Chicoutimi, jeudi le 15 novembre 2007 – / LBR.ca / - Lors d’une conférence de presse tenue ce matin, Jean-Patrick Brady, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et les représentants de la Coalition des associations étudiantes du Saguenay Lac-Saint-Jean (CAESL) ont présenté aux médias le mémoire Pour un nouveau pacte de l’Éducation universitaire destiné à relancer le débat autour de l’avenir de l’éducation supérieure au Québec. Issu d’un travail de recherche de plusieurs mois réalisé par la FEUQ, ce mémoire a été initié dans le but de proposer un projet politique cohérent pour le développement des universités québécoises, en cette ère d’indifférence et de déception.
« Le poids d’un dégel des frais de scolarité, jumelé au constat d’échec du réseau universitaire actuel, nous a convaincu de la nécessité d’entreprendre un grand débat pour l’avenir de notre éducation » souligne Guillaum Dubreuil, président du MAGE-UQAC. La FEUQ a donc mandaté son équipe de recherche ainsi que des collaborateurs externes, au début de l’été 2007, pour la réalisation d’un mémoire couvrant les enjeux suivants :
- L’analyse de la qualité de l’éducation et de la recherche universitaire
- La gestion des établissements et les mesures d’imputabilité
- L’analyse du contexte de sous financement du réseau
- Les politiques de financement des gouvernements provinciaux et fédéraux
- Les politiques de financement privé
- La modélisation économique de différents scénarios de contribution étudiante jumelés à une réforme de l’aide financière aux études
Pour une nouvelle politique publique sur les universités
Le contexte de sous financement chronique des universités québécoises (estimé à près de 400 M$ annuellement) ne sera pas éliminé par le dégel des droits de scolarité. Ce constat frôle l’évidence et le mémoire présenté aujourd’hui n’en fait qu’une illustration plus frappante. Les quelques millions de revenus supplémentaires issus de la hausse des frais (75 M$ dans 5 ans) ne sauraient compenser l’absence de réinvestissement public et le déséquilibre toujours éprouvé depuis la perte des transferts fédéraux. « Le gouvernement a beau transférer, sans scrupule, son propre désengagement sur le dos des étudiants, on nous confirme aujourd’hui avec force que cela ne fera pas disparaître les déficits et les difficultés budgétaires de nos établissements » rappelle Jean-Patrick Brady, président de la FEUQ, avant d’ajouter : « La catastrophe financière de l’UQAM nous montre à quel point l’état de crise actuel est dangereux. La confiance des gens envers nos universités est fragile. Sans un projet rassembleur porté par une volonté politique nationale, les déficits, les coupures et les mauvaises pratiques de gestion ne cesseront pas. »
Le mémoire présenté aujourd’hui saisi ces enjeux de front, en proposant de renforcer la Loi sur l’imputabilité des universités, de bâtir une nouvelle politique nationale des universités et de garantir à long terme l’engagement financier de l’État québécois envers son réseau d’éducation supérieure.
À cela nous devons ajouter un sous financement différencié des collèges du Québec atteignant plusieurs centaines de millions de dollars. « Cette situation dans laquelle nous maintient le gouvernement fait en sorte que nos institutions manquent d’air » souligne Michaël Bond, président de l’AECA.
L’accessibilité aux études en danger
À l’aide d’une modélisation économique de divers scénarios de contribution étudiante, le mémoire parvient également à tirer des conclusions alarmantes à l’égard de la situation actuelle de l’accessibilité aux études. Confirmant les conclusions de l’étude publiée dernièrement par le MELS, l’étude de la FEUQ souligne qu’au moins 8500 étudiants quitteraient l’Université dans 10 ans si les droits de scolarité étaient indexés de 5 % par année. « En l’espace de deux semaines, deux études complètement indépendantes l’une de l’autre nous confirment que la hausse des droits de scolarité a un impact direct sur les inscriptions. On ne peut plus ignorer ça et laisser les jeunes abdiquer leur avenir pour des raisons financières » affirme Guillaum Dubreuil, président du MAGE-UQAC.
