MONTREAL, le 20 février 2006. - / LBR.ca / - La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) déplore l’absence d’une vision plus large et d’une réelle analyse des problèmes vécus par les familles émanant du projet de loi 125. Il serait illusoire de croire que le simple fait d’imposer des « durées maximales de placement », pour les enfants en besoin de protection, suffira a enrayer la détresse vécue par un trop grand nombre d’entre eux. Quand on sait que 42 % des enfants suivis par la protection de la jeunesse viennent de familles dont les revenus annuels sont inférieurs à 12 000 $, il est clair que la lutte à la pauvreté devrait être la cible prioritaire si on cherche véritablement à les protéger. D’ailleurs, les nouveaux critères visant à définir la négligence, introduits dans le projet de loi, laissent perplexe : « lorsque les parents d’un enfant (...) ne répondent pas à ses besoins fondamentaux, en ne lui assurant pas l’essentiel de ses besoins d’ordre alimentaire, vestimentaire, d’hygiène ou de logement ». Si on considère que 71 % des ménages québécois ayant des revenus inférieurs à 10 000 $ consacrent plus de 60 % de leur revenu au paiement du loyer, on peut sérieusement se demander comment ils font pour assurer l’essentiel des besoins de leurs enfants !
C’est ce mardi, 21 février, que la Fédération présentera son mémoire devant la commission chargée d’étudier le projet de loi 125. Il y sera notamment question des préjugés qui peuvent parfois teinter les décisions prises à l’endroit des familles monoparentales en situation de pauvreté. En effet, lorsqu’il est question de choisir le meilleur milieu de vie possible pour un enfant, comment une jeune mère monoparentale, assistée sociale et sous-scolarisée, peut-elle rivaliser avec un couple qui a satisfait aux critères élevés pour les familles d’accueil en « banque mixte » ? Bien sûr, la FAFMRQ reconnaît l’existence de situations d’abus et de négligence extrême où des mesures de protection doivent rapidement être prises pour l’enfant, incluant le retrait de son milieu familial. Cependant, le projet de loi demeure imprécis sur l’aide que l’on entend accorder aux parents avant que ceux-ci ne se voient affubler d’un jugement de déchéance parentale.
Il apparaît clairement qu’une simple réforme de la Loi sur la protection de la jeunesse, surtout si l’opération se borne à stigmatiser encore davantage des familles déjà fragilisées par la pauvreté et l’isolement, ne saurait garantir le mieux-être des enfants. Sans la mise en place de mesures de protection sociale visant une réelle élimination de la pauvreté, trop d’enfants et de familles continueront d’expérimenter un mal de vivre aussi révoltant qu’inutile.
Le texte complet du mémoire de la FAFMRQ est disponible au : www.cam.org/fafmrq
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/Renseignements: Sylvie Lévesque, (514) 729-6666 ou cellulaire :
(514) 710-6661/
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