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Réactions CSQ - Le nouveau Régime pédagogique n’assure pas la réussite du plus grand nombre

Pour la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la publication par le gouvernement du Québec du projet de règlement sur le Régime pédagogique de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire et secondaire, constitue un rapiéçage qui n’assure pas la réussite du plus grand nombre et dont les effets demeurent incertains.
2005-02-12 09:52 - Communiqué de presse

MONTREAL, le 10 février 2005. - / LBR / - « Nous pouvons nous réjouir de la volonté du gouvernement de contrer le décrochage scolaire chez les jeunes, mais les moyens mis en place nous font douter de l’atteinte de cet objectif », d’affirmer le président de la CSQ, Réjean Parent.

Deux aspects de ce nouveau régime pédagogique interpellent particulièrement la Centrale, soit les nouvelles voies de formations aux métiers semi-spécialisés et non spécialisés pour les élèves éprouvant des difficultés scolaires importantes au premier cycle du secondaire et la voie de formation appliquée au deuxième cycle du secondaire.

Des nouvelles voies de formation qui ne permettent pas d’acquérir des habiletés de base

En ce qui concerne la mise en place de nouvelles voies de formations aux métiers semi-spécialisés et non spécialisés pour les élèves éprouvant des difficultés scolaires importantes au premier cycle du secondaire, la Centrale considère que l’Etat renonce à sa mission fondamentale d’instruire. Sous prétexte d’aider ces jeunes qui possèdent des compétences très faibles en lecture et en écriture, ils seront incités à s’inscrire dans des formations menant vers un métier non spécialisé ou semi-spécialisé. Elles les dirigeront très rapidement et trop rapidement vers le marché de l’emploi.

Pour la Centrale, ces formations sont nettement insuffisantes puisqu’elles visent l’acquisition de quelques compétences de base dans un métier particulier. Elles ne permettent pas à ces jeunes d’acquérir les habiletés primordiales dans une société du savoir comme celles qui consistent tout simplement à savoir lire et écrire. « Nous sommes convaincus qu’il faut fournir les ressources nécessaires afin que ces jeunes acquièrent les compétences linguistiques de base. Elles leur permettront non seulement de s’adapter à leur vie professionnelle, mais également d’assumer un rôle de citoyenne et de citoyen à part entière. Dans le cas contraire, nous les condamnons à la sous-spécialisation, à la pauvreté et à vivoter dans de petits boulots sans grand espoir d’améliorer leur sort dans leur vie professionnelle future », de souligner Réjean Parent.

Mise en place d’une voie de formation appliquée au deuxième cycle du
Secondaire

La mise en place d’une voie de formation appliquée au deuxième cycle du secondaire permet de développer une formation générale appliquée comprenant des cours axés sur une formation plus pratique. Elle s’adresse aux jeunes susceptibles de ne pas être à l’aise avec la voie de formation régulière. Le gouvernement espère ainsi retenir un plus grand nombre de jeunes à l’école. Pour la Centrale, l’idée est louable, mais elle devrait faire l’objet d’une réflexion plus poussée puisque les effets prévisibles d’une telle mesure ne sont pas démontrés. « Nous craignons que les jeunes qui éprouvent plus de difficultés scolaires se dirigent en plus grand nombre vers la voie pratique alors que les élèves qui réussissent mieux choisiront la voie royale », de souligner Réjean Parent.

Pour la Centrale, si l’aspect pratique de la formation permet de servir un certain nombre d’élèves, cette division en deux voies n’est guère favorable à la réussite. Cela est particulièrement vrai si le gouvernement ne prévoit pas des mesures d’aide et des ressources supplémentaires afin d’aider ces élèves à cheminer vers la réussite.

Un taux de diplomation en chute libre

La CSQ est extrêmement préoccupée par le taux de diplomation qui ne cesse de chuter au Québec. Il est plus qu’urgent que le gouvernement entame une véritable réflexion sur les causes réelles de l’échec et du décrochage scolaire. La Centrale a soumis un plan d’action au ministre, mais n’a obtenu aucune réponse jusqu’à maintenant. Pourtant, le taux de diplomation est passé de 72,3 % à 65,8 % de 1998 à 2003.

Il est clair que la multiplication des projets éducatifs sélectifs dans les écoles secondaires du Québec, le financement des écoles privées qui concurrence de façon déloyale les écoles publiques secondaires, un budget de l’éducation qui est loin d’être à la hauteur des ambitions de la société québécoise, sont autant d’éléments qui sont susceptibles de nous éloigner de l’objectif de la réussite du plus grand nombre. « Il faut que ce gouvernement renoue avec l’idée d’égalité des chances. Il doit favoriser un financement adéquat de l’éducation et supporter les principaux acteurs de l’école québécoise en vue de la réussite du plus grand nombre d’élèves, tel que l’a dégagé le consensus entourant la Commission des Etats généraux sur l’éducation en 1996 », de conclure Réjean Parent.

Profil de la CSQ

La Centrale des syndicats du Québec représente 172 000 membres, dont près de 125 000 dans le secteur public ; la grande majorité travaillant dans le domaine de l’éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

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/Renseignements: Marjolaine Perreault, attachée de presse CSQ,
Cell.: (514) 235-5082, Téléavertisseur: 1(800) 363-3781 (dièse)220027,
perreault.marjolaine@csq.qc.net; Source: Jacques Tondreau/CSQ

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