Cette lettre n’a pas pour but de condamner des gens, mais d’essayer d’améliorer les choses en mettant fin à des situations inhumaines de ce genre.
2007-01-09 08:53 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Bonjour,
Je suis originaire du Lac-St-Jean et je demeure à Québec depuis une dizaine d’années maintenant. Je voudrais vous faire part d’une situation que j’ai vécue durant mon dernier séjour chez vous. Durant les vacances des fêtes, mon petit garçon de 8 mois est tombé malade. Cela semblait être une gastro-entérite qui semblait normale lorsque nous avons constaté que cela ne s’améliorait pas du tout même après 5 jours. Mon bébé était donc dans une situation où il devait absolument être vu par un médecin (selon l’avis de deux infirmiers). Très inquiets, nous sommes donc allés le matin à Alma, dans le but d’obtenir une place à la seule clinique de sans rendez-vous de la région. Dès notre arrivée, on nous a appris que nous ne pouvions pas obtenir de rendez-vous à cette clinique car nous n’avions pas de médecin de famille appartenant à celle-ci. De plus, contrairement à ce que m’ont confirmé les infirmiers d’info-santé, à cette clinique de sans rendez-vous, il fallait prendre un rendez-vous le matin dès l’ouverture. Quelle était la seule option possible à ce moment ? : L’urgence.
C’est à ce moment que le cauchemar commença…
À notre arrivée à l’urgence, à 13h, nous avons attendu une heure afin de nous faire « trier » parmi les patients qui s’étaient présentés et qui continuaient de se présenter. C’est alors que l’infirmier examina mon bébé et jugea son cas dans la catégorie 4 sur une échelle de 5. Il me dit alors que c’était important qu’il voit un médecin mais qu’il ne pouvait pas lui donner une autre « note » que celle là même si plusieurs signes de déshydratation étaient présents. À ce moment, je savais très bien que mon bébé n’était pas à l’article de la mort, mais je devais le faire voir par un médecin, je n’avais pas le choix. Nous nous sommes donc dirigés dans la salle d’attente.
Chaleur insupportable, salle bondée de gens malades et d’enfants qui pleurent et qui se promènent de bras en bras.
Mon petit bonhomme a une diarrhée, premier changement de couches à l’urgence. La salle de bain n’est pas équipée pour les bébés, bon d’accord on se débrouille. Il pleure, il a chaud, il faut sans cesse le promener dans le corridor pour faire cesser ses pleurs. À côté de moi, des gens épuisés qui sont là depuis le matin. Un autre petit bébé malade qui ne cesse de tousser et manque s’étouffer à chaque fois. Deuxième changement de couches. Je dois envoyer ma mère acheter des pyjamas car ceux que nous avons apportés sont maintenant tous souillés. Pleurs, chaleur…Ça y est, mon petit homme ne va vraiment pas bien, il vomit. J’en ai partout, je suis complètement trempée. Je demande de l’aide, des serviettes, quelque chose ! Après 15 minutes, une infirmière me donne trois débarbouillettes en restant bien de son côté de la vitre. Il est alors quelle heure ? Je n’en sais rien, je ne sais plus, le temps s’est arrêté lorsque je suis entrée ici. Je suis comme une zombie, je n’ai plus d’énergie et je m’inquiète de plus en plus pour mon bébé qui s’affaiblit et qui devient de moins en moins patient. Il doit être 17h. Et ça continue… Pleurs, diarrhée, vomissements… jusqu’à 21h30 où l’on rencontre un médecin.
Il l’examine et décide de le garder en observation dans une chambre (avec deux autres patients). Et ça recommence. Mon bébé crie maintenant. Ça dure encore trois autres heures. Les infirmières nous laissent dans cette chambre, sans suivi. À minuit, nous sommes allés supplier afin que le médecin vienne nous voir. À 1h du matin, il nous donne notre congé avec quelques conseils de réhydratation et il nous dit de revenir le lendemain si ça continuait à s’aggraver.
Douze heures, cela aura duré douze heures…
Je me disais que toutes les urgences devaient être comme ça. En réalité, pas du tout. J’ai m’appris (de sources sûres, j’ai fait des recherches) que ce n’était pas du tout le cas.
Comment peut-on faire attendre de si petits enfants pendant douze heures dans des conditions pareilles ? J’avoue que cela me dépasse complètement.
Cela fait maintenant quatre jours et je pleure encore lorsque j’y repense. J’essaie de me dire que c’était un mauvais rêve, sûrement un cauchemar…