Une triste réalité, une imminence inquiétante… ou un simple mythe ?
2006-04-06 14:25 - Chronique
Cet article fait partie du dossier spécial .
- / LBR.ca / - Dans les cafés, dans les bars, aux arrêts d’autobus, sur les bancs de parc, bref partout au Saguenay—Lac-Saint-Jean – et dans les autres régions – on parle de l’exode des jeunes. On n’en discute pas comme on discute de la pluie et du beau temps. Non! On en parle comme si c’était le mal de demain, comme s’il s’agissait de la tragédie qui allait faire de notre coin de pays, une région fantôme. Un genre de Saint-Jean-Vianney où ce sont les jeunes qui glissent vers les grands centres urbains. On raconte même qu’un autobus bondé de jeunes quitterait la région chaque semaine. Si c’est ça le problème, on n’a qu’à les raccourcir les autobus!
Le concept d’exode des jeunes est peut-être troublant au premier degré, mais il l’est beaucoup moins lorsqu’on s’attarde aussi au retour des jeunes. Certains quittent la région pour les études, mais bon nombre d’entre eux reviendront dare-dare avec un diplôme dans les mains… et un chapeau de finissant sur la tête s’ils sont vraiment fiers. Pas besoin de chercher des moyens saugrenus pour attirer les jeunes en région, un peu comme le fait McDonald’s avec ses parcs d’amusement. Pas besoin non plus de cirques et de feux d’artifice. C’est de l’emploi qu’il faut, et ça c’est bon pour les jeunes, les moins jeunes, et les plus vieux aussi.
À l’heure actuelle, les politiciens récupèrent le discours populaire pour faire de la démagogie. «Ne partez pas les jeunes, ne partez surtout pas!» À force de se faire talonner par leur maire (et non pas leur mère), les jeunes peuvent bien avoir envie de s’exiler…
Par Pierre-Luc Gagnon de Saguenay (pas la rivière ni la région… mais la ville)
pl.gagnon@lbr.ca