À l’égard de l’aide financière aux études, le mémoire de la FEUQ permet également de mieux comprendre l’ampleur des besoins. Une bonification adéquate des prêts et bourses, incluant une révision à la hausse des dépenses admises pour qu’elles correspondent au coût réel de la vie ainsi qu’une baisse de la contribution parentale exigée au niveau du reste du Canada coûterait 110 M$ aux contribuables. Il s’agit de mesures nécessaires, mais qui dans tous les cas ont un coût plus élevé que les revenus d’une indexation des frais de scolarité.
Pour un nouveau pacte au sujet de la contribution étudiante
Le cœur du travail de recherche réalisé concerne cependant la création d’une modélisation économique inédite. À l’aide d’hypothèses scientifiques et de calculs vérifiés par des économistes, la FEUQ est parvenue à créer des simulations reproduisant les conditions d’implantation de 4 modèles alternatifs de contribution étudiante au financement des universités. « Avec la publication de cette recherche, on peut dire qu’on prend nos responsabilités historiques. Nous avons décidé d’ouvrir un grand débat de société et de présenter des idées que l’on n’entend pas souvent » souligne M. Brady. « Nous disposons maintenant des outils pour évaluer la faisabilité de la gratuité scolaire, de l’indexation des frais et de deux modèles alternatifs à l’imposition de frais de scolarité : le RPR et l’Impôt postuniversitaire. On va faire ce débat ensemble, entre étudiants, et je peux vous garantir qu’il en sortira un projet qu’on saura faire cheminer par toute la force de notre conviction et de notre mobilisation » conclut-il.
Commission parlementaire
En attendant, au regard des conclusions de leur travail de recherche, la FEUQ et la CAESL demeurent convaincues de l’urgence de tenir un débat public d’envergure au sujet de l’avenir de l’éducation universitaire. Ils demandent depuis plusieurs mois la création d’une commission parlementaire itinérante sur l’accessibilité, le financement et la gestion de l’éducation postsecondaire et espèrent voir les députés de l’Assemblée nationale appuyer leur initiative.
Aujourd’hui la CAESL présente quelques-uns des appuis quelle a recueillis à cette cause. Le caucus régional du Parti Québécois (PQ) a réitéré la position tenue par les députés du parlement en appuyant l’idée d’une commission parlementaire itinérante. Maintes centrales syndicales dont la CSN, CSQ, SCCC-UQAC, SPP-UQAC et d’autres groupes sociaux appuient également cette demande de débat élargi sur la question de l’éducation postsecondaire. Au courant des prochaines semaines, vous serez à même de constater l’augmentation du nombre d’appuis à cet exercice démocratique car l’impact des mesures actuelles est encore plus alarmant et inacceptable pour une région telle que le Saguenay Lac-Saint-Jean.
Le mémoire Pour un nouveau pacte de l’éducation universitaire est disponible sur le site web de la Fédération étudiante universitaire du Québec au www.feuq.qc.ca
Depuis plus de 17 ans, la FEUQ représente les étudiantes et les étudiants universitaires du Québec. Composée de 16 associations membres et forte de plus de 120 000 membres, la FEUQ est le plus important groupe jeunesse au Québec. www.feuq.qc.ca
La CAESL est la table de coordination des 5 associations étudiantes postsecondaires de la région. Elle est la seule table de coordination régionale du Québec qui est en fonction de manière continue depuis 1998. Elle réunit les 15 000 étudiants des cégeps de la région et de l’UQAC.
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Parmi les autres organisations sociales qui nous appui, notons Solidarité populaire qui est une table de plusieurs organisations communautaire, populaire autonome, pastorale, d’organisation communautaire en CLSC.
Renseignements :
Dany St-Jean, attaché de presse FEUQ, B : (514) 396-3380, Cell. : (514) 212-5457
Frédéric Simard, attaché à l’exécutif du MAGE-UQAC, B : (418) 545-5019, Cell : (418) 815-6463
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