La grogne prend de l’ampleur dans le milieu de l’éducation : Au tour du personnel professionnel des commissions scolaires de la CSQ de voter pour la grève
Les professionnelles et professionnels de commissions scolaires affiliés à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ont entériné, dans une proportion de près de 75 %, un mandat de grève de deux journées à exercer avant la mi-juin.
2005-03-28 08:26 - Communiqué de presse
MONTREAL, le 28 mars 2005 - / LBR.ca/ - Les quelque 5500 membres de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE) s’inscrivent, avec ce mandat de grève, dans le mouvement actuel de ras-le-bol dans le milieu de l’éducation. « Nos conventions collectives sont échues depuis bientôt deux ans et nous n’avons toujours rien de concret sur la table. La partie patronale nous répète les mêmes ritournelles et n’a visiblement aucun mandat, si ce n’est que de précariser encore davantage le personnel professionnel et de nier ou minimiser une partie du travail qu’il fait. Nous avons des solutions, nous voulons négocier », clame le président de la FPPE, M. Pierre Bouchard. Celui-ci ajoute qu’une telle grogne chez le personnel professionnel des commissions scolaires représente du jamais vu depuis les années 70.
Les professionnelles et professionnels se sont déjà engagés dans l’action afin de faire avancer les travaux aux tables de négociation, mais rien n’y fait. « Nous avons manifesté, écrit au ministère de l’Education, au Conseil du trésor et aux commissions scolaires. Les moyens de pression plus lourds tels que la grève sont devenus inévitables, il faut que ça bouge ! » affirme M. Bouchard.
La FPPE rappelle que les demandes, dans le cadre de la négociation actuelle, concernent tout particulièrement le besoin criant d’ajout de ressources dans les écoles primaires et secondaires. En effet, la FPPE demande au gouvernement d’introduire dans les conventions collectives un ratio élèves/professionnels. Concrètement, la FPPE estime nécessaire que les ratios actuels de 4,3 pour 1000 élèves à l’extérieur de Montréal et de 6 pour la CSDM passent à 5,2 et à 7, ce qui signifie une augmentation de 20 %. L’aide supplémentaire demandée pour la CSDM s’explique par la particularité de l’école montréalaise qui vit une réalité bien spécifique avec un taux de pauvreté élevé et une diversité de clientèles particulières.
Rappelons que le gouvernement du Parti libéral s’est engagé, lors de la campagne électorale, à réaliser un réinvestissement important pour les services professionnels aux élèves. Alors que cet ajout de ressources financières aurait dû se traduire par l’ouverture de 200 postes à temps complet de professionnelles et professionnels oeuvrant dans les services complémentaires dans les commissions scolaires pour l’année en cours, une enquête de la FPPE révèle que, dans plusieurs endroits, aucun poste n’a été affiché. « Dans la réalité, les professionnelles et professionnels sont encore beaucoup trop peu nombreux par rapport aux besoins manifestes du milieu et ce sont les jeunes qui, au quotidien, paient le prix de ce manque de ressources. Nos écoles ont des besoins criants en services professionnels, le gouvernement doit prendre ses responsabilités et assurer l’accessibilité et la qualité des services à nos enfants », ajoute M. Bouchard.
Les autres demandes concernent, notamment, l’accès à la stabilité d’emploi et l’organisation de la tâche. « Nous refusons d’être, une fois de plus, la marge de manoeuvre des commissions scolaires. Nos services sont essentiels à l’éducation et doivent être traités comme tels », s’insurge M. Bouchard.
Profil de la FPPE
La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ) représente 21 syndicats regroupant 5500 membres répartis dans la quasi-totalité des commissions scolaires du Québec, francophones, anglophones, Crie et Kativik. Elle compte, parmi ses membres, différents personnels dont des psychologues, des conseillers d’orientation, des orthophonistes, des psychoéducateurs, des animateurs et des conseillers pédagogiques.