Manchettes RSS (?)



Cégeps en région à vendre

Par Etienne Hudon-Gagnon - Président de la Fédération Étudiante Collégiale du Québec (FECQ)
2006-10-11 14:34 - Commentaire d'opinion

- / LBR.ca / - De nos jours, pour un jeune, il devient de plus en plus difficile d’étudier en région. Les problèmes de financement et l’exode vers les grands centres sont les principales causes du peu de popularité qui affecte les cégeps des régions. Rappelons que les cégeps ont été créés pour offrir une formation de qualité sur l’ensemble du territoire québécois.

À l’heure actuelle, les projections pour certaines régions du Québec sont inquiétantes. Près de 50% d’entre-elles du Québec auront vu ou verront leur population étudiante diminuer de plus de 25% entre 1999 et 2014. À titre d’exemple, le Saguenay-Lac-Saint-Jean perdra 20,9 % de sa population étudiante tandis que le Bas-Saint-Laurent en perdra 19,5 %. Ces baisses dramatiques apportent des difficultés non seulement au niveau de la survie même des cégeps mais aussi de leur région. D’ici 2008, c’est près de 380 000 emplois qui seront libérés par les départs à la retraite. Parmi ceux-ci, 30% nécessiteront un diplôme d’études collégiales.

La proportion des programmes techniques sous le seuil de viabilité (moins de 60 élèves inscrits) est de l’ordre de 38%, en hausse de 17% depuis l’année 1994-95. Dans neuf régions du Québec, ce taux atteint 50% ou même davantage. Un nombre important de problèmes subsistent en ce qui a trait à la répartition des programmes techniques, que ce soit au niveau de la trop grande proximité des programmes semblables, du dédoublement inutile des créneaux ou encore du manque de vision cohérente de l’offre de formation sur le territoire québécois.

De l’autre côté de la médaille, les grands centres vont vivre une augmentation très prononcée du nombre d’inscriptions. À Montréal, les prévisions présentent une augmentation de 10,3 % d’ici 2014.

Le déséquilibre entre les tendances démographiques de deux blocs distincts de régions creusera davantage le fossé entre les grands centres et les régions plus éloignées. Si des mesures d’atténuation ne sont pas prises rapidement, le Québec se retrouvera avec une concentration de l’activité éducative sur un territoire restreint ; précisément ce que visait à combattre l’instauration du réseau des cégeps.

Un plan doit donc être mit de l’avant par le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport pour réaffirmer le rôle des cégeps dans leur milieu et pour le Québec. Ce plan devra contenir une révision globale de la carte des programmes techniques collégiaux, tenir compte des créneaux de formation et suivre une vision cohérente pour l’ensemble du réseau afin d’assurer la viabilité de chacun de ses éléments.

Est-ce que le Ministre va attendre que l’on ferme un cégep pour agir?

Réagir à cet article Version imprimable Envoyer à un ami

Pour d'autres informations dans « Éducation et formation »...

LBR.ca - Saguenay-Lac-St-Jean - AB

Tous droits réservés © 1996 - 2008 La Firme Inc.