MONTREAL, le 11 février 2006. - / LBR.ca / - Le ministre de l’Education a rendu public, hier, un projet gouvernemental d’autonomie régionale et municipale. Ce projet est présenté comme une réponse du ministère de l’Education, du Loisir et du Sport (MELS) aux demandes des Conférences régionales des élus (CRE). Pour la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), ce projet entraîne plusieurs interrogations et suscite de multiples inquiétudes. « Ce projet soulève pour la CSQ plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Le ministre devra fournir des éclaircissements sans tarder », a déclaré le président de la CSQ, M. Réjean Parent.
La CSQ a toujours prôné une meilleure prise en compte des besoins des régions en éducation et une plus grande concertation entre les acteurs concernés. « Les besoins spécifiques des régions sont de première importance, particulièrement dans le contexte actuel d’une diminution de l’effectif scolaire. Mais il revient au ministère de l’Education d’assurer la cohérence nationale du système d’éducation. Tel qu’il est présenté, le projet gouvernemental laisse entrevoir un délestage des responsabilités de l’Etat au profit d’une vision morcelée et à court terme des besoins économiques des régions », a souligné M. Parent.
Par ce projet, le MELS s’engage dans la régionalisation de l’éducation en donnant une plus grande place aux CRE dans ce domaine et en misant sur la concertation entre les CRE et les tables interordres. Or, rappelons que les CRE sont composées essentiellement d’élus municipaux et que la présence des représentants des organisations syndicales ou du milieu de l’éducation n’est pas obligatoire. Quant aux tables interordres, elles sont composées essentiellement de personnel-cadre et il n’existe pas de mécanisme formel permettant d’assurer la représentation des membres du personnel de l’éducation.
« Il est inconcevable de repenser l’éducation en région sans que le personnel de l’éducation soit étroitement associé aux discussions », a ajouté le président de la CSQ. Cette absence de représentation des membres du personnel de l’éducation est d’autant plus préoccupante que plusieurs propositions touchent directement leurs conditions de travail. On nous dit, sans nous les présenter en détail, que les CRE ont formulé 73 propositions au MELS. Parmi ces propositions, on parle de l’adoption d’un nouveau régime pédagogique, de la diminution du ratio maître-élèves, de l’ajustement des normes de financement pour le perfectionnement des enseignants, de l’adaptation des critères d’admissibilité à la formation professionnelle, des propositions qui concernent directement les membres du personnel de l’éducation.
Plusieurs points méritent des éclaircissements. Le MELS donne aux tables interordres le mandat d’élaborer un plan d’action régional de redéploiement des services éducatifs, dans la perspective d’y maintenir l’accès à des services éducatifs de qualité et d’optimiser l’utilisation des ressources. Quelle serait l’ampleur de ce redéploiement? Qu’entend-on exactement par « optimisation » des ressources? Quelles seront les modalités de mise en oeuvre? Est-ce que les normes et les mandats de chaque ordre d’enseignement seront respectés? Le projet gouvernemental parle aussi de créer un fonds régional de formation provenant de marges de manoeuvre libérées grâce à la gouvernance régionale de la formation professionnelle et technique. Peut-on craindre des pertes d’emploi?
Parmi les « améliorations envisageables », le MELS évoque l’idée de favoriser le passage de la formation professionnelle à la formation technique, avec une réduction des durées totales de formation. Quelle formation serait réduite? Peut-on, par exemple, craindre une diminution de la formation générale? Le MELS propose aussi « le développement de coalitions entre des établissements scolaires pour l’échange et le maintien de services complémentaires offerts aux jeunes ». Sur cette dernière proposition, le président de la Centrale est outré. « Nous sommes en situation de pénurie de services professionnels dans les commissions scolaires et on nous suggère de nous partager cette pénurie! », a dénoncé M. Parent.
La CSQ salue toutefois l’initiative du MELS sur la question de l’accueil et l’intégration des immigrants. Le projet gouvernemental reconnaît enfin le rôle primordial du système d’éducation dans l’accueil et l’intégration des immigrants en région. Cela est pertinent dans un contexte où le Québec s’est donné comme objectif d’accueillir près de 50 000 immigrants à compter de 2007 et que jusqu’à présent, 75 % de l’immigration est concentrée dans la région de Montréal. Nous pourrons juger du sérieux du MELS lorsqu’il fera connaître ses intentions concernant le financement de ces mesures d’accueil et d’intégration. Autre ombre au tableau sur cette question, la CSQ croit que l’intégration des adultes immigrants ne se limite pas à la francisation et que le projet d’assurer une formation professionnelle en concomitance avec la francisation n’est pas souhaitable. La francisation doit s’inscrire dans une démarche plus large d’intégration à la société québécoise.
Profil de la CSQ
La Centrale des syndicats du Québec représente 172 000 membres, dont près de 125 000 dans le secteur public. La grande majorité travaille dans le domaine de l’éducation. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
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/Renseignements: Annick Bélanger, Attachée de presse, CSQ,
(514) 235-5082/
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