MONTREAL, le 12 septembre 2007 - / LBR.ca / - La Centrale des syndicats du Québec
(CSQ) et le Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire
(CRIRES) lancent aujourd’hui le guide de prévention et d’intervention contre
la violence envers le personnel de l’éducation Vous entrez dans une zone sans
violence. Ce guide s’adresse au personnel enseignant, professionnel, de
soutien ainsi qu’aux membres de la direction. Il a pour but de les sensibiliser au phénomène de la violence dans leur milieu de travail et de leur proposer des pistes d’actions concrètes pour intervenir. De plus, la CSQ interpelle la ministre de l’Education, du Loisir et du Sport (MESL), madame Michelle Courchesne, afin que soit mis en application, dès à présent, le plan d’action pour prévenir et contrer la violence dans les écoles primaires et secondaires annoncé par son prédécesseur et demeuré lettre morte.
Du personnel de l’éducation parfois démuni
Pour la CSQ, ce guide de prévention et d’intervention était devenu nécessaire compte tenu des nombreux commentaires et de l’insécurité exprimée quant aux multiples formes de violence auxquelles le personnel de l’éducation est exposé. De plus, depuis décembre 2006, la CSQ et la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) donnent des sessions de formation dans toutes les régions sur l’insertion professionnelle et la violence en milieu scolaire. Il en ressort clairement que le personnel a besoin d’un outil pour prévenir et intervenir lorsqu’il y a manifestation de la violence. La tournée d’information se poursuivra au cours des prochaines semaines dans plusieurs régions du Québec.
Au Québec, une enquête réalisée par la CSQ en 1998 (anciennement CEQ) indiquait qu’environ un enseignant sur dix avait vécu une situation violente dans son milieu de travail. Une étude plus récente (Girard, Laliberté et Dompierre, 2003) associait la violence physique vécue par le personnel scolaire à 15 % des événements déclarés, comparativement à 80 % pour la violence psychologique et à 6 % pour la violence à caractère sexuel. Dans 89 % des situations de violence physique, l’agresseur était un élève et un collègue dans 5 % des cas. En ce qui a trait à la violence psychologique, l’auteur était un élève (39 %), un collègue (25 %), un parent (18 %) ou une personne en autorité (7 %).
La nature a horreur du vide : le MELS doit intervenir
La Centrale tient à rappeler que le gouvernement précédent avait annoncé l’obligation pour toutes les écoles de se doter d’un plan d’action contre l’intimidation. Ce plan est malheureusement tombé dans l’oubli sous le gouvernement libéral. De plus, en 2005, le vérificateur général avait jugé très négativement le travail des écoles secondaires en mentionnant qu’elles ne faisaient pas assez d’effort pour combattre la violence au quotidien. Le vérificateur mentionnait que les écoles ignoraient le phénomène de violence et ne pouvaient donc pas y mettre fin. « Nous croyons que le plan d’action du ministère doit prévoir un portrait de la situation en plus des mesures et des moyens concrets pour soutenir le travail des institutions d’enseignement et celui du personnel » de dire Réjean Parent.
La Centrale est d’avis que la violence est l’un des motifs principaux qui incite les jeunes enseignants à quitter la profession. Les dernières données démontrent que 20 % d’entre eux abandonnent la profession avant de terminer leur cinquième année de carrière. De plus, il est clair que la violence peut avoir des conséquences sur le climat de l’école, sur la réussite des élèves et peut même en pousser certains à décrocher. Les recherches indiquent également qu’elle est présente autant dans les écoles publiques que privées.
De nouvelles formes de violence
La CSQ est extrêmement préoccupée par les formes de violence en émergence telles que la cyberintimidation. Plusieurs cas récents ont été rapportés, d’où l’importance que le plan d’action ministériel s’attaque aussi à cette question. Elle indique que ces phénomènes nouveaux doivent être mieux documentés, car il existe très peu de données à l’heure actuelle au Québec. De son côté, la CSQ examinera cette problématique spécifique auprès de ses membres et évaluera la possibilité d’effectuer des travaux de recherche en ce qui a trait à l’impact de la cyberagression sur la réussite des élèves et sur la santé du personnel de l’éducation.
« Nous sommes très heureux de présenter ce guide, car il répond à un besoin exprimé et il propose des solutions concrètes pour intervenir. Nous croyons toutefois que le problème de la violence est éminemment complexe et touche différentes facettes de la vie scolaire, d’où la nécessité d’une intervention gouvernementale rapide et structurée. Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de mettre en application son plan d’action alors que tout indique qu’il est prêt ? Il est plus que temps que le gouvernement arrête de tergiverser » de conclure Réjean Parent.
La Centrale tient à remercier les professeures et chercheures spécialisées sur cette question qui ont collaboré à la rédaction de ce guide, notamment Danielle Leclerc, Line Massé et Michelle Dumont, de l’Université du Québec à Trois Rivières et Claire Beaumont de l’Université Laval. Il faut également souligner l’apport de Luc Allaire conseiller à la recherche et Pierre Lefebvre, en santé et sécurité du travail à la CSQ.
Profil de la CSQ
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente quelque 155 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est membre de la Table provinciale de concertation sur la violence, les jeunes et le milieu scolaire et collabore avec l’Institut Pacifique. Elle compte en ses rangs plus de 1000 Etablissements verts Brundtland, une création de la CSQ, qui font la promotion du pacifisme. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du municipal, du communautaire et des communications.
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/Renseignements: Marjolaine Perreault, Attachée de presse, CSQ, (514)
235-5082/
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