MONTREAL, le 30 janvier 2006. - / LBR.ca / - L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) et le Groupe de travail provincial sur la problématique du poids (GTPPP) diffusent aujourd’hui un important rapport qui présente cinq recommandations à mettre en oeuvre au Québec afin de contrer l’obésité. L’ASPQ et le GTPPP font ces cinq recommandations au moment où le Québec doit se positionner face à la problématique de l’obésité et déterminer les mesures qu’il compte mettre en oeuvre. Les cinq recommandations sont les suivantes :
1. Implanter des politiques alimentaires en milieu de garde et scolaire;
2. Intensifier la modification de l’environnement physique et social pour favoriser un mode de vie plus actif;
3. Procéder à la révision de la réglementation sur la publicité destinée aux enfants;
4. Instaurer une réglementation sur les produits, services et moyens amaigrissants;
5. Etablir de nouvelles règles pour le financement de la recherche sur les problèmes reliés au poids.
Depuis sa mise en place par l’ASPQ en 2000, le GTPPP se penche sur les solutions environnementales à apporter afin de contrer l’obésité. Suite à cinq années de travail, le GTPPP conclu à ces cinq recommandations, ciblées sur la base de leur caractère prometteur ou encore parce qu’elles s’avèrent relativement faciles et peu coûteuses à implanter, mais également parce que certaines d’entre elles bénéficient d’un vent favorable dans la population. En effet, ces cinq recommandations reposent sur des données scientifiques ainsi que sur un sondage réalisé auprès de 1000 Québécois qui démontre que la population est préoccupée par l’obésité, qu’elle cible le manque d’activités physiques et la malbouffe comme principaux responsables du problème et qu’elle est favorable à la mise en place de mesures visant à réduire ou prévenir l’obésité.
Le GTPPP considère que tous les acteurs de la société doivent se mobiliser pour intervenir sur le problème. En plus des cinq recommandations prioritaires, le document fait état des actions que peuvent poser divers secteurs de la société, par exemple le milieu municipal, le milieu scolaire, les ordres professionnels, le milieu de la recherche en plus du gouvernement et de divers ministères. Les milieux de l’agroalimentaire, des médias et de la publicité sont également ciblés comme des secteurs où de nombreuses actions peuvent être mises de l’avant.
Implanter des politiques alimentaires en milieu de garde et scolaire
En milieu de garde comme en milieu scolaire, la création d’un environnement alimentaire sain, élément indispensable pour la santé des enfants et des adolescents, passe par la mise en place d’une politique alimentaire adaptée à chaque milieu. Une telle politique aurait plusieurs composantes et son application serait rendue possible par un partenariat entre les différents milieux concernés. En offrant une alimentation variée et de qualité aux enfants et adolescents québécois, on s’assurera d’un effet bénéfique sur leur santé. La population serait vraisemblablement favorable à une telle mesure comme le démontre le sondage où l’élimination du fast-food et des boissons gazeuses des écoles reçoit un appui de 92%.
Intensifier la modification de l’environnement physique et social pour favoriser un mode de vie plus actif.
Un mode de vie actif est un élément essentiel d’une bonne santé. Cependant, dans notre société automatisée et développée sur mesure pour l’automobile, la dépense d’énergie est réduite au minimum et il est difficile, voire dangereux, d’effectuer des déplacements à pied ou à vélo. Bien qu’une visite quotidienne au centre sportif puisse être bénéfique, ce n’est pas une mesure possible ou souhaitable pour tous. Ainsi, il importe d’orienter le développement de l’environnement physique de nos villes, de nos quartiers, de nos rues et de nos édifices afin d’augmenter la dépense en énergie à l’intérieur de la routine quotidienne. Manifestement, les Québécois sont prêts à investir dans leur santé. Même si construire des voies réservées pour l’utilisation du vélo nécessiterait une augmentation des impôts de 50$, cette mesure est appuyée à 64% selon le sondage.
Procéder à la révision de la réglementation sur la publicité destinée aux enfants
La Loi sur la protection du consommateur comporte deux articles qui interdisent au Québec la publicité à but commercial destinée à des personnes de moins de 13 ans. On possède donc une longueur d’avance en matière de protection des enfants, mais pour être vraiment efficace, la réglementation doit disposer de règles d’application qui assurent une réelle protection. Or, quelques-unes de ces règles, par exemple celles qui définissent un produit ou une émission destinés aux enfants, semblent trop souples pour garantir cette protection. Une révision s’impose.
Instaurer une réglementation sur les produits, services et moyens amaigrissants
Dans un contexte où l’obésité s’accroît, la population doit pouvoir compter sur des solutions sécuritaires et éprouvées scientifiquement afin de perdre ou de contrôler son poids. Il n’est pas opportun de la laisser gaspiller sa santé et son argent en expérimentant des solutions frivoles. Les produits, services et moyens amaigrissants offerts au Québec doivent faire l’objet d’un encadrement plus judicieux, car ils sont actuellement contrôlés de la même façon que la plupart des biens de consommation et plusieurs dimensions relatives à leur utilisation ne font l’objet d’aucun encadrement.
Établir de nouvelles règles pour le financement de la recherche sur les problèmes reliés au poids
L’obésité est une problématique multifactorielle qui nécessite d’explorer des solutions en dehors du cadre traditionnel de la recherche en santé. Une approche interdisciplinaire en recherche s’avère cruciale pour mieux comprendre et intervenir de façon efficace et ainsi éviter les effets nuisibles ou préjudiciables potentiels. En face d’un champ de recherche non traditionnel et de la nécessité de favoriser les partenariats, une ouverture sera requise de la part des organismes subventionnaires pour assouplir certaines règles de financement.
On peut télécharger le document intitulé Les problèmes reliés au poids au Québec : un appel à l’action du site de l’ASPQ : www.aspq.org.
L’ASPQ est un regroupement autonome, multidisciplinaire et sans but lucratif qui contribue à la promotion, à l’amélioration et au maintien de la santé et du bien-être de la population québécoise.
Le GTPPP, groupe multidisciplinaire réunissant des acteurs du milieu scientifique, gouvernemental, communautaire, universitaire et de la santé publique, a pour but de développer une approche des problèmes reliés au poids et de proposer des actions pour réduire leur fréquence et prévenir leur augmentation. En 2003, le GTPPP a présenté sa vision dans un document intitulé Les problèmes reliés au poids au Québec : un appel à la mobilisation. Avec le rapport Les problèmes reliés au poids au Québec : un appel à l’action, le GTPPP réalise la seconde partie de son mandat et fait cinq recommandations à mener de façon urgente dans la société québécoise afin de contrer l’obésité.
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/Renseignements: Véronique Sauriol, agente de communication,
(514) 528-5811 poste 232, Cellulaire: (514) 824-8490, vsauriol@aspq.org/
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