MONTREAL, le 16 janvier 2006. - / LBR.ca / - « Le vieillissement de la main-d’oeuvre, la dénatalité, l’exode des régions se font de plus en plus sentir, ce qui crée des ouvertures importantes pour la relève québécoise qualifiée en formation professionnelle, collégiale technique ou universitaire. La main-d’oeuvre formée est très recherchée afin de combler des écarts qui s’accentuent entre l’offre et la demande de travailleurs spécialisés dans plusieurs secteurs et régions du Québec. Les besoins atteignent jusqu’à 10 fois le nombre de diplômés de certains programmes d’études », a indiqué Patricia Richard, directrice générale des contenus aux Editions Jobboom, à l’occasion du lancement de l’ouvrage Les Carrières d’avenir 2006 sous la présidence d’honneur de Mme Michelle Courchesne, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
100 offres pour 16 diplômés...
En Outaouais par exemple, les entreprises forestières du nord de la
région s’attendent à connaître des difficultés de recrutement dans les années à venir et ce, même si l’industrie des produits du bois connaît un ralentissement. Quatre programmes du Top 150 des formations gagnantes du guide Les carrières d’avenir 2006 font d’ailleurs partie du secteur de la foresterie : le DEP Aménagement de la forêt et les DEC Technologie forestière, Technologie de la transformation des produits forestiers et Technologie des pâtes et papiers.
La forte demande dont la plupart des diplômés du domaine de la foresterie font l’objet est surtout due à leur rareté. Selon les programmes concernés, les cohortes varient de 18 à 110 diplômés en 2005 au Québec. Les départs à la retraite, le resserrement des normes d’exploitation de la forêt et les impératifs d’utilisation plus rentable du bois protégeraient ces travailleurs des mises à pied dans le secteur. Au Cégep de Saint-Jérôme par exemple, on reçoit au moins une offre d’emploi par mois pour les sortants en Technologie de la transformation des produits forestiers. Mais il n’y a pas eu d’inscription dans ce programme depuis 2002.
En fabrication métallique industrielle, 30 % des employés sont âgés de 45 ans ou plus. Des départs à la retraite son imminents, et on anticipe que le nombre de postes dans le secteur augmentera de 2 % par année entre 2005 et 2009. L’industrie peine à recruter des candidats qualifiés, car l’ASP Matriçage et les DEP Soudage-Montage, Tôlerie de précision et Outillage sont trop peu fréquentés. En effet, aucun des deux centres offrant l’ASP Matriçage contactés n’avait pu démarrer la formation en 2005, faute d’inscriptions. Pourtant, les dernières cohortes avaient bénéficié d’un taux de placement de 100 %. Au Centre de formation en métallurgie de Laval, on dit recevoir chaque année une centaine d’offres d’emploi en Soudage-Montage, mais il n’y avait que 16 sortants en 2005.
Une situation similaire s’observe en plasturgie. Dans cette industrie, on prévoit la création de quelque 3 000 nouveaux emplois de 2005 à 2007 dans les 255 entreprises du Grand Montréal. Certes, les produits bon marché comme les jouets de plastique souffrent de la concurrence asiatique, mais les sous-traitants d’industries telles que l’aérospatiale sont en croissance. Selon notre enquête, le Collège Ahuntsic et le Collège de la Région de l’Amiante, des établissements qui offrent le programme Techniques de transformation des matières plastiques, forment chacun moins de dix diplômés par année, mais ceux qui se destinent à l’emploi parviennent tous à trouver du travail. Les entreprises les recherchent pour augmenter le niveau de compétence de leur main-d’oeuvre et ainsi devenir plus concurrentielles.
Les industries de la fabrication métallique industrielle et de la plasturgie sont présentes partout au Québec, mais se concentrent dans les régions de Montréal, Québec, la Montérégie et Chaudière-Appalaches. Tous ces territoires connaissent un vieillissement de leur main-d’oeuvre, mais Chaudière-Appalaches et la partie rurale de la Montérégie subissent une érosion accélérée de leurs bassins de travailleurs en raison de l’exode des jeunes. Ainsi, dans Chaudière-Appalaches, la croissance de l’emploi devrait être deux fois supérieure à celle de la population des 15 ans et plus d’ici à 2009.
On demande trois fois plus de diplômés...
En agriculture, pas moins de sept programmes ont été retenus dans le Top
150 ou dans notre liste de programmes à surveiller. Dans ce domaine, ce sont surtout les départs à la retraite qui stimulent la demande de diplômés. En production laitière par exemple, le Centre régional d’initiation et de formation en agriculture de Coaticook pourrait former annuellement 50 diplômés et tous trouveraient du travail. Mais en 2005, seulement 20 élèves ont terminé le programme de DEP. Au Centre de formation agricole de Saint-Anselme, on fait un constat similaire pour ce qui est du DEP en production porcine. Seulement 14 élèves ont obtenu leur diplôme en 2005, mais on aurait pu en former trois fois plus. A l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière, les 21 sortants du DEC Technologie des productions animales ont reçu de deux à trois offres d’emploi chacun.
