PARTI QUEBECOIS - Égalité entre les femmes et les hommes du travail reste à faire
Le Parti Québécois a déposé cet après-midi son mémoire devant la Commission des affaires sociales qui se penche, en ce moment, sur l’égalité entre les femmes et les hommes.
2005-02-02 16:56 - Communiqué de presse
MONTREAL, le 2 février 2005. - / LBR / - Marie Malavoy, première vice-présidente du Parti Québécois, Linda Goupil, conseillère du conseil exécutif national et Céline Gagnon, membre du comité national d’action politique des femmes, ont questionné, dès le départ, les stratégies proposées dans l’avis du Conseil du statut de la femme.
« L’avis laisse supposer que nous en sommes arrivés à parler d’égalité entre les femmes et les hommes. Il y a eu des progrès accomplis au cours des dernières années; il est cependant prématuré d’orienter les stratégies uniquement sur l’égalité. Certaines problématiques demeurent liées à la condition féminine et nous pensons que nous devons poursuivre dans la voie amorcée », a soutenu Marie Malavoy.
Dans la foulée de la Conférence mondiale des Nations Unies sur la condition des femmes à Bejing, le gouvernement du Parti Québécois décidait, en 1997, d’expérimenter l’analyse différenciée selon les sexes. « Le gouvernement doit rendre public rapidement le rapport de l’expérience réalisée dans sept ministères et apporter les adaptations nécessaires pour en assurer la suite avec succès », a souligné Mme Malavoy. Le changement du concept de l’Analyse différenciée selon les sexes en celui de l’Approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes risque d’étioler l’efficacité des gestes déjà posés et qui ont fait leur preuve.
De plus, le Parti Québécois critique sévèrement l’approche sociétale préconisée dans l’avis qui consiste à miser plus sur une approche volontaire des différents groupes de la société et sur l’inclusion des hommes dans la recherche de l’égalité plutôt que de miser sur le rôle de l’Etat. « Nous ne pouvons miser essentiellement sur les initiatives des entreprises et des institutions. Les questions d’équité salariale, d’accès à l’égalité en emploi et de lutte contre le harcèlement psychologique au travail ont dû être balisées par des lois ou des politiques gouvernementales pour réaliser des avancées en ces domaines », a estimé Linda Goupil. « En fait, les outils pour réduire encore davantage les inégalités entre les femmes et les hommes aux plans économique, du travail, de la santé ou de la violence sont en place. Si le gouvernement actuel avait seulement l’audace d’aller au bout de ces moyens d’intervention, les femmes du Québec pourraient déjà être confiantes de voir leur condition s’améliorer », a poursuivi Mme Goupil.
Le Parti Québécois souhaite vivement que la ministre mette à profit les résultats de cette consultation pour élaborer une nouvelle politique sur la condition féminine bien adaptée aux enjeux actuels.
Le mémoire est disponible sur le site Internet du Parti Québécois
(www.pq.org) .
Les recommandations du Parti Québécois
1. Que le gouvernement du Québec rende rapidement public le rapport sur l’expérience de l’application de l’analyse différenciée selon les sexes afin d’apporter les correctifs nécessaires à une application optimale;
2. Que le gouvernement du Québec conserve l’approche de l’analyse différenciée selon les sexes afin de préserver l’élan donné aux actions gouvernementales dans la foulée de la Conférence de Beijing pour lutter contre la discrimination envers les femmes;
3. Que le gouvernement du Québec mette en oeuvre les mesures prévues à la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale et mette sur pied l’observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale;
4. Que le gouvernement du Québec revoie les lois du travail et instaure des mesures d’aménagement du temps de travail pour supporter les familles dans leurs obligations;
5. Que le gouvernement du Québec fasse le bilan de la mise en oeuvre des orientations et du plan d’action en matière d’agression sexuelle ainsi que celui du plan d’action Le Québec et ses aînés engagés dans l’action - Engagements et perspectives 2001-2003, les rende publics et apporte les correctifs nécessaires pour poursuivre la lutte contre les abus envers les femmes;
6. Que le gouvernement du Québec établisse comme principe directeur, prévalant de façon transversale dans toutes les orientations, la nécessité d’assurer la place des femmes dans le développement des régions;
7. Que le gouvernement du Québec introduise des mécanismes formels de reddition de compte et de concertation de tous les ministères et organismes gouvernementaux et l’obligation d’appliquer le principe de l’analyse différenciée selon les sexes pour l’examen de toute intervention gouvernementale;
8. Que le gouvernement du Québec maintienne le Secrétariat à la condition féminine et le Conseil du statut de la femme;
9. Que le gouvernement du Québec nomme une ministre en titre responsable de la condition féminine et que l’action gouvernementale soit supportée par un réseau de répondantes de la condition féminine au sein des ministères et organismes gouvernementaux;
10. Que le gouvernement du Québec accorde à l’analyse différenciée selon les sexes valeur de principe directeur pour l’examen de toute intervention gouvernementale.
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