Le malaise provoqué
J'ai une manie bien étrange... Je ne peux m’empêcher de créer des malaises quand je parle à des inconnus, c’est plus fort que moi. Hier, je vais au club vidéo (qu’on devrait maintenant appeler club-DVD); le commis, de toute évidence débutant (je ne suis pas Sherlock Holmes, mais son badge l’indiquait plus que bien), prend mes films, les entre dans son ordinateur, me demande mon NIP et tout le tralala… Oh, surprise!
« Monsieur, je suis désolé je ne peux vous louer de films, vous avez trois retards impayés »
-heu de quessé?
« Voyez-vous, votre compte indique que vous avez rapporté Aloha Scooby-Doo, Scooby-Doo et les monstres en liberté et Scooby-Doo et la cybertraque en retard d’une journée »
-Merde! Et j’imagine que j’ai également un retard sur Scooby-Doo comble les insatiables suceuses 2 ?
« Pardon? »
-Laissez faire, combien je dois payer?
« Ben c’est 71 sous par film pour un total de 2,13$ »
-Et je peux étaler mes paiements sur combien de mois?
« Heu… »
C’est précisément à ce moment que son « helper » s’est esclaffé de rire et s’est joyeusement payé la tête de son tout nouveau copain de travail en formation.
J’en rajoute
C’est vraiment plus fort que moi, je ne peux m’empêcher de jouer au pince-sans-rire et me payer la tête des gens même quand je suis seul et que personne n’est là pour en rire, en voici un autre exemple :
Un gamin, qui selon la voix, ne devait avoir plus de 10 ou 11 ans, téléphone chez nous :
« Bonjour, qui parle? »
-C’est toi…
« Heu, est-ce que Antoine est là? »
-Non, tu t’es trompé de numéro mon bonhomme!
Il raccroche rapidement et rappelle…
« Heu, est-ce que Antoine est là? »
-Non, tu t’es encore trompé de numéro mon bonhomme!
Encore une fois, il raccroche rapidement et rappelle…
« Heu, est-ce que Antoine est là? »
-Y’est pas plus là que depuis la dernière fois que t’as appelé…
Il raccroche rapidement et rappelle, mais n’a pas le temps de dire un seul mot que je lui demande…
-Heu, est-ce que Antoine est là?
« Heu non… »
-Ben y’est pas ici non plus, alors arrête d’appeler et vérifie ton numéro mon gars!
Le pauvre gamin n’a pas rappelé, mais le sanglot dans sa voix semble l’avoir traumatisé du téléphone pour de bon…
Je persiste
Une téléphoniste m’appelle pour un sondage sur les magasins Brick.
« Bonjour monsieur, je me nomme Shania et je travaille pour le groupe machin-chouette, nous sommes mandatés par les magasins Brick et nous aimerions savoir le niveau de satisfaction de votre expérience dans leurs commerces, puis-je prendre 5 minutes de votre temps? »
-Mais certainement Shania, j’avais tellement hâte de te parler, ça va bien toi?
Un long moment de silence sans doute causé par ma réponse qui n’était vraisemblablement pas dans son scénario pré écrit.
« Oui, ça va bien… »
-Quoi de neuf, toujours aux études?
« Heu, bien, je… oui… »
-Et les amours, ça dit quoi?
« Ça va prendre seulement quelques minutes de votre temps, veuillez noter que la présente conversation peut être enregistrée pour des fins de vérifications et d’assurance de la qualité de bla-bla-bla… Dans quelle langue voulez-vous que l’entretien soit effectué? »
-En Nippon s’il vous plaît.
Silence
-C’est une blague Shania, le français fera l’affaire…
Et tout le sondage a été ainsi complété avec des paradoxes à chacune des questions.
« Sur une échelle de 1 à 10, 10 étant le plus haut, comment avez-vous apprécié le service offert par le commis de plancher? »
-Je dirais exécrable, 9 sur 10…
« Mais 10 est la meilleure note possible… »
-Alors 8.5
Elle a semblé me trouver tellement con, presque autant que je trouve cons ces satanés sondages qui ne visent qu’à faire une généalogie de mes achats et à me profiler comme client potentiel où diriger leurs publicités de m…
Et je signe
J’aime beaucoup semer la confusion quand je donne des indications au téléphone. Surtout quand vient le temps d’indiquer des lettres de code postal ou de numéro de série.
Les consonances confondantes : « Un N comme dans MANCY »
Les P et les B : « Un P comme dans Bière »
Les B et les P : « Un B comme dans Pierre »
Donner la même référence « Un C comme dans Comme »
En mettre plus que le client en demande : « Un D comme dans deux dindons dodus »
Ou mieux, jouer au crétin : « Un I comme dans Hibou »
Ah le marketing du monde du cosmétique!
Ma blonde prend souvent des minutes interminables à choisir son shampoing. Bouclés, lisses, colorés, gras, ternes… Il y a tout plein de types de cheveux différents et elle s’assure de bien choisir le shampoing approprié selon le type de coiffure qu’elle arbore. Oui, je l’ai compris alors je te laisse prendre le temps de choisir ma douce! Or, depuis un mois, j’ai inversé le contenu de tous les shampoings destinés aux différents types de cheveux. Curieusement, ça ne parait pas du tout! Même, ma blonde ne s’est aperçue de rien, ah le marketing du monde du cosmétique!
La trentaine dans tous les sens
Parlant de cosmétique et de ma blonde, la trentaine la frappe cette année. Qui dit trente ans, dit : prévention des rides. Et qui dit : prévention des rides, dit : petits pots de crème pour les rides. Et qui dit : petits pots de crème pour les rides, dit : au moins une trentaine de dollars pour une trentaine de millilitres, ah le marketing du monde du cosmétique!
Bonne semaine
Michel Bouchard, rédacteur en chef de Safarir magazine
Bic22@hotmail.com