord, n’annoncent rien de très encourageant. « Dans ce contexte, le projet de complexe hydroélectrique sur la rivière Romaine permettra de redynamiser la Minganie en favorisant un regain économique et des opportunités d’emplois de même qu’un retour en région de jeunes et d’anciens résidents », a affirmé M. Gagné.
La Côte-Nord partenaire
Sur les ententes conclues entre Hydro-Québec et la Minganie, les Innus de Nutashkuan, de La Romaine et de St-Augustin, que certains ont dénoncées, le président a rappelé que ces ententes étaient des conditions du milieu et avaient été négociées âprement par des gens tenant justement leur mandat de la population et négociant en son nom. Il a notamment mentionné que ces exigences du milieu n’étaient pas nouvelles, qu’elles auraient un effet bénéfique et structurant sur les collectivités de la Minganie et a même été plus loin en ajoutant qu’il n’y aurait plus de développement majeur sur la Côte-Nord sans que la région en soit réellement partenaire. « Les détracteurs de ces partenariats entre promoteurs et milieu d’accueil doivent comprendre que jamais plus la Côte-Nord n’acceptera que le développement du territoire se fasse par et pour les autres. Le temps où les régions servaient de garde-manger à tout le monde alors que ceux qui occupaient le territoire peinaient à se développer est bel et bien fini », a-t-il indiqué.
En conclusion, M. Gagné a affirmé que le projet Romaine bénéficiera à l’ensemble de la population québécoise qui pourra compter sur plus de moyens pour financer la santé, l’éducation, les programmes sociaux et soutenir son développement. Même chose pour l’énergie produite qui servira à subvenir à la croissance de la demande des industries québécoises et nord-côtières. Finalement, avec des retombées de 1,3 milliard $ sur la Côte-Nord et plus de 950 emplois pendant 11 ans, la région y trouvera son compte. « C’est un projet gagnant pour l’ensemble du Québec et il mérite de voir le jour », a conclu leprésident.
La Conférence régionale des élus de la Côte-Nord est l’interlocutrice privilégiée du gouvernement du Québec pour tous les sujets touchant le développement régional. Elle a pour mandats de concerter les intervenants de la région, de donner des avis au gouvernement et d’élaborer un plan quinquennal de développement. Sa mission est de défendre et promouvoir les intérêts de la Côte-Nord.
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