MONTREAL, le 4 mai /CNW Telbec/ - Au moment même où le gouvernement Charest, dont son ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, jongle avec l’idée d’ouvrir la porte encore plus grande au privé sous l’inspiration du rapport Castonguay, la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) souhaitent profiter de la Journée de l’infirmière et infirmier auxiliaire, qui a lieu le 5 mai, pour souligner la contribution des infirmières et infirmiers auxiliaires au maintien d’un système de santé public, accessible, gratuit et de qualité au Québec.
La présidente de la FSQ-CSQ, Mme Monique Bélanger, tient à rappeler au gouvernement Charest et au ministre Philippe Couillard que les infirmières et infirmiers auxiliaires sont fiers d’oeuvrer au maintien d’un système de santé public de qualité, dont l’offre de soins demeure accessible à l’ensemble de la population et ne dépend pas de la capacité de payer du patient pour y avoir droit.
« Avant de dépenser des fonds publics pour faire une plus grande place au privé dans notre système public de santé, le ministre de la Santé et des Services sociaux aurait plutôt intérêt à prendre des moyens concrets pour améliorer les conditions de travail de celles et ceux qui interviennent quotidiennement auprès des gens malades pour leur assurer qu’ils recevront les soins auxquels ils ont droit. Depuis la mise sur pied de notre système public de santé, ces travailleuses et travailleurs, dont les infirmières et infirmiers auxiliaires, ont joué un rôle de premier plan pour assurer la qualité des soins et ils continuent à le faire aujourd’hui », soutient Mme Bélanger.
Des solutions publiques pour améliorer le système de santé
Mme Monique Bélanger se dit convaincue que les solutions pour améliorer notre système de santé public ne passent surtout pas par le secteur privé.
« Les difficultés que connaît notre système de santé ne sont pas le fruit du hasard. Elles sont les conséquences de mauvaises décisions prises par des gouvernements qui ont justement décidé de regarder les soins de santé avec une approche comptable simpliste. Des milliers de travailleuses et travailleurs de la santé ont été incités à prendre leur retraite sous prétexte qu’on voulait faire des économies, sans que l’on se préoccupe des conséquences que ces départs massifs auraient sur la qualité des soins », déplore la présidente de la FSQ-CSQ.
L’erreur du gouvernement Charest
Mme Bélanger ajoute que le gouvernement Charest commet lui aussi une erreur en pensant pouvoir améliorer le système actuel en recourant au privé, tout en continuant d’imposer à de nombreux travailleuses et travailleurs de la santé des conditions de travail inhumaines.
« Comment se fait-il que ce même gouvernement qui prétend ne pas avoir la marge de manoeuvre financière nécessaire pour améliorer les conditions de travail des travailleuses et travailleurs de la santé, dont les infirmières et infirmiers auxiliaires, trouve de l’argent lorsqu’il s’agit de payer le secteur privé ? Qu’attend le gouvernement pour accorder aux établissements de santé les budgets nécessaires afin de réduire de façon significative la précarité d’emploi qui affecte un grand nombre d’infirmières et infirmiers auxiliaires ? », dénonce Mme Bélanger.
Un travail quotidien exceptionnel
Pour sa part, la vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot, tient elle aussi à souligner le travail quotidien exceptionnel accompli par les infirmières et infirmiers auxiliaires.
« Pour plusieurs, les conditions d’exercice sont loin d’être faciles et ils sont malheureusement souvent obligés de pratiquer une profession qu’ils aiment en occupant pendant plusieurs années un poste à temps partiel occasionnel, faute de se voir offrir mieux. C’est extrêmement décevant de constater qu’un gouvernement puisse s’entêter à ne pas mieux traiter des travailleuses et travailleurs qui font face chaque jour à d’importantes responsabilités dans nos établissements de santé », constate Mme Chabot.
Une invitation au ministre de la Santé
La vice-présidente de la CSQ profite donc de la Journée de l’infirmière et infirmier auxiliaire pour interpeller une fois de plus le ministre Philippe Couillard, afin qu’il considère sérieusement les nombreuses propositions faites par la CSQ et la FSQ-CSQ pour améliorer l’organisation du travail dans les établissements de santé.
« Le Québec est sorti d’une époque où nos parents et grands-parents devaient s’endetter jusqu’à faire faillite pour avoir droit à des soins de santé, parce qu’il n’existait justement pas de système public. Encore aujourd’hui, plus de la moitié des faillites personnelles aux Etats-Unis sont reliées aux coûts des services de santé. Voulons-nous vraiment retourner à cela ? Le gouvernement aurait donc intérêt à fermer une fois pour toutes la porte au secteur privé et à travailler concrètement pour améliorer notre système public auquel tient la grande majorité de la population », rappelle Mme Chabot.
Une contribution justement reconnue
La présidente de la FSQ-CSQ, Mme Monique Bélanger, et la vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot, terminent en souhaitant aux infirmières et aux infirmiers auxiliaires de pouvoir travailler encore longtemps au sein d’un système de santé public amélioré, où leur contribution importante aura été reconnue à sa juste valeur par des conditions de travail plus humaines.
Profils de la CSQ et la FSQ-CSQ
La CSQ représente quelque 160 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public. La FSQ-CSQ représente près de 7000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et puéricultrices travaillant dans des établissements de tous les secteurs de la santé : CHSLD, CH, CLSC, centres de réadaptation, dispensaires, régies régionales, établissements privés conventionnés et Héma-Québec.
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/Renseignements: Claude Girard, Agent d’information CSQ, Tél. cell.:
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