Le personnel professionnel de la CSQ en grève dans 34 commissions scolaires à travers le Québec
Les professionnelles et les professionnels de 34 commissions scolaires affiliées à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ont fait du piquetage ce matin devant des écoles secondaires à travers la province afin de dénoncer la lenteur des travaux aux tables de négociation.
2005-04-11 09:34 - Communiqué de presse
MONTREAL, le 11 avril 2005 - / LBR.ca / -Rappelons que les quelque 5500 membres de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE) ont entériné en assemblées générales, dans une proportion de plus de 70 %, un mandat de grève rotative de deux journées à exercer avant la mi-juin.
Ras-le-bol dans le milieu de l’éducation
Pour le président de la FPPE, M. Pierre Bouchard : « La grève de ce matin constitue un premier coup de semonce de la part du personnel professionnel qui est plus mobilisé que jamais. Nos conventions collectives sont échues depuis bientôt deux ans et nous n’avons toujours rien de concret sur la table. Nous voulons négocier », clame-t-il en rappelant qu’une telle grogne chez le personnel professionnel des commissions scolaires représente du jamais vu depuis les années 70.
Des demandes qui touchent directement la qualité des services aux élèves
La FPPE rappelle que les demandes, dans le cadre de la négociation actuelle, concernent tout particulièrement le besoin criant d’ajout de ressources dans les écoles primaires et secondaires. En effet, la FPPE demande au gouvernement d’introduire dans les conventions collectives un ratio élèves-professionnels. Concrètement, la FPPE estime nécessaire que les ratios actuels de 4,3 pour 1000 élèves à l’extérieur de Montréal et de 6 pour la Commission scolaire de Montréal (CSDM) passent à 5,2 et à 7, ce qui signifie une augmentation de 20 %. L’aide supplémentaire demandée pour la CSDM s’explique par la particularité de l’école montréalaise qui vit une réalité bien spécifique avec un taux de pauvreté élevé et une diversité de clientèles particulières.
Rappelons que le gouvernement du Parti libéral s’est engagé, lors de la campagne électorale, à réaliser un réinvestissement important dans les services professionnels aux élèves. Alors que cet ajout de ressources financières aurait dû se traduire par l’ouverture de 200 postes à temps complet de professionnelles et de professionnels oeuvrant dans les services complémentaires dans les commissions scolaires pour l’année en cours, une enquête de la FPPE révèle que, dans plusieurs endroits, aucun poste n’a été affiché. « Dans la réalité, les professionnelles et les professionnels sont encore beaucoup trop peu nombreux par rapport aux besoins manifestes du milieu et ce sont les jeunes qui, au quotidien, paient le prix de ce manque de ressources. Nos écoles éprouvent des besoins criants en services professionnels, le gouvernement doit prendre ses responsabilités et assurer l’accessibilité et la qualité des services à nos enfants », ajoute M. Bouchard.
La FPPE, qui dénonce le fait que le personnel professionnel serve trop souvent de marge de manoeuvre aux commissions scolaires, a aussi déposé des demandes concernant, notamment, l’accès à la stabilité d’emploi et l’organisation de la tâche.
Les moyens de pression se poursuivent
Les autres syndicats de la FPPE ayant un mandat de grève en poche et qui n’ont pas débrayé ce matin le feront dans les jours ou les semaines à venir.
Profil de la FPPE
La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ) représente 21 syndicats regroupant 5500 membres répartis dans la quasi-totalité des commissions scolaires du Québec, francophones, anglophones, Crie et Kativik. Elle compte, parmi ses membres, différents personnels, dont des psychologues, des conseillers d’orientation, des orthophonistes, des psychoéducateurs, des animateurs et des conseillers pédagogiques.