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Politique du médicament

Une bonne nouvelle... pour rendre plus acceptables les gains de l’industrie pharmaceutique
2007-02-01 16:07 - Communiqué de presse

MONTREAL, le 1er février 2007. - / LBR.ca / - La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) accueille positivement l’annonce par le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, M. Philippe Couillard, d’étendre la gratuité complète des médicaments à un plus grand nombre de Québécoises et de Québécois se trouvant dans une situation de vulnérabilité financière, en même temps qu’elle s’inquiète de constater que le ministre a cédé aux volontés des compagnies pharmaceutiques.

La vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot, reconnaît que l’annonce du ministre est une bonne nouvelle, mais elle affirme également que dans un avenir rapproché cette gratuité devra s’étendre à l’ensemble des personnes vivant sous le seuil de la pauvreté.

De même, la porte-parole de la CSQ approuve la volonté du ministre d’accroître l’utilisation optimale du médicament. « Cet axe de la politique constitue la seule avenue prometteuse digne d’une véritable politique de santé. Car pour le reste, il est déplorable de constater que la politique dévoilée aujourd’hui ressemble plus à une politique de développement économique, au profit de l’industrie pharmaceutique, plutôt qu’à une politique de santé », explique Mme Chabot.

« La CSQ recommande au gouvernement d’élaborer, dès maintenant, des cadres de référence et des protocoles de pratiques pour la mise en oeuvre rapide des mesures d’utilisation optimale des médicaments. En effet, la transmission de l’intention thérapeutique, l’envoi de profils de prescription et la révision de la médication constituent des pratiques largement documentées et éprouvées comme étant pertinentes et efficaces », soutient la porte-parole syndicale.

Une politique du médicament... à saveur économique

Dans le même esprit, la CSQ s’interroge fortement sur la présence, à l’intérieur de la politique du médicament, d’un chapitre complet consacré au maintien d’une industrie pharmaceutique dynamique au Québec.

« Que vient faire un tel volet dans une politique de santé ? Poser la question, c’est y répondre. Il est évident que la politique du médicament a été largement concoctée dans les officines du ministère du Développement économique autant que dans celles du ministère de la Santé et des Services sociaux. D’ailleurs, la preuve est que le ministre de la Santé a procédé à son annonce en s’assurant d’avoir à ses côtés le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, M. Raymond Bachand », mentionne Mme Chabot.

Des gains pour l’industrie pharmaceutique

La vice-présidente de la CSQ ajoute que ce volet de la politique pousse même l’odieux jusqu’à proposer la mise en place d’un forum permanent d’échanges entre le gouvernement et l’industrie inspiré par la pratique dans l’industrie pétrochimique et métallurgique. Ce forum serait mandaté pour maintenir l’équilibre entre les politiques de santé et le développement économique ! Comment le ministre de la Santé peut-il accepter de soumettre des politiques publiques de santé à de vulgaires règles économiques du marché ? », dénonce la porte-parole syndicale.

Par ailleurs, la CSQ s’insurge que le ministre ait cédé aux pressions des compagnies pharmaceutiques en mettant fin au gel des prix des médicaments brevetés, tout en continuant d’accorder à cette industrie la garantie d’achat privilégié de leurs produits pendant 15 ans, au détriment de l’industrie générique dont les coûts sont moindres.

« Le ministre soutient que dans la majorité des cas, l’augmentation des coûts ne s’élèvera pas au-dessus de l’inflation. Mais si cela s’avère, ce sont les utilisateurs qui devront payer la différence. Ces mesures sont tout à fait contraires à une saine gestion de contrôle des coûts. C’est plutôt un système de prix de référence, des règles d’achat au plus bas prix et des règles d’utilisation accrue de médicaments génériques en fonction du rapport à la qualité, de même que des mesures de plafonnement des prix, que Québec aurait dû adopter », mentionne Mme Chabot.

Une politique qui a manqué de courage

En conclusion, la CSQ demeure convaincue que le Québec aurait été en droit de s’attendre à une attitude politique plus courageuse à l’égard de l’industrie pharmaceutique dans l’adoption de sa politique du médicament.

« Des politiques reconnues telles que le prix de référence, une politique du plus bas prix, une preuve d’efficacité thérapeutique pour le remboursement, une gestion rigoureuse de la liste de médicaments remboursables et la formation publique des médecins n’ont malheureusement pas inspiré le gouvernement. De toute évidence, le rapport de force entre l’industrie pharmaceutique et la santé publique est inégal », constate Mme Chabot.
Au nom de la CSQ, Mme Louise Chabot réitère sa conviction qu’un régime d’assurance médicaments entièrement public serait la voie la plus sûre pour garantir l’accessibilité aux médicaments.

Profil de la CSQ

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente près de 172 000 membres, dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

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/Renseignements: Claude Girard, Attaché de presse CSQ, cell.: (514)
237-4432/

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