Chicoutimi, le 11 mai 2007 – / LBR.ca / - L’Union québécoise des infirmières et infirmiers (UQII), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), et le Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ) profitent de la Journée internationale de l’infirmière, qui aura lieu demain le 12 mai, pour déplorer qu’en cette journée qui devrait être spéciale pour les 69 000 infirmières et infirmiers du Québec, ça ne soit malheureusement pas le cas parce qu’il n’y a pas de quoi fêter.
La présidente de l’UQII, Mme Monique Bélanger, déplore qu’au cours des dernières années, les conditions d’exercice de la profession d’infirmière et d’infirmier se soient considérablement dégradées, à la fois pour les jeunes qui débutent aussi bien que pour celles et ceux qui sont plus âgés ou qui approchent de la retraite.
« Il est extrêmement décevant que dans une société où la majorité de la population s’entend pour faire de la santé la grande priorité, opinion partagée également par le premier ministre et le chef de l’opposition officielle, que le personnel qui œuvre dans ce secteur, dont les infirmières et les infirmiers, doit continuer de le faire en subissant des conditions de travail déplorables », fait remarquer Mme Monique Bélanger.
Une crise plus grave appréhendée
La porte-parole syndicale soutient que si le gouvernement du Québec et les directions des établissements de santé ne prennent pas des moyens énergiques pour mettre fin à la grave déshumanisation des conditions de travail dans ce secteur, notre système de santé se dirige vers une crise encore plus grave que celle qu’il traverse actuellement.
« Le problème fondamental de notre système de santé est la pénurie de personnel. Le ministère de la Santé et des Services sociaux évalue qu’il manque actuellement 2800 infirmières et infirmiers dans le réseau pour dispenser les soins à notre population. Pire encore, d’ici 2015, ce sont 40 000 infirmières et infirmiers que nous devrons embaucher pour assumer, entre autres, le départ à la retraite de près de la moitié du personnel. Cela ne sera donc possible qu’à la condition que l’on revalorise la profession d’infirmière et d’infirmier, autant pour attirer une relève que pour garder à l’emploi celles et ceux qui y sont déjà », mentionne la présidente de l’UQII, Mme Monique Bélanger.
Le sérieux risque de la privatisation
Pour sa part, la présidente du SIISNEQ, Mme Nathalie Savard, déplore la solution simpliste, évoquée par certains politiciens, de recourir à une plus grande privatisation pour prétendument améliorer l’accessibilité aux soins de santé et la qualité des services, alors qu’un tel recours n’entraînera aucun ajout de personnel supplémentaire.
« Une plus grande ouverture au privé ne ferait qu’aggraver la pénurie de personnel dans notre système public de santé, alourdissant par le fait même un fardeau de tâche qui est déjà trop pénible et qui décourage plusieurs infirmières et infirmiers de continuer dans cette profession. Ce n’est pas le fait que notre système soit public qui engendre les problèmes actuels d’accessibilité aux soins, mais la dure réalité de la pénurie de personnel qui affecte l’ensemble des catégories d’emplois », précise Mme Savard.
Un appel aux chefs politiques en faveur du système public
La présidente du SIISNEQ presse donc le premier ministre Jean Charest et les chefs des partis d’opposition, Mario Dumont et François Gendron ( par intérim), de renoncer une fois pour toutes à la tentation de la privatisation pour prendre une position claire en faveur d’un système public de santé renforcé.
« Dans le contexte actuel d’un gouvernement minoritaire, les infirmières et les infirmiers, comme l’ensemble du personnel de la santé, comptent sur les partis de l’opposition pour qu’ils usent de leur influence afin de convaincre le gouvernement Charest d’adopter enfin des mesures concrètes pour améliorer les conditions de travail. Si l’on ne réussit pas rapidement à rendre la profession d’infirmière et d’infirmier plus humaine, alors tout effort d’attraction et de rétention en emploi sera pratiquement inutile », explique Mme Nathalie Savard.
Une grave erreur qu’il faut corriger
La présidente de l’UQII, Mme Monique Bélanger, et la présidente du SIISNEQ, Mme Nathalie Savard, plaident donc en faveur de la manifestation par les trois chefs politiques à l’Assemblée nationale d’un net préjugé en faveur du renforcement de notre système public de santé.
« Notre système public se trouve dans l’état actuel parce qu’on a cru faussement qu’on pouvait le priver, par l’encouragement auprès du personnel à la prise de retraites anticipées, de précieuses ressources humaines. Ce fut une grave erreur, qui a mené à la dégradation des conditions de travail de celles et ceux qui sont demeurés au travail, qu’il faut corriger en revoyant le contexte intenable dans lequel les infirmières et les infirmiers exercent leur profession », concluent Mmes Bélanger et Savard.
En terminant, les deux porte-parole syndicales tiennent à saluer l’ensemble des infirmières et infirmiers du Québec à l’occasion de cette journée spéciale et à les remercier pour le dévouement exceptionnel dont elles continuent de faire preuve malgré les conditions dans lesquelles elles doivent exercer leur profession.
Profils du SIISNEQ , de la CSQ , et de l’UQII
Le Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ) représente 1200 infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes des régions du Saguenay-Lac-St-Jean, de la Côte-Nord, de la Basse Côte-Nord et du Nord du Québec. La Centrale des syndicats du Québec représente environ 175 000 membres, dont la grande majorité dans le secteur public. L’UQII représente près de 7000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et puéricultrices travaillant dans des établissements de tous les secteurs de la santé : CHSLD, CH, CLSC, centres de réadaptation, dispensaires, régies régionales, établissements privés conventionnés et Héma-Québec.
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Renseignements : Claude Girard
Attaché de presse CSQ
Tél. cell. : 514 237-4432
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