Mais qu’en pensent les parents et les professeurs qui l’enseignent?
2007-12-03 16:07 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Comme nous le savons tous, la réforme est instaurée depuis plusieurs années dans les écoles primaires et, plus récemment, au secondaire (1er, 2eet 3e secondaire). Mais qu’en pensent les parents et les professeurs qui l’enseignent? Cette réforme, qui met davantage l’accent sur les compétences que les connaissances, ne fait pas l’unanimité dans le milieu de l’éducation et chez les parents.
Pour commencer, on forme les profs en cours d’année, en même temps qu’ils enseignent aux élèves. Résultats : une confusion dans les évaluations et, par la suite, dans les classements des élèves, accentuée par le fait que dans la réforme on a cherché à réduire au minimum les redoublements scolaires. Doit-on se surprendre de constater aujourd’hui, en classe régulière et enrichie du secondaire 1, la présence d’enfants qui devraient plutôt être, dans certaines matières, en 6e, 5e et même 4e année du primaire? Selon une maman, elle peut facilement mesurer la différence et les écarts entre ses deux enfants (un qui ‘’baigne’’ dans la réforme et un autre qui y a échappé) et en être sérieusement alarmée. De quoi se poser des questions.
En théorie, les écoliers apprennent à leur rythme. Ça peut aller lorsque les groupes sont petits, mais en 6e année, c’est plus difficile. Sonia Savard, enseignante de 6e année, dit : «La réforme valorise aussi que l’enfant apprenne à son rythme. Mais si j’ai 30 personnes, j’ai 30 rythmes différents. Moi je ne trouve pas cela possible dans de telles conditions.»
Ensuite, dans la réforme, on ne demande plus aux enseignants d’enseigner, mais de simplement accompagner les élèves dans la construction de leurs connaissances. De plus, le fait que le bulletin soit descriptif plutôt que quantitatif ne cesse d’inquiéter parents et enseignants qui se demandent comment ils pourront ainsi tenir compte des acquis des enfants. Selon certains parents, un A, un B ou même un C ne donne pas l’heure juste. Alors que lorsqu’ils voient un 80 % dans une matière, et bien c’est net et précis. Ce n’est pas des ‘’entre 70 et 80’’. Même qu’ils trouvent que ces bulletins sont une belle technique de camouflage d’un nivellement vers le bas. Satisfait aux normes…ne veut rien dire en soi quand tu ne connais pas les normes. Les enseignants veulent que les parents s’impliquent, mais ne veulent pas qu’ils aident. Peut-être ont-ils peur que les vieilles techniques qu’ils n’ont pas apprises soient meilleures que les leurs. En gros, on demande la collaboration des parents sans leur fournir les outils nécessaires.
Pour conclure, la Réforme propose quelques bonnes idées, mais pour les élèves plus faibles, ça n’aide en rien. Le Ministère a des idées de grandeur quant à cette fameuse Réforme, mais il n’est pas ‘’sur le terrain’’ pour constater les dégâts causés dans certains groupes. Bien dommage tout ça, parce qu’on est en train de ‘’scrapper’’ des jeunes. Si on voulait aller plus loin dans ce sujet, on irait jusqu’à dire que d’exiger l’apprentissage de la science physique à un enfant dont toute la nature converge vers les arts, est une forme d’abrutissement de la part d’un prof ou d’un système.