SAGUENAY, le 3 octobre 2006. - / LBR.ca / - Trois mois après qu’environ 35 000 pétitionnaires aient demandé que l’on réduise les longs délais de réponse des ambulanciers-paramédics en région, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) fait toujours la sourde oreille, alors que les besoins sont criants. C’est pourquoi le Rassemblement des employés techniciens ambulanciers-paramédics du Québec (RETAQ), l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH) et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) lancent un nouvel appel au ministre Philippe Couillard pour l’amélioration des services préhospitaliers.
Une proposition pour réduire les temps de réponse
Une proposition syndicale réaliste ayant pour effet de réduire les temps de réponse existe et permettrait d’améliorer significativement les services. Par conséquent, cette relance auprès du ministre, qui fait suite à une campagne de sensibilisation amorcée au printemps, constitue la première d’une série d’actions prévues au cours de l’automne visant à interpeller le ministre sur l’importance d’agir rapidement. Dans une dizaine de régions, des ambulances vont circuler avec des affiches arborant le thème « Pour réduire les délais de 6 à 10 minutes, transformons les horaires ».
Urgence d’agir
Au cours des derniers mois, des victimes d’accident mortel auraient pu voir leur chance de survie accrue si les paramédics avaient été dans leurs ambulances plutôt qu’en faction à leurs domiciles, ajoutant de précieuses minutes aux délais d’intervention. En mai, le maire de Granby a craint pour sa vie alors que, pris d’un malaise nécessitant des soins d’urgence, il a dû patienter 25 longues minutes avant l’arrivée de l’ambulance. C’est que les paramédics de Waterloo, appelés à remplacer ceux de Granby occupés par d’autres appels, sont aussi affectés à des horaires de faction.
Un système inefficace dans plusieurs régions
Ce système d’horaires oblige les paramédics à être disponibles à leurs domiciles, 24 heures sur 24, jusqu’à sept jours consécutifs, plutôt que d’être dans leurs véhicules prêt à intervenir. Dans les localités où subsistent de tels horaires, ils doivent d’abord se diriger vers leur caserne pour aller chercher leurs ambulances, située dans un rayon de cinq minutes de leurs domiciles, avant de se rendre sur le lieu d’un appel. Une dizaine de minutes, et même beaucoup plus, sont ainsi ajoutées au délai normalement requis, qui est de huit minutes dans les grands centres urbains et de quinze minutes dans les zones urbaines et semi-urbaines. Ce délai ne tient pas compte de l’état des routes ni des tempêtes de neiges ou du verglas. Une cinquantaine de localités sont actuellement aux prises avec ce genre de situation qui entraîne des délais inutiles et coûteux pour la santé et la qualité de vie des personnes en détresse.
Rejet d’une proposition d’amélioration des services
Depuis mars dernier, le RETAQ et l’ATPH mènent une campagne d’information et de sensibilisation sur cette question des délais d’intervention en région. Des affiches, des pancartes, des lettres d’appui de même que des pétitions ont circulé pendant près de trois mois, sans compter plusieurs représentations faites auprès des autorités locales et régionales. Cette campagne a culminé par le dépôt d’une pétition à l’Assemblée nationale, en juin, pour demander que le MSSS prenne les mesures nécessaires pour réduire les délais de réponse. Une proposition syndicale ayant pour effet d’accroître de façon significative les services à la population dans 55 localités a d’ailleurs été développée. Elle impliquerait la transformation d’horaires de faction en horaires stables, soit un investissement d’au plus 7 millions de dollars annuellement, ce qui est peu en regard du nombre de localités qui pourraient en bénéficier. Cette proposition prévoit, du même coup, la mise en place d’une gestion dynamique des ressources ambulancières, qui suppose une planification rigoureuse de la disponibilité des équipes de paramédics de même que de leurs déplacements selon le niveau et la durée des interventions.
Le ministre doit rencontrer les représentants syndicaux
Jusqu’à maintenant, le MSSS n’a jamais rencontré les représentants syndicaux ni cherché à voir et à analyser la proposition syndicale dans son ensemble. Le ministre avait invoqué, en juin, la négociation des conventions collectives alors en cours pour justifier une fin de non-recevoir. « Or la convention collective provinciale des paramédics étant maintenant réglée, il faut que le ministre intervienne rapidement pour mettre fin à l’iniquité entre les régions et permettre à la population d’obtenir des services auxquels elle est en droit de s’attendre « , constate Jeff Begley, vice-président responsable de la coordination de la négociation du secteur privé de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).
Le RETAQ et l’ATPH représentent plus de 3000 paramédics, employé-es de soutien, répartitrices et répartiteurs dans toutes les régions du Québec, dont 180 au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ils sont affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), qui compte au-delà de 110 000 membres oeuvrant en grande partie dans le réseau de la santé et des services sociaux. Pour sa part, la Confédération des syndicats nationaux regroupe plus de 300 000 membres parmi ses syndicats affiliés.
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/Renseignements: François Forget, Information-CSN, (514) 919-3241; Yves Coderre, responsable de l’information du RETAQ-CSN, (514) 795-0582; Source:
Confédération des syndicats nationaux (CSN)/
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