Comme la plupart des jeunes qui sortent de l’université, je rêve de trouver un bon emploi m’offrant de belles conditions, mais surtout un emploi durable et ensuite, de fonder une famille.
2006-01-05 16:39 - Commentaire d'opinion
Stéphanie Claveau - Je rêve de trouver un bon emploi m’offrant de belles conditions, mais surtout un emploi durable et ensuite, de fonder une famille.
- / LBR.ca / - Je suis une jeune femme de 24 ans qui termine une maîtrise en biologie cette année. Je suis mariée depuis maintenant 3 ans et demi avec un jeune homme qui est sur le marché du travail depuis environ 5 ans. Comme la plupart des jeunes qui sortent de l’université, je rêve de trouver un bon emploi m’offrant de belles conditions, mais surtout un emploi durable et ensuite, de fonder une famille. Ça peut paraître très réaliste et relativement simple à première vue, mais ce ne l’est finalement pas tant que ça aujourd’hui…
D’abord, la plupart des emplois qui nous sont offerts sont des emplois à contrat, qui n’offrent donc pas la sécurité et qui rendent la vision à long terme plus ou moins possible. Durant la grève des étudiants en 2004, je me rappelle avoir entendu un membre du gouvernement dire : « Les jeunes qui sortent de l’université sont en mesure de payer leurs dettes d’étude très facilement puisque étant universitaires, ils occupent de bons emplois dans la société dès leur sortie de l’université. » Cela est peut-être vrai pour ceux qui étudient en génie ou en administration, mais ce n’est pas vrai pour tous les domaines d’étude. Dans plusieurs domaines, dont les sciences par exemple, une grande proportion des finissants peinent à se trouver des contrats de plus d’un an et doivent déménager constamment pour aller là où se trouve l’emploi. Ce n’est, la plupart du temps, même pas possible de choisir la région dans laquelle nous voulons travailler. J’ai la chance de ne pas faire partie des finissants les plus endettés, mais certains sortent de l’école avec des dettes énormes dépassant parfois 25 000$! Quand tu sors de l’école avec une dette pareille, il faut trouver un emploi et ça urge!
À l’époque de mes parents, lorsqu’ils sortaient de l’école, les jeunes se trouvaient un emploi assez rapidement pour pouvoir penser s’acheter une maison et fonder une famille. Pour nous, la priorité, c’est plutôt de rembourser nos dettes. J’ai très hâte d’avoir des enfants, mais j’aimerais d’abord avoir la sécurité d’emploi. De plus, de nos jours, pour qu’un seul parent travaille, il doit avoir un très bon emploi s’il veut subvenir aux besoins d’une famille. Je me rappelle avoir entendu le PQ parler de conciliation travail-famille avant de perdre le pouvoir. Je crois que c’est le genre de projet qui pourrait motiver les jeunes à avoir des enfants, parce que pour le moment, c’est de moins en moins évident. On travaille comme des fous pour payer nos dettes et quand on y parvient, on se rend compte qu’on a 30 ans et qu’il faut se dépêcher si on en veut réussir à avoir deux enfants.
J’explique tout ça pour en venir à un problème de base. Je crois qu’il y a un manque important de communication entre les générations au Québec. Quand J’ai entendu madame Denise Bombardier dire à l’émission « Il va y a voir du sport » à Télé-Québec que les jeunes d’aujourd’hui sont des individualistes qui ne s’intéressent à rien et surtout pas à la politique, j’aurais aimé avoir madame Bombardier devant moi pour qu’on ait une bonne discussion. D’abord, de se faire inclure dans des généralisations de ce genre, c’est insultant. Oui il y en a des individualistes, mais probablement pas plus qu’avant et pas moins que dans 30 ans. Ensuite, moi je m’y intéresse à la politique et je ne suis certainement pas la seule puisque que quand M. Bernard Landry ou M. Jacques Parizeau viennent à l’Université de Sherbrooke, la salle est tellement bondée qu’ils doivent parfois refuser des gens. Il est certain qu’on s’intéresse peut-être moins à des politiques qui ne parlent que du système de santé… mais c’est peut-être simplement parce qu’il y a bien d’autres choses qui nous intéressent. De voir arriver un jeune homme comme André Boisclair à la tête du Parti Québécois, moi ça me donne de l’espoir. Donc quand j’entends madame Bombardier dire que la souveraineté ne se réalisera jamais parce que les jeunes sont comme-ci ou comme-ça, j’ai plutôt envie de lui répondre : « Si la souveraineté ne se réalise pas, ce sera plutôt à cause de personnes de mauvaise foi comme vous! »