MONTREAL, le 1 décembre 2005 - / LBR.ca / - / - Lettre transmise par la Fédération des comités de parents du Québec au ministre de l’Education, M. Jean-Marc Fournier, et à la présidente de la Fédération de syndicats de l’enseignement, Mme Johanne Fortier, pour demander le retrait des conditions de réussite des négociations en cours.
Le 1er décembre 2005
Monsieur Jean-Marc Fournier
Ministre de l’Education, du Loisir et du Sport
Ministère de l’Education, du Loisir et du Sport
1035, rue De La Chevrotière, 16e étage
Québec (Québec) G1R 5A5
Madame Johanne Fortier
Présidente
Fédération des syndicats de l’enseignement
9405, rue Sherbrooke Est
Montréal (Québec) H1L 6P3
Monsieur le Ministre,
Madame la Présidente,
Depuis quelques temps, nous sommes témoins de l’aggravation constante de l’état des négociations pour le renouvellement des conventions collectives du personnel des écoles primaires et secondaires. Les parents que nous représentons nous expriment quotidiennement leur profonde inquiétude devant ce conflit qui pourrait avoir des répercussions importantes sur l’éducation et leur enfant en particulier.
Dans ce contexte, la Fédération des comités de parents du Québec tient à vous adresser, Monsieur le Ministre, Madame la Présidente, une demande formelle à l’effet de retirer de la table de négociation tout ce qui concerne directement les conditions de réussite des élèves.
Pour ce que nous pouvons en percevoir de l’extérieur, les négociations semblent de plus en plus se diriger vers une impasse. L’inquiétude des parents provient du fait qu’ils appréhendent les retombées négatives de ce conflit sur le climat des écoles, surtout si ce dernier se termine par l’adoption d’une loi spéciale. Cette inquiétude s’accroît du fait qu’on discute dans un tel climat des conditions de réussite des élèves. Rien de moins rassurant pour la famille dont un enfant éprouve des difficultés.
La Fédération des comités de parents du Québec n’hésite donc pas à vous demander que les discussions portant sur les conditions de réussite des élèves, particulièrement les éléments qui avaient fait l’objet d’une avancée de 100 M$, se retrouvent à une autre table de discussion où seraient présents l’ensemble des intervenants : enseignants, professionnels, membres du personnel de soutien, parents, directeurs d’écoles et dirigeants du réseau scolaire.
Cette demande s’appuie sur les motifs suivants.
· La Fédération des comités de parents, depuis qu’elle a joint la Coalition pour réussir l’école, revendique l’ajout de ressources pour assurer des services adéquats aux élèves en difficulté.
· Même si les spécialistes ne suggèrent pas tous le même choix de moyens pour assurer la réussite des élèves en difficulté, tous s’entendent pour dire qu’un ajout de ressources est indispensable pour répondre aux besoins de ces élèves.
· Il est peut-être temps de briser le modèle de négociation hérité des années soixante-dix où, en éducation, les conditions de réussite des élèves et la qualité des services se retrouvent nécessairement dans les clauses de convention collective.
· La facture totale de l’adaptation scolaire, de l’échec et de l’abandon scolaire, et leurs incidences sociales et économiques, exigent autre chose que des mesures négociées entre quelques-uns des acteurs du monde scolaire. Un véritable débat social devrait nous mener à une concertation collective porteuse d’avenir pour tous nos jeunes.
· N’y aurait-il pas lieu de mettre à profit un nouveau modèle de contrat social issu d’une consultation et d’une concertation, notamment entre le gouvernement, ses partenaires et la société civile, qui permettent d’établir de véritables choix de société?
· Dans un premier temps, la Fédération n’a pas voulu intervenir dans le contenu des négociations pour donner toutes les chances de succès à cette opération. Elle agit maintenant dans l’espoir que le renvoi des conditions de réussite à une autre table pourrait permettre une entente plus rapide sur les clauses normatives et salariales et éviter un affrontement majeur entre le gouvernement et les employés des commissions scolaires.
La démarche que nous entreprenons aujourd’hui n’est pas le fruit d’une génération spontanée. Le conseil d’administration de la Fédération s’est penché sur cette question lors de sa dernière assemblée et a retenu l’hypothèse d’une telle intervention auprès de vous. Cette action a été entérinée lors d’une assemblée spéciale des présidentes et présidents des comités de parents tenue le 26 novembre dernier.
Sans vouloir restreindre le droit des syndiqués de négocier leurs conditions de travail et une juste rémunération ni leur droit de recourir à des moyens de pression conformes aux lois du travail, nous profitons de l’occasion pour réitérer notre total désaccord avec les moyens qui pénalisent directement les enfants et minimisent les services qui doivent leur être rendus. Les parents sont toujours aussi outrés de ce recours à des actions qui, en dehors des périodes de grève légale, réduisent en quantité et en qualité les services auxquels ils ont droit.
En prenant position aujourd’hui dans un souci de neutralité face au conflit qui perturbe les écoles et menace le climat scolaire, la Fédération des comités de parents considère remplir pleinement sa mission qui est de défendre les droits et représenter les intérêts de parents des élèves des écoles publiques primaires et secondaires de façon à assurer la qualité de l’éducation offerte aux enfants du Québec.
Nous vous remercions à l’avance de l’attention que vous porterez à cette demande et vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, Madame la Présidente, l’expression de nos sentiments distingués.
La présidente,
Diane Miron
· 30-
/Renseignements: : Annie Thibodeau, Conseillère en communications,
Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), (418) 667-2432 ou
1-800-463-7268, téléc. : (418) 667-6713; www.fcpq.qc.ca/
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