La ministre Courchesne a-t-elle voulu intimider la Chaire d'étude sur la condition des femmes?
2005-01-30 14:13 - Chronique
- / LBR / - Le 27 janvier dernier, la ministre Courchesne a fait une sortie inacceptable devant les porte-parole de la Chaire d'étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes de l'Université Laval dont la titulaire soulignait, dans les grandes lignes de son mémoire, des lacunes du document du CSF pourtant relevées antérieurement par d'autres groupes. Avec un mépris inapproprié chez une personne dans sa position, la ministre a réduit à des appréhensions partisanes l'argumentation rigoureuse et détaillée du mémoire de la Chaire d'étude. La veille, elle avait eu un ton moins acerbe, et même plus conciliant, à l'égard du groupe antiféministe l'Après-rupture. Bien qu'elle ait assené à ce groupe quelques vérités sur la haine que certains de ses membres propagent contre les femmes et les féministes, elle l'a écouté longuement et a cru nécessaire de se justifier d'être la ministre assignée aux dossiers de la condition féminine. La ministre Courchesne, qui perd généralement du temps en compliments et en discours inutiles (l'opposition également, d'ailleurs), a reçu le mémoire de la Chaire d'étude avec le réflexe d'une personne qui se sent menacée dans ses positions. Si cette commission poursuit les objectifs qu'elle prétend, elle devrait reprendre l'audition de la Chaire d'étude afin de démontrer sa bonne foi et son impartialité.
«Une politique d'égalité doit s'appuyer sur des assises théoriques solides»
Extrait du Mémoire de la Chaire d'étude sur la condition des femmes.
«Dans le contexte social actuel, où s'installe un antiféminisme provocateur porté par des groupes qui veulent plus de financement de l'État, nous sommes en désaccord avec une stratégie qui vise à intégrer des hommes dans les structures gouvernementales ou paragouvernementales s'occupant de l'amélioration des conditions de vie des femmes parce que le danger de récupération (symétrisation) est trop grand. L'État doit être sans équivoque quant à ses engagements à l'égard des femmes, le groupe social discriminé sur la base du sexe, et il doit traduire ces engagements dans des orientations etnactions conséquentes. Nous croyons, bien sûr, qu'une collaboration avec des groupes d'hommes proféministes et des hommes progressistes doit se poursuivre, et même prendre plus de place dans le mouvement social (...)».
- On peut lire les travaux de la commission dans le Journal des débats en ligne sur le site de l'Assemblée nationale du Québec. On peut aussi suivre en direct les travaux de la commission sur le site de l'assemblée nationale.