MONTREAL, le 23 février 2007. - / LBR.ca / - Dans le cadre de la campagne
électorale et profitant de la tenue de la Semaine des professionnelles et
professionnels de l’éducation, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la
Fédération des professionnels et professionnels de l’éducation du Québec
(FPPE) et la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC)
s’unissent pour dénoncer la précarisation inquiétante et la lourdeur de la tâche associées à la fonction professionnelle en éducation. « Les besoins sont criants. Il est grand temps de prendre conscience de la situation que vivent les professionnels de l’éducation au Québec et les conséquences que ça entraîne sur les élèves », soutient Réjean Parent, président de la CSQ.
Une tâche plus lourde
Sans contredit, la tâche des professionnels s’alourdit. Au sein des commissions scolaires, alors qu’on comptait 37 000 élèves de moins en 2006 qu’en 2003, les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) étaient 17 600 de plus pour la même période ! « Ces chiffres n’incluent pas les élèves à risque, qui ne sont pas identifiés EHDAA, mais qui n’en demandent pas moins de services », ajoute Jean Falardeau, président de la FPPE.
L’augmentation est aussi importante pour le réseau collégial. La progression des élèves avec limitations fonctionnelles s’élève à 60 %, sur une période de trois ans, pour le réseau francophone et à 40 % pour le réseau anglophone.
De même, il est assez aberrant de constater qu’on dépense, par élève, davantage pour les services administratifs que pour les services professionnels. En 2004-2005, pour les commissions scolaires, le coût par élève s’élevait à 269 $ pour les professionnels comparativement à 406 $ pour les cadres.
Précarisation inquiétante : les femmes écopent davantage
La précarisation est encore le lot de trop de professionnels au sein du milieu de l’éducation. Au collégial, alors que 59 % des emplois étaient permanents en 1997-1998, ceux-ci ne représentent plus que 49 % des emplois en 2003-2004. Le même phénomène se produit dans les commissions scolaires où le tiers du personnel a le statut de précaire.
Tant au collégial que dans les commissions scolaires, les femmes font majoritairement les frais de cette précarité. Au collégial, alors que les femmes précaires représentaient 24 % de l’ensemble du personnel en 1997-1998, elles représentaient, en 2003-2004, 32 % des effectifs. Si bien qu’en 2003-2004, 55 % des femmes étaient précaires alors que 55 % des hommes occupaient des emplois permanents. La situation prévaut également dans les commissions scolaires où 80 % des emplois précaires sont occupés par des femmes.
Un contexte de départs massifs à la retraite
Ces difficiles conditions d’exercice surviennent dans le contexte d’un important renouvellement d’effectifs. Dans les cégeps, l’âge moyen des professionnels était de 50 ans en 2003-2004. « A la même époque, l’âge moyen des précaires était de 36 ans, ce qui n’encourage en rien l’attraction et la rétention des jeunes », souligne Bernard Bérubé, président de la FPPC. La situation est encore plus dramatique dans les commissions scolaires où plus du quart des professionnels prendront leur retraite d’ici cinq ans. Notons également que 38 % du personnel permanent avait 50 ans ou plus en 2002-2003.
Les partis doivent s’engager à corriger la situation
Le message est assez clair. Il faut ajouter des ressources afin de répondre aux besoins croissants. Les jeunes consultent davantage qu’auparavant et il y a plus de jeunes en difficulté. « Le travail des professionnels est essentiel dans la lutte au décrochage et à la prévention de la violence en milieu scolaire. Devant l’épuisement du personnel, on se doit d’ajouter des ressources », affirme M. Parent. Pour les commissions scolaires, on réclame l’ajout de 1000 professionnels. Le manque à gagner pour les cégeps s’élève quant à lui à 305 millions de dollars. La majeure partie de ces sommes devrait être attribuée aux services professionnels.
Devant les difficultés pour attirer et pour garder de jeunes professionnels dans le milieu de l’éducation, il est essentiel d’améliorer les conditions de travail, notamment par un plus grand nombre de postes permanents. L’exemple des cégeps anglophones, où plus des trois quarts du personnel professionnel sont permanents, devrait servir d’inspiration au ministère de l’Education et aux gestionnaires francophones. « On est prêts à s’asseoir avec le gouvernement, peu importe le parti au pouvoir, afin de trouver des solutions », clament les présidents de la FPPE et de la FPPC.
Profils de la FPPE, de la FPPC et de la CSQ
La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec représente 21 syndicats regroupant 5500 membres répartis dans la quasi-totalité des commissions scolaires du Québec, francophones, anglophones, Crie et Kativik. Elle compte, parmi ses membres, différentes catégories de personnel, dans les secteurs administratifs, pédagogiques et les services directs aux élèves.
La Fédération du personnel professionnel des collèges représente la majorité des professionnelles et professionnels de cégeps du Québec. Elle compte plus de 830 membres répartis dans 34 collèges. Elle regroupe exclusivement des professionnelles et professionnels de cégeps.
La Centrale des syndicats du Québec représente près de 172 000 membres, dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
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/Renseignements: Gabriel Danis, Agent d’information CSQ, cell. : (514)
235-5082/
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