L’éléphant blanc des réformistes - Un texte d’opinion de Martin Bertrand, citoyen d’Alma
La remise des pouvoirs des commissions scolaires aux municipalités est une fantaisie complètement injustifiée
2006-10-19 19:58 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca /- Pour la seconde fois depuis l’été j’entends des personnes du cercle politique régional remettre en question l’existence des commissions scolaires au Québec et proposer que leurs responsabilités soient pelletées aux municipalités. Demandons-nous ce qui justifie cette prise de position farfelue. Les deux individus en question ont émis des doutes quant à la pertinence de maintenir une structure qu’ils disent inefficace pour en remettre les responsabilités à l’administration municipale.
Je pense que ces personnes sont mal informées et qu’elles cherchent à se bâtir un capital politique en faisant la promotion d’un éléphant blanc en capitalisant grossièrement sur des arguments au mieux démagogiques et au pire mensongers. Ils appuient leur thèse sur des supposés fiascos, gaspillage, débandades et sur la nonchalance des citoyens quand il s’agit de questions d’éducation.
Les justifications ont de quoi choquer ! Cependant, je rejoins le chroniqueur Michel Vastel quand il écrit dans l’Actualité que : « Les Québécois ont l’indignation facile et (que) les faiseurs d’opinion en profitent. » Faut-il rappeler que les commissions scolaires sont distribuées sur un territoire beaucoup plus grand qu’une municipalité. La commission scolaire du Lac-St-Jean couvre à elle seule pas moins de 7 municipalités. Je questionne en particulier les arguments qui, dans un texte d’opinion récent, appuient cette thèse sur une supposée « débandade au Ministère », sur le prétendu « fiasco des prêts étudiants » ou sur les problèmes de mise en œuvre de la réforme scolaire. Premièrement on doit appuyer de telles affirmations sur des faits et deuxièmement, demandons-nous en quoi la solution proposée viendrait corriger la situation puisqu’elle n’implique nullement les commissions scolaires. En fait je pense que l’utilisation de ces mots forts de sens a pour simple but de tromper les citoyens.
Demandons-nous plutôt pourquoi le taux de participation aux élections scolaires est si bas. Quand on sait que l’éducation des jeunes est le futur de notre société et qu’il représente près du tiers du budget de l’état québécois. Je pense qu’il y a un problème d’imputabilité et de représentation démocratique des citoyens. Il ne faut cependant pas confondre le faible intérêt des citoyens pour les élections scolaires avec les rôles extrêmement importants joués par les commissions scolaires qui ont la responsabilité de coordonner les ressources financières, humaines et matérielles des écoles et des polyvalentes avec un budget d’environ 75 millions de dollars pour la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets ou celle du Lac-Saint-Jean.
Quand à la question des indemnités de 3 000 $ par an (approximativement) versées aux commissaires et que les détracteurs appellent « salaires » pour faire croire qu’elles sont démesurées, elle est à mon avis complètement accessoire à cause des faibles sommes engagées qui représentent à peine 0,06% du budget.
En définitive la remise en question de l’existence des commissions scolaires est à mon avis un éléphant blanc, une fantaisie de l’esprit de quelques individus qui cherchent à sabrer à l’aveuglette dans les structures existantes en espérant économiser quelques dollars au nom d’une certaine idéologie qui se cherche un bouc émissaire, justifiant ainsi la réduction de la fonction publique. La vraie question demeure de savoir comment on pourra changer la structure du Conseil des commissaires pour le rendre plus imputable des décisions et ainsi stimuler la participation citoyenne aux élections. Absolument rien à voir avec l’abolition des commissions scolaires. Peut-être les médias ont-ils un rôle à jouer dans le processus en couvrant adéquatement les séances de la même façon que les conseils municipaux ?
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Source :
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