MONTREAL, le 25 janvier 2007. - / LBR.ca / - Fortement préoccupée par le sérieux état de sous-financement qui accable le réseau collégial et universitaire, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) lance un cri d’alarme craignant que, si rien n’est fait pour remédier à la situation actuelle, l’accessibilité aux études supérieures au Québec soit compromise, en plus d’entraîner de graves conséquences sur l’endettement étudiant.
La vice-présidente de la CSQ, Mme Diane Charlebois, interpelle les gouvernements du Québec et du Canada pour qu’ils prennent conscience de la nécessité d’intervenir rapidement et qu’ils assument leurs responsabilités afin de financer comme il se doit le réseau collégial et universitaire québécois.
« L’insouciance des deux gouvernements ne peut pas continuer plus longtemps puisque leur inaction vient remettre en question un principe fondamental de la société québécoise moderne, c’est-à-dire l’accessibilité à l’enseignement supérieur pour toutes et tous sans compromis. L’enjeu est majeur puisque c’est l’avenir de nos jeunes qui est placé dans la balance faute d’un financement adéquat et suffisant du réseau collégial et universitaire », affirme Mme Diane Charlebois.
L’éducation : un droit pour toutes et tous, un devoir de société
De même, la vice-présidente de la CSQ exhorte Québec et Ottawa à résister à la tentation de hausser les frais de scolarité pour régler une partie du problème.
« Plusieurs études et statistiques démontrent clairement les effets pervers des hausses de frais de scolarité sur la poursuite d’études universitaires pour les jeunes les moins nantis, ainsi que ceux de la classe moyenne. L’éducation n’est pas une simple marchandise qu’on offre uniquement à ceux qui en ont les moyens. C’est un droit auquel tous les jeunes doivent avoir accès et il est de la responsabilité des gouvernements de faire en sorte qu’il puisse en être ainsi », déclare Mme Charlebois.
La nécessité de ne pas retourner 40 ans en arrière
La porte-parole syndicale soutient que si l’on veut éviter que le Québec retourne 40 ans en arrière, en adoptant des propositions qui auraient pour effet de discriminer les jeunes en fonction de leurs revenus, la solution réside dans un financement adéquat du réseau collégial et universitaire en passant notamment par une augmentation significative des transferts fédéraux.
« Les transferts fédéraux en éducation au Québec sont nettement insuffisants et le gouvernement Harper doit s’exécuter dans les meilleurs délais pour corriger le tir. Mais Ottawa n’est pas le seul responsable de la problématique actuelle de sous-financement et nous tenons à rappeler au gouvernement Charest que les sommes injectées récemment en enseignement supérieur sont plus qu’insuffisantes pour le maintien et le développement du réseau collégial. Ces montants ne tiennent d’ailleurs aucunement compte de la situation difficile vécue par plusieurs cégeps en région », fait valoir la vice-présidente de la CSQ.
Etude de l’IRIS et réactions
Mme Diane Charlebois précise que la CSQ sent le besoin d’intervenir dans ce dossier en rappelant qu’en début de semaine, l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS) rendait publics les résultats d’une recherche portant sur les conséquences d’une éventuelle hausse de frais de scolarité au Québec. S’appuyant sur des données de la situation en Grande-Bretagne et en Ontario, l’IRIS démontrait les effets directs qu’une telle hausse risque d’avoir sur l’accessibilité aux études supérieures et l’endettement étudiant. De plus, la recherche indiquait qu’une augmentation ne pourrait résoudre à elle seule les problèmes de sous-financement des établissements universitaires.
La publication de cette étude a été suivie de diverses réactions dont celle du président et chef de direction de Gaz Métro, monsieur Robert Tessier, qui se prononçait en faveur d’une augmentation pour résoudre le manque à gagner dans les universités. Même attitude du côté de l’Université Concordia où l’on allait jusqu’à revendiquer une déréglementation des droits de scolarité afin d’améliorer la situation financière des établissements. Il faut également se souvenir qu’en décembre dernier, lors du dépôt d’une importante recherche sur le sous-financement du réseau collégial, la Fédération des cégeps mettait sur la table la possibilité de l’imposition de frais de scolarité pour les personnes inscrites aux programmes techniques.
Pour sa part, l’Université de Sherbrooke a fait savoir hier, devant la Commission de l’éducation, qu’elle s’oppose à un dégel des frais de scolarité jugeant qu’il vaut mieux tenir d’abord un débat sur le financement public de l’éducation.
Profil de la CSQ :
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente près de 172 000 membres, dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
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/Renseignements: Claude Girard, Attaché de presse CSQ, Cell. : (514)
237-4432/
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