QUEBEC, le 5 mai 2006 - / LBR.ca / - Réunis durant deux jours à Québec, hier et aujourd’hui, dans le cadre des activités du Réseau des jeunes de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), les jeunes délégués ont profité de cette instance pour exprimer leur inquiétude devant l’important phénomène de désertion professionnelle chez les jeunes professionnels oeuvrant en enseignement et en santé et pour déplorer que la récente Stratégie d’action jeunesse 2006-2009, dévoilée par le gouvernement Charest, ne contient aucune mesure réelle pour contrer ce phénomène.
Les jeunes de la CSQ rappellent que le premier ministre Jean Charest a lancé en grande pompe, le 29 mars dernier à Québec, la Stratégie d’action jeunesse de son gouvernement. Un lancement qui ressemblait à un grand spectacle, avec panneaux lumineux, écrans gérants et groupe de musique, sans nul doute pour impressionner et faire oublier en même temps le peu de nouveaux outils concrets se retrouvant dans cette stratégie pour aider les jeunes.
Un grave problème de relève à prévoir
La porte-parole des jeunes de la CSQ, Karine Grimard, soutient que le phénomène de désertion professionnelle chez les jeunes professionnels des secteurs de l’éducation et de la santé atteint une telle ampleur qu’il devrait alarmer le gouvernement du Québec.
« On parle de 3000 jeunes enseignantes et enseignants qui ont abandonné la profession depuis cinq ans et la situation n’est guère plus reluisante dans le secteur de la santé. C’est catastrophique. Les jeunes représentent la principale richesse pour assurer le maintien de nos systèmes publics de santé et d’éducation. Il est évident qu’avec le départ des baby-boomers à la retraite, si l’on est incapable de rendre ces professions attrayantes aux jeunes, la société québécoise va être confrontée bientôt à un sérieux problème de relève », explique Karine Grimard.
Un défi majeur ignoré
La jeune syndicaliste poursuit en se disant renversée que le gouvernement Charest n’a absolument prévu aucune mesure concrète pour tenter de renverser ce phénomène dans sa Stratégie d’action jeunesse. « La désertion professionnelle chez les jeunes oeuvrant en éducation et en santé est en voie de devenir l’un des défis majeurs que le Québec devra relever au cours des prochaines années. Nous comprenons mal la décision du gouvernement d’arrêter, jusqu’en 2009, sa Stratégie d’action jeunesse qui visait justement à soutenir les jeunes afin de les aider à s’intégrer au sein de la société québécoise. Il y a de quoi se poser de très sérieuses questions sur la sensibilité de ce gouvernement aux réalités que vivent quotidiennement les jeunes Québécoises et Québécois », rapporte Karine Grimard.
Les raisons du problème
La porte-parole des jeunes délégués syndicaux de la CSQ rappelle que des raisons bien précises et connues sont à l’origine de cette désertion professionnelle. « Tant chez les jeunes enseignantes et enseignants que chez les jeunes professionnels de la santé, on se sent littéralement dépassé par la charge de travail en début de carrière. Et ce n’est pas la formation des jeunes qui est en cause. Ce sont plutôt les conditions de travail pénibles que l’on impose à ces jeunes dès le départ qui les découragent », précise Karine Grimard.
Mme Grimard énonce que les jeunes se sentent écrasés par la lourdeur de la tâche qui leur est confiée puisqu’ils doivent souvent occuper les postes les plus difficiles, en dépit de leur manque d’expérience. Sans compter qu’ils sont obligés de pratiquer leur profession en occupant trop souvent un emploi à statut précaire aux prises avec l’insécurité. « Si l’on veut préserver nos systèmes publics d’éducation et de santé, il va falloir que le gouvernement du Québec s’assure tout d’abord qu’il y aura une relève suffisamment nombreuse pour continuer à donner les services. Au rythme où vont les choses, le phénomène de désertion professionnelle ampute gravement le potentiel de relève que l’on retrouve chez les jeunes. C’est extrêmement inquiétant », croit Karine Grimard.
Le gouvernement doit agir rapidement
La porte-parole des jeunes de la CSQ est d’avis qu’il est de la responsabilité du gouvernement du Québec d’assumer le leadership nécessaire pour mobiliser la société québécoise afin de relever les défis que nous pose le phénomène de la désertion professionnelle. « Le gouvernement Charest a manqué le bateau avec sa Stratégie d’action jeunesse, mais cela ne veut pas dire qu’il doit demeurer inactif. L’inaction et le statu quo sont les pires scénarios qui peuvent arriver. Le temps joue contre nous. Le gouvernement doit constater l’urgence d’agir et élaborer, en consultation avec les partenaires du milieu, une nouvelle stratégie pour renverser le phénomène de désertion professionnelle et avoir le courage de prendre les moyens nécessaires pour rendre à nouveau plus attrayantes, aux yeux des jeunes, les professions en enseignement et en santé », de dire Karine Grimard.
La jeune syndicaliste conclut que le gouvernement Charest est d’autant plus redevable d’agir en ce sens qu’il a lui-même porté un dur coup à l’attrait de ces professions par les lois iniques d’imposition des conditions de travail et salariales qu’il a adoptées le 15 décembre dernier.
Profil de la CSQ
La Centrale des syndicats du Québec représente environ 180 000 membres, dont plus de 125 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
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/Renseignements: Claude Girard, Agent d’information CSQ, Cell. : (514)
237-4432/
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