- / LBR.ca / - C’était en 1993, je m’en souviens comme si c’était hier. Cette année-là, Kim Campbell défaisait Jean Charest au congrès du Parti progressiste-conservateur et devenait ainsi la première femme à occuper le poste de chef du gouvernement au Canada. Affaiblie par les bourdes de Mulroney qui l’a précédée, Campbell ne tient le coup que quelques mois.
Ainsi, le Canada n’aura jamais porté une femme au pouvoir lors d’une élection générale, puisque le flambeau de Mulroney a été transmis à Campbell à l’interne du parti. Aucune femme élue en près de 140 ans de confédération. Au Québec, c’est la même chose. Aucune demoiselle n’a occupé le siège le plus convoité du gouvernement. Aucune dame de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau à Jean Charest. Même la persévérante Pauline Marois a récemment jeté la serviette, semble-t-il. Dans l’ensemble des provinces et territoires, ce n’est guère mieux. Seulement trois femmes ont pu goûter au pouvoir, toutes trois au cours des années 90 : Nellie Cournoyea dans les Territoires du Nord-Ouest, Rita Johnston en Colombie-Britannique et Catherine Callbeck à l’Île-du-Prince-Édouard. Dix ans plus tard, rien de tel ne s’est reproduit. Les Spice Girls criaient au «girl power», mais elles non plus n’ont pas su traverser la dernière décennie.
Quelle est la raison réelle, hors du bla-bla technique et de la langue de bois, qui largue la femme à l’arrière-plan sur la scène politique ? Est-ce une question de mentalité inchangeable ? Est-ce une question de proportion découlant du fait que moins de femmes s’intéressent à la politique ? Est-ce une question d’éducation ? Pourtant, elles réussissent globalement mieux à l'école et sont statistiquement plus performantes et plus diplômées. Cela ne se traduit cependant pas dans la vie politique (et professionnelle en général) où les proportions sont inversées au détriment des femmes.
Des spéculations veulent qu’Hillary Clinton se présente aux prochaines élections présidentielles américaines en 2008. Qu’il s’agisse de rumeurs ou non, l’idée est dans l’air. Le Canada attendra-t-il, une fois de plus dans son histoire, de suivre le pas de son voisin du Sud avant de changer de mentalité ? Comme disait Hillary : « Nous devons arrêter de penser à l’individu et commencer à penser à ce qui est le mieux pour la société ».