En transformation alimentaire, les diplômés d’au moins trois programmes spécialisés bénéficient d’excellentes perspectives d’emploi en raison notamment des normes de qualité de plus en plus strictes auxquelles les usines sont assujetties. Il s’agit du DEC Technologie de transformation des aliments, du bac en sciences et technologie des aliments et du bac en génie alimentaire. Pour accroître le nombre d’inscriptions en sciences et technologie des aliments, l’Université Laval offre même des bourses d’études et la possibilité d’étudier dans ses nouveaux locaux à Longueuil. Les inscriptions pourraient aussi être plus nombreuses en Technologie de la transformation des aliments. L’Institut de technologie agroalimentaire a reçu, pour ses deux campus à La Pocatière et à Saint-Hyacinthe, un total de 150 offres d’emploi pour seulement 30 sortants en 2005.
Bien que la filière agroalimentaire soit présente partout au Québec, le manque de candidats est particulièrement ressenti dans les régions à forte concentration d’activités agricoles comme la Montérégie, Chaudière-Appalaches, le Bas-Saint-Laurent et Lanaudière. Si on inclut l’industrie des pêches, le renouvellement de la main-d’oeuvre pose également problème dans la région de la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine et sur la Côte-Nord. Selon le Conseil canadien des pêcheurs professionnels, les capitaines de bateaux du Québec et des provinces de l’Atlantique avaient en moyenne 48 ans en 2004 et les membres d’équipage, 38. La relève est si rare que l’avenir de la capture pourrait être compromis.
En construction, malgré le ralentissement dans le domaine résidentiel, l’activité se maintient presque partout au Québec grâce aux grands chantiers hydroélectriques, aux travaux de voirie et aux nouvelles constructions d’hôpitaux, de pavillons universitaires et de centres commerciaux. Pour pallier les départs à la retraite et le roulement de la main-d’oeuvre, il faudra embaucher de 9 000 à 10 000 nouveaux travailleurs par année d’ici à 2008. Dans ce domaine, le Top 150 des Carrières d’avenir 2006 retient 17 programmes en formation professionnelle, 4 programmes en formation collégiale technique et un en formation universitaire (en génie civil). Pour le DEC Technologie du génie civil, le Cégep de Baie-Comeau a reçu 61 offres d’emploi pour 12 diplômés. Pour le bac en génie civil, l’Université Concordia a reçu deux fois plus d’offres d’emploi en 2004-2005 qu’au cours de l’année précédente. Les 58 diplômés ont donc facilement trouvé du travail.
Un bassin de relève qui diminue
Dans plusieurs régions et secteurs, le bassin de relève est toujours plus restreint en raison notamment du déclin démographique et du décrochage scolaire. En milieu rural et en région éloignée, on sait que beaucoup de jeunes ont tendance à s’exiler vers les grands centres pour aller étudier mais ne reviennent pas. En 2004-2005 au Québec, 12,6 % des personnes de 20 à 24 ans n’avaient pas de diplôme du secondaire et ne fréquentaient pas l’école; la moyenne canadienne était de 10,2 %(1). Et à l’échelle du pays, en 2004-2005, le taux de chômage des jeunes décrocheurs de 20 à 24 ans atteignait 19,4 %, soit le double du taux de chômage pour l’ensemble de cette tranche d’âge(2).
« Aucune formation ne constitue une garantie à toute épreuve contre le chômage, mais ne pas avoir de diplôme terminal rend certainement plus vulnérable aux variations de la conjoncture économique », a commenté madame Richard.
Pour en savoir plus!
Les carrières d’avenir 2006 découle d’une importante enquête menée sur le terrain auprès de quelque 400 intervenants des milieux industriel, professionnel et scolaire, principalement entre septembre et décembre 2005. L’ouvrage de 300 pages regroupe les statistiques les plus récentes, les analyses et l’information essentielles à la compréhension du marché du travail québécois. Le guide comprend également des coordonnées et des ressources indispensables.
Un bilan complet :
· Le Top 150 des formations gagnantes
· L’emploi dans les 17 régions du Québec
· Une tournée de 39 secteurs d’activité importants
Des dossiers éclairants :
· Les défis de la création d’emploi en région
· Choix de carrière : la réponse est dans vos actions
· Qu’est-ce qui attend les diplômés de la formation professionnelle et technique?
· Jeu électronique : héros demandés
· Aérospatiale : de l’emploi dans l’air
(1) Statistique Canada. Taux de décrochage provinciaux - Tendances et conséquences, 2005.
(2) Idem.
· 30-
/Renseignements: Andrée Peltier, Relations publiques Andrée Peltier,
(514) 846-0003; D’excellentes photos sont disponibles sur le site de la Presse
Canadienne à www.cp.org/french/hp.htm; Source : Jobboom/
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