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Conclusions du Comité de travail sur le financement du réseau collégial public

Le sous-financement récurrent des cégeps s’élève à 305 millions de dollars
2006-10-25 10:41 - Communiqué de presse

MONTRÉAL, LE 25 OCTOBRE 2006 — / LBR.ca / - Le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Gaëtan Boucher, le président du Comité de travail sur le financement du réseau collégial public et directeur général de Dawson College, M. Richard Filion, ainsi que les experts externes MM. Pierre Malouin et Pierre Fortin, ont rendu publiques aujourd’hui les conclusions de l’étude de la Fédération des cégeps sur le financement du réseau collégial. Selon M. Boucher, « la situation de sous-financement chronique des cégeps doit être redressée de toute urgence, ce qui permettra au réseau collégial de donner sa pleine mesure tant sur le plan de l’accessibilité à la formation que sur le plan du développement socioéconomique du Québec ».

De graves conséquences

Le président du Comité de travail, M. Richard Filion, a indiqué que le sous -financement récurrent du réseau collégial public s’élève à 305 millions de dollars en 2005-2006. « S’il perdure, le sous -financement des cégeps entraînera de graves conséquences. On ne peut rester immobile devant les signaux d’alarme qui déjà nous parviennent », a-t-il affirmé. Si rien n’est fait pour corriger la situation, le sous -financement conduira à des reculs sur le plan de l’accessibilité aux services de formation, à une baisse du niveau et de la qualité des services offerts aux étudiants, à des développements insatisfaisants en matière de recherche, et à la détérioration des infrastructures et des équipements technologiques des cégeps.

L’extrême dépendance financière du réseau collégial public face à l’État — leur budget provient à 86 % du gouvernement du Québec —, jumelée à l’interdiction légale d’enregistrer des déficits, contraint les cégeps à faire des choix douloureux. « Est-il normal que le financement de notre mission première, l’enseignement, soit systématiquement déficitaire? Par ailleurs, comment justifier le fait qu’on ne puisse investir comme il le faudrait dans le développement des nouvelles technologies, alors que l’évolution de la société le commande? », a questionné M. Filion. Placés devant les demandes croissantes de la population québécoise, les cégeps ne peuvent y répondre et, dans le cas contraire, déclarer des déficits comme le font les universités.

Une méthode de calcul crédible et rigoureuse

Le Comité de travail a bénéficié de la collaboration de deux experts externes : M. Pierre Malouin, directeur général du financement et de l’équipement pour les réseaux collégial et universitaire au ministère de l’Éducation de 1997 à 2002 et sous-ministre associé, responsable de la Direction générale du financement et de l’équipement au ministère de la Santé et des Services sociaux de 2002 à 2005, et M. Pierre Fortin, professeur au Département des sciences économiques de l’UQÀM. M. Malouin a élaboré une méthode crédible et rigoureuse pour établir le niveau de sous-financement des cégeps, méthode qui a ensuite été soumise à l’analyse de M. Fortin.

Cette méthode calcule le sous-financement des cégeps à partir de trois éléments : la sous-indexation des subventions versées aux cégeps depuis 1993-1994; l’utilisation par le ministère de constantes de normalisation, qui ont pour effet de ne pas couvrir à 100 % certaines dépenses incontournables des cégeps; et finalement, l’absence ou le manque de financement de besoins spécifiques, par exemple les coûts reliés à l’accueil et au soutien des étudiants handicapés.

« Le manque à gagner des cégeps s’élève à 145,7 M$ pour la sous-indexation, à 81,6 M$ pour les constantes de normalisation, et à 155,2 M$ pour les besoins spécifiques. Lorsque l’on soustrait de ces montants le réinvestissement effectué dans les cégeps entre 2000 et 2006 (77,3 M$), on obtient le chiffre de 305 M$, qui représente le niveau actuel de sous-financement des cégeps », a expliqué M. Pierre Malouin. Le réinvestissement récurrent de 20 M$, annoncé par le premier ministre du Québec en août 2006, n’a pas été pris en compte dans ce calcul puisqu’il n’a pas encore été alloué au réseau collégial.

Les cégeps, aussi sous-financés que les universités

Selon l’économiste Pierre Fortin, « la méthode de calcul utilisée par les cégeps soutient la comparaison avec le benchmarking, formule retenue par les universités pour établir leur propre sous -financement. En effet, lorsqu’elle est appliquée aux universités, la méthode arrive au même résultat que l’approche comparative employée par le réseau universitaire ». De plus, a ajouté M. Fortin, « quand on observe l’écart entre la réalité financière des établissements et les besoins auxquels ils doivent répondre, on constate qu’il est proportionnellement le même au niveau collégial et au niveau universitaire ». Par ailleurs, le rapport du Comité met en lumière l’apport exceptionnel des cégeps à la société québécoise. « Les cégeps ont contribué de manière remarquable à rehausser le niveau de scolarisation au Québec, notamment en agissant comme un antidote à la forte propension des jeunes Québécois à décrocher du secondaire », a ajouté M. Fortin. Le Québec est l’endroit en Amérique du Nord où la scolarisation a progressé le plus rapidement au cours des 40 dernières années.

Priorités de réinvestissement

Parmi les besoins auxquels seraient affectés les nouveaux investissements figurent l’accessibilité et la qualité accrues des services offerts à la population étudiante, la modernisation des technologies et la mise à jour des programmes d’études, le maintien de la qualité des bâtiments ains i qu’une présence plus forte du cégep dans sa communauté.

« Nous sommes parfaitement conscients du fait que le sous-financement actuel des cégeps ne pourra être comblé uniquement par le gouvernement du Québec. C’est pourquoi la hausse des transferts fédéraux au postsecondaire constitue la plus immédiate des solutions, comme nous le ferons d’ailleurs valoir aujourd’hui dans le cadre des consultations prébudgétaires du gouvernement fédéral », a précisé le président-directeur général de la Fédération.

« Les acquis du réseau collégial public et son importante contribution au développement du Québec et à la compétitivité des entreprises sont aujourd’hui menacés. Sans un réinvestissement de 305 millions de dollars dans un délai raisonnable, le rôle névralgique qu’assument les cégeps sera mis en péril », a-t-il conclu.

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Source : Caroline Tessier, directrice des communications, cellulaire : (514) 239-2088

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