Mémoire CSQ : égalité entre les hommes et les femmes
Le Leurre de l’acquis : le patriarcat et la discrimination systémique perdurent au Québec
2005-01-27 14:44 - Communiqué de presse
QUEBEC, le 27 janvier 2005. - / LBR / - « La CSQ croit que c’est collectivement que nous devons définir la politique d’égalité et préparer le plan d’action en matière d’égalité pour les femmes. Pour en assurer sa mise en oeuvre et sa réussite, nous demandons au gouvernement de nommer une ministre à l’égalité pour les femmes, responsable, notamment, de la promotion et de la défense de l’égalité des droits pour les femmes et l’élimination de la discrimination systémique à l’égard des femmes », a souligné le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) M. Réjean Parent.
La CSQ rappelle que lors de l’assermentation du gouvernement Charest, il n’y avait aucune ministre qui se voyait accorder le dossier de la condition des femmes. Cette réaction gouvernementale envoyait un message clair : l’invisibilité de la discrimination systémique. « Le gouvernement ne considérait pas comme urgent de travailler et de légiférer sur les mécanismes d’exclusion sociale, politique, économique et culturelle à l’égard des femmes qui prévalent dans la société québécoise. Il avait d’autres priorités », d’ajouter le président de la CSQ.
La CSQ considère que le temps est venu de mener une enquête sur la situation des femmes au Québec. Elle permettrait de procéder à une analyse en profondeur des obstacles qui entravent l’atteinte de l’égalité pour les femmes. Mais surtout, à l’instar des féministes canadiennes envers le Canada, la CSQ croit que cela « obligerait les gouvernements à procéder, avec la participation pleine et entière des femmes, à un examen sérieux et public de leur propre conduite et à formuler à nouveau les politiques et les pratiques afin que celles-ci reflètent leurs engagements profonds et à long terme envers l’égalité des femmes ».
Un secrétariat à l’égalité pour les femmes
Afin de s’assurer de l’engagement gouvernemental, la CSQ demande au gouvernement de maintenir le Secrétariat à la condition féminine, mais d’en changer l’appellation pour Secrétariat à l’égalité pour les femmes, de lui accorder les ressources humaines et financières nécessaires à l’exercice de son mandat, notamment, la mise en place de l’analyse différenciée selon les sexes dans tous les ministères. Cet organisme devrait aussi contribuer à la mobilisation des acteurs sociaux sur le plan national et sur le plan régional.
Un Conseil de l’égalité pour les femmes
Considérant le rôle d’analyse, d’expertise et d’information que joue le Conseil du statut de la femme, tant nationalement que régionalement dans la société québécoise, la CSQ demande le maintien du CSF, dont le nouveau nom serait le Conseil de l’égalité pour les femmes, instrument de première importance pour le développement d’analyses féministes autonomes. Nous avons besoin du CSF et de son réseau régional qui favorisent la relation entre l’Etat et la société civile, les échanges entre les femmes des différentes régions du Québec et qui permettent aux femmes de participer au processus d’élaboration des politiques publiques visant à mettre en échec la discrimination systémique.
« Au fil des années, le CSF nous a fourni des analyses, des recherches et des avis d’une rigueur reconnue dans la plupart des milieux québécois, mais aussi sur la scène internationale. Chaque fois, le Conseil savait conserver la distance critique nécessaire à l’égard de l’action politique et une indépendance quant à sa capacité de discuter du bien-fondé des orientations gouvernementales », de souligner Louise Chabot, 1re vice-présidente.
Aujourd’hui, force est de constater que l’avis soumis à la consultation rompt avec cette tradition. En acceptant de s’engager dans la voie d’une proposition globale sur les orientations et les axes d’orientation que devrait contenir une future « politique de l’égalité », le CSF se substitue au Secrétariat à la condition féminine en cherchant à donner corps au projet ministériel.
Assurer le respect des droits des femmes
La CSQ estime que le gouvernement doit permettre à l’analyse différenciée selon les sexes de produire réellement ses résultats afin d’assurer le respect des droits des femmes. « Afin d’assurer le respect des droits des femmes, nous demandons au gouvernement non seulement d’inviter les ministères et les organismes publics à produire des statistiques différenciées, mais à créer une obligation d’inscrire le droit à l’égalité dans les lois, les politiques, les programmes et les services publics », de conclure Réjean Parent.
Le président de la Centrale, la 1re vice-présidente de la CSQ, Louise Chabot et la responsable du Comité de la condition des femmes de la CSQ, Chantal Locat, ont présenté le mémoire de la Centrale Le Leurre de l’acquis :
le patriarcat et la discrimination systémique perdurent au Québec, dans le
cadre de la Commission des affaires sociales et de la consultation sur l’avis
du Conseil du statut de la femme, Vers un nouveau contrat social pour
l’égalité entre les femmes et les hommes. Le mémoire de la Centrale est
disponible sur le site www.csq.qc.net
Profil de la CSQ
La Centrale des syndicats du Québec représente 172 000 membres, dont près de 125 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